Cédric Faivre: «J’en avais marre de boiter pendant trois jours»

Cédric Faivre: «J’en avais marre de boiter pendant trois jours»

Le football vaudois perd un de ses meilleurs joueurs. A 33 ans, Cédric Faivre a dû se résoudre à tirer un trait sur sa carrière et se concentrera désormais sur son rôle d’entraîneur. Alain Baré, qui l’a toujours apprécié, était allé le chercher à Stade-Lausanne et lui avait proposé, à l’été 2013, le rôle d’entraîneur-joueur au Montreux-Sports. Le bilan de cette expérience avait été très concluant, puisque le MS a obtenu la promotion et le retour immédiat en 2e ligue inter douze mois plus tard. Cet hiver, pourtant, la mauvaise nouvelle est tombée: le très élégant milieu de terrain a dit stop.

Alain Baré n’avait pas aimé et aurait préféré que son entraîneur-joueur continue d’occuper les deux fonctions. Formé au FC Sochaux, et passé notamment par Belfort, Troyes et Ajaccio, ce très élégant milieu de terrain apportait sa rage de vaincre et ses immenses qualités techniques à son équipe. Très humble, presque réservé, il grandit petit à petit dans sa fonction et est extrêmement apprécié de ses joueurs, lesquels ne le verront désormais plus comme un coéquipier, mais bien comme leur patron.

Son défi, désormais, est de sauver son club en tant que technicien. A la trêve, Montreux, qui a gagné un seul match au premier tour (le dernier), est à deux points de la barre. Rien n’est joué, donc, et les renforts arrivés cet hiver (Fabio Provenzano, Micky Custodio, Nelson Oliveira et Jonathan Brönnimann) devraient permettre au club de Chailly de gagner en qualité, même sans pouvoir disposer de Cédric Faivre sur le terrain.

Cédric, cette fois, c’est fini…

Et oui, j’ai arrêté le football. L’envie est toujours là, surtout quand je vois les gars de mon âge, comme Romaric Clerget, mais là, avec les douleurs, ce n’était plus du tout agréable. J’en avais marre de boiter pendant trois jours après un match, j’ai préféré dire stop, à regrets.

C’était à ce p0int-là?

Oui, vraiment. En plus, j’ai un métier où je marche beaucoup. Je travaille dans l’audiovisuel, on s’occupe de tout l’aspect technique de l’Auditorium Stravinski. Arpenter ce grand bâtiment dans tous les sens, ça devenait compliqué en boitant (sourire).

On imagine qu’il y a un peu de tristesse en vous, après cette belle carrière…

Oh, belle carrière, c’est vous qui le dites (rires). Sincèrement, ça va. Comme je vous l’ai dit, j’ai encore envie de jouer, mais j’aime bien entraîner aussi. Je prends plus le temps, je constate déjà une différence à ce niveau-là. Je vais plus venir les joueurs, je vais me consacrer davantage à eux. Je vois plus de choses, je peux mieux me concentrer sur le jeu. Forcément, en n’étant plus joueur, ça change à ce niveau-là. Pour l’instant, tout se passe bien, mais je sais que ce sont les résultats qui conditionnent l’humeur.

Votre président Alain Baré ne voulait pas que vous arrêtiez…

Oh oui, je sais bien. Il est gentil, mais ce n’est pas lui qui a mal après les matches (rires)!

Il nous a confié vouloir engager un milieu de terrain pour vous remplacer. Il l’a trouvé?

Non, mais on va changer de style de jeu. C’est vrai qu’avec moi au milieu, à la fin, il y avait moins de vitesse et moins de kilomètres parcourus. Là, avec Micky Custodio et Nelson Oliveira, on a amené plus de poids offensivement. On va faire en sorte de donner rapidement des bonnes balles à nos attaquants.

Vous allez jouer à trois devant?

Oui, clairement. Ce qu’il nous manquait, c’était d’être bon dans les zones de vérité, devant et derrière. Avec les renforts qu’on a apporté, on aura une plus grosse concurrence en défense, j’espère que ça va stimuler tout le monde et faire en sorte que l’on évite les petites erreurs de déconcentration qui nous ont coûté des points au premier tour. Et devant, je le répète, on s’est renforcés.

Jouer à trois devant, quand on doit se sauver, c’est risqué, non?

Non, c’est le bon moyen. Je suis un féru de l’attaque, je suis convaincu que ça va payer. On va aller de l’avant, on va prendre des risques, quitte à prendre des roustes. Ce sera tout ou rien à chaque match.

Dans votre position au classement, les entraîneurs chercheraient plutôt à assurer un point…

Moi je vous dis que c’est en créant des trucs, en mettant le feu, qu’on va aller chercher le maintien.

Au premier tour, vous avez commencé par prendre seize buts en deux matches face à UGS (2-8) et Servette (0-8)… Comment fait-on en tant qu’entraîneur pour aborder les deux matches retour?

Je vais m’appuyer sur ces matches, quel que soit le résultat, pour préparer les suivants. Ce qui m’embête un peu, c’est qu’il nous manquera trois ou quatre joueurs pour le premier match à UGS, donc Nelson et Micky. Après, voilà, c’est comme ça… On ne sera pas favoris, donc si on perd, on n’en fera pas un scandale.

Vous la sentez bien, votre équipe, avant ce deuxième tour?

Oui. Ce qui me plaît, c’est que l’état d’esprit, mes joueurs l’ont. Au premier tour, ils ont lutté toute la saison, c’était compliqué, et on a gagné le tout dernier match. Pour moi, cela veut dire beaucoup. Malgré les défaites, on a progressé et on a gardé la hargne. Il n’y avait pas de lassitude dans l’équipe et c’est ce qui me fait dire qu’on va s’en sortir. S’il faut lutter jusqu’au bout, je sais que ces gars-là le feront.

Un dernier mot sur Edon Beqiri, parti à la Lazio?

Oui?

Vous qui avez été professionnel, vous pensez qu’il a les qualités pour y arriver?

Il a les qualités physiques pour. Par rapport à son âge, il est en avance de ce point de vue là. Il ne sera jamais un grand joueur offensif, mais il peut devenir un très grand relayeur au milieu de terrain. Il doit progresser dans ses passes, dans sa vision du jeu, dans le travail tactique. S’il prend conscience qu’il a un avenir au coeur du jeu et qu’il doit se mettre au service de ses coéquipiers, oui, je pense qu’il peut y arriver.

Categories: 2e ligue inter

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