Champagne a pris l’accent de l’est

Champagne a pris l’accent de l’est

L’équipe nord-vaudoise a changé de dimension depuis deux saisons. En cause notamment, l’arrivée de joueurs roumains ou serbes.

Ils s’appellent Nicolae Voinea ou Daniel Bogman. Depuis le coup d’envoi de la saison, ces serials buteurs roumains permettent à Champagne de crocher le wagon des candidats à la promotion en 2e ligue inter. Professionnels pour certains, ils portaient encore les couleurs d’équipes de D2 roumaine l’an passé.

Que diable a pu les pousser à poser leurs valises dans la bourgade vaudoise, dont le club guerroyait en 3e ligue ? Si le projet a pu les séduire, l’entraîneur Daniel Ambrus n’y est pas étranger. « J’ai beaucoup joué dans le championnat roumain, en 1re comme en 2e division », conte le Roumain d’origine. « J’ai conservé des contacts et cela permet d’attirer ces joueurs en Suisse ».

Outre-Sarine, faire son mercato en Europe de l’Est est déjà une coutume de longue date. La mode touche désormais les formations vaudoises. « Nous affrontons régulièrement des équipes avec des joueurs de ces pays de l’Est », confirme Daniel Ambrus.

Un travail, mais aucun salaire

Pour autant, lorsque l’ancien défenseur central recrute à l’étranger, il ne pêche pas à l’aveugle. « J’ai privilégié des joueurs qui parlent français. Cela a facilité leur intégration », narre-t-il. Puis, à leur arrivée au pied du Jura, Champagne n’a pas hésité à les choyer. Un travail leur est ainsi généralement proposé et Daniel Ambrus, bilingue, a mis de sa personne pour briser la barrière de la langue.

Dans les travées de Derrière-Ville, il se murmure qu’aucun salaire n’est versé à ces ex-professionnels. L’argent ne serait donc pas le principal motif de leur transfert. « Ils viennent tenter leur chance en Suisse. Certains rêvent de jouer au niveau supérieur », affirme Daniel Ambrus.

Un autre visage, une même identité

Depuis le recrutement des Roumains ou Serbes, dont la qualité de jeu n’avait rien à envier à la 3e ligue, le FC Champagne Sports a entamé une mue salvatrice. En juin dernier, la Une bouclait le championnat dominé de la tête et des épaules avec, à la clé, une promotion en 2e ligue.

« Les Roumains ont apporté leur expérience du niveau supérieur, ce qui a servi à toute l’équipe », jubile Daniel Ambrus. Le club du Nord-Vaudois a changé de dimension, sans déplaire à son président Charly Schlaefli. « Je ne me suis pas opposé à ces transferts », tonne le citadin de Fiez. « Les joueurs recrutés sont des jeunes bourrés de talent et nous, nous manquons de potentiel dans la région ».

Daniel Bogman a inscrit six buts lors du premier tour du groupe 1 de 2e ligue

D’ailleurs, de l’aveu même du président, plusieurs Roumains s’épanouissent si bien au Nord Vaudois qu’un retour au pays n’est plus envisageable. « Ils ont trouvé un travail et se sont faits des amis », sourit Charly Schlaefli. Les principaux intéressés n’ont néanmoins pas voulu nous le confirmer : ils n’ont pas répondu à nos questions.

L’identité du FC Champagne Sports ne risque-t-elle pas d’être sacrifiée sur l’autel de la performance ? « Je ne crois pas », glisse Daniel Ambrus. « Nous comptons toujours beaucoup de régionaux dans nos rangs. Vous savez, recruter seulement de bons joueurs venus de l’Est ne suffit pas à faire de vous une meilleure équipe. Et ce n’est pas notre but ».

Albert Nicolae Voinea pointe à la 4e place du classement des meilleurs buteurs de 2e ligue avec 13 réussites

N’empêche, Champagne Sports et ses joueurs venus d’autres horizons ont embarqué sur l’autoroute de la 2e ligue inter. Troisième de leur groupe, à deux points de Pully, les Champagnoux n’ont pas à rougir de leur retour dans la division. Et qu’importe l’accent.

 

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