Camille Raemy: «Une belle victoire collective avant tout»

Camille Raemy: «Une belle victoire collective avant tout»

Yverdon Féminin s’est qualifié pour les demi-finales de la Coupe de Suisse en battant Staad (5-2) samedi après-midi (lire notre compte-rendu ici). Camille Raemy a marqué le but de la victoire, le 3-2, au terme d’un superbe solo conclu par une frappe victorieuse dans le petit filet. La Fribourgeoise est une revenante, elle qui avait quitté YF, et donc la LNA, voici quatre ans, avant de revenir cet hiver. Une fois douchée, les émotions (un peu) retombées, elle a gentiment accepté de s’arrêter un instant vers nous dans les entrailles du Stade Municipal.

Camille, quel retour gagnant! On peut dire que grâce à vous, ce sont les « anciennes » qui ont fait gagner Yverdon aujourd’hui, non?

Ah oui, si on regarde les buts, vous avez raison.

Il y a le doublé de Noémie Beney en début de match, déjà.

Elle est formidable, non seulement pour la qualité de son jeu, mais aussi pour son attitude, son positivisme et son enthousiasme. Si vous tenez vraiment à mettre les anciennes en avant, alors je suis d’accord pour dire qu’elle le mérite. Après, il y a elle, mais aussi le but d’Audrey Riat. Et aussi Valérie Gillioz qui ne marque pas, mais qui fait un super match…

Et votre modestie vous fait oublier Camille Raemy qui inscrit le but de la victoire…

Oui, j’ai eu la chance de marquer le 3-2, mais c’est avant tout une belle victoire collective, qui fait vraiment plaisir. Vous soulignez que les « anciennes » ont marqué, mais c’est bien ensemble que nous sommes allées chercher cette qualification. C’est toujours ce qui a fait notre force à Yverdon, de toute façon.

Voilà quatre ans que vous aviez quitté Yverdon… Vous aviez 22 ans à l’époque. Pourquoi ce choix?

J’étais embêtée par des blessures à la hanche, à l’épaule… J’avais d’ailleurs arrêté le foot quelques mois, avant de recommencer à Vuisternens, pas loin de chez moi. J’ai repris en 2e ligue inter, on est montées en 1re ligue et j’ai retrouvé petit à petit mes sensations. D’ailleurs, on a fait vraiment un bon match de Coupe de Suisse, en 8es, face à Staad justement. On avait perdu seulement 1-2 et on aurait largement mérité d’accrocher les prolongations. J’ai eu beaucoup de plaisir, c’était un vrai match de Coupe avec du monde au terrain à Vuisternens. Franchement, c’était sympa à jouer.

Et, quasiment dans la foulée, vous revenez en LNA cet hiver.

J’avais déjà eu quelques contacts lors d’une trêve précédente, lorsqu’Antonio Maregrande était encore entraîneur. J’étais venue, mais ça ne s’était pas fait. Et là, on a de nouveau eu contact avec Daniel Monney, un entraîneur que je connais bien, et j’ai décidé de revenir.

Daniel Monney a d’ailleurs entraîné Romont, un club que vous connaissez bien, juste?

Oui, la famille Raemy et le CS Romont, c’est une longue histoire! Mon père et mon frère y sont très impliqués et moi aussi, je fais partie du club. Donc je peux dire que Daniel et moi nous connaissons bien, oui. C’était d’autant plus évident pour moi de revenir à YF en sachant que c’était lui l’entraîneur.

Passer de la 1re ligue à la LNA, c’est facile?

Ça va… C’est un rythme différent, il faut tout faire plus vite, réfléchir avant, anticiper beaucoup plus. Je l’ai encore vu l’autre jour à Zurich, ça va très vite à ce niveau. Bon, après, c’est Zurich, c’est une équipe de Champions League. Aujourd’hui, ça allait déjà mieux. Et de toute façon, je n’étais pas trop inquiète d’un point de vue physique, car avec mon métier et mes occupations, je me suis bien entretenue ces dernières années. J’étais un peu plus anxieuse pour mes hanches et mes épaules, mais tout va bien de ce point de vue-là.

Que faites-vous comme métier?

Je suis enseignante en sport et je donnais aussi des cours de fitness, mais j’ai dû m’adapter un peu cet hiver pour que mon emploi du temps soit compatible avec celui d’une joueuse de LNA. Ce sont de petits efforts, mais c’est normal de les faire.

Le nombre d’entraînements a radicalement changé, on imagine…

Ah oui. A Vuisternens, je m’entraînais une fois par semaine. Là, c’est quatre, avec les trajets. Mais bon, le plaisir de jouer en LNA est une bonne motivation.

Et on vous a même vu terminer la rencontre au poste de latérale, comme il y a quelques années!

Oui, c’est vrai que c’était devenu mon poste (rires)! Mais Daniel Monney m’a aussi essayée comme attaquante, même si j’ai l’impression d’être moins utile. Je n’ai pas vraiment le sens du but…

Vous en avez pourtant marqué un superbe cet après-midi!

Comme quoi, tout arrive. Bon, j’ai la vitesse, donc ça, ça va (rires).

Pour les demi-finales, que peut-on vous souhaiter au tirage au sort? 

De jouer chez nous, déjà. Pouvoir disputer cette demi-finale à Yverdon, ce serait un joli cadeau.

Et en ce qui concerne l’adversaire?

Je ne sais pas trop, cela fait trop longtemps que je ne suis plus en LNA (rires). Neunkirch, par exemple, je ne connais pas du tout. Mais vu le classement des équipes encore en lice, ce sera de toute façon difficile contre tout le monde.

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