Bavois va gagner chez les Azzurri grâce à un grand Ayoub Rachane

Bavois va gagner chez les Azzurri grâce à un grand Ayoub Rachane

Ce derby vaudois en 1re ligue Classic était celui des néo-promus, mais aussi un choc de haut de tableau. L’enjeu de ce match? La première place au classement, rien de moins! Certes, le FC Fribourg ne joue que dimanche, et peut la reprendre en cas de succès à Martigny, mais cela ne gâche en rien le bonheur du FC Bavois: ce soir, il est bien le seul leader de ce groupe 1. Les hommes de Bekim Uka sont en effet sortis vainqueurs d’un match rempli de passion, samedi en fin d’après-midi à Chavannes, devant une jolie affluence. Grâce à un Ayoub Rachane étincelant (deux buts, un assist et… une expulsion), ils ont remporté ce derby passionné et repris, donc, la tête du classement. Mais quel beau spectacle, surtout, pour lequel les deux équipes sont à féliciter.

Cette 1re ligue Classic, on le savait, sera magnifique à suivre pour les amateurs de football vaudois. Entre Yverdon Sport, Terre Sainte, Echallens, Bavois et Azzurri, il y a tout ce dont on peut rêver: un gros club historique qui doit se reconstruire, deux clubs habitués de ce niveau et qui présentent un jeu magnifique et deux promus ambitieux. Le scénario parfait.

Une question de domination cantonale

Tant les Azzurri que Bavois avaient à coeur de remporter ce match, très important pour la suprématie régionale. Certes, le classement est la chose la plus essentielle, mais gagner ce derby en est une autre, elle aussi primordiale. Entre deux clubs qui montent, être celui qui remporte la confrontation directe a quelque chose de symbolique. A ce titre, Bavois a réalisé une très bonne affaire, et on se doute que la fête a été belle après le match du côté des Peupliers, où tout le monde s’est rendu pour assister au match de la II (victoire face à Bex, 4-2).

Les Azzurri n’ont pas de latéraux de métier, mais deux très bons joueurs de chaque côté

Mais rien n’a été facile, on s’en doute, face à des Azzurri très talentueux et déterminés à montrer qui étaient les patrons à Chavannes, où ils étaient invaincus jusqu’à aujourd’hui. Pour ce choc, Patrick Isabella a préféré titulariser Damien Djuric plutôt que Marco Grosso (de retour de suspension) et a reconduit sa défense à quatre, avec Mervan Hoxha et Charles Traoré sur les côtés. Les deux ne sont pas des latéraux de métier, mais le technicien des Azzurri n’a pas vraiment le choix: Flavio Chioda n’est pas encore qualifié et Traoré et Hoxha ont suffisamment de qualités pour s’imposer à ce poste qui n’est pas le leur. Fabien Lacroix et Luca Scalisi sont tellement incontournables dans l’axe que Mervan Hoxha est obligé de se décaler sur la droite, ce qu’il fait plutôt bien. Et Traoré, milieu défensif, est tellement fort qu’il pourrait jouer à tous les postes en même temps. Bref, un problème qui n’en est pas vraiment un. Pour le reste? Un milieu défensif composé de Toni Jankuloksi (ex-Bavois) et Nicolas Marazzi, derrière une ligne de trois Arena-Brahimi-Basha. L’attaquant? Renato Rocha, bien sûr.

Et Bavois? Toujours sans Nicola Zari (blessé au pied), la composition était classique. Renatus, qui s’est marié la semaine dernière, était à disposition de la II, ce qui offrait une dernière titularisation à Yannick Bovay avant son départ pour six mois en Allemagne. Devant, également du classique, avec une ligne de trois Martins-Malgioglio-Zeneli derrière Bellagra, qui retrouvait le terrain de Chavannes où il a tant brillé avec Dardania il y a quelques semaines.

Bavois ouvre la marque à la demi-heure de jeu

Le décor est posé, place au match, dominé d’entrée par Bavois. Les Azzurri subissaient, mais ne craquaient pas, malgré quelques occasions nettes pour les visiteurs. Mais Luca Scalisi et ses coéquipiers reprenaient le dessus dès la 20e minute, jouant plus haut et faisant reculer le FC Bavois… qui ouvrait la marque à la 31e. Ayoub Rachane déposait une merveille de ballon dans le petit filet de Djuric, qui s’attendait sûrement à autre chose, mais encaissait le 0-1. Dès lors, les Azzurri, vexés, allaient très bien réagir et se créer de multiples occasions grâce au pied droit de Nicolas Marazzi. Celui qui était un des meilleurs tireurs de coups de pied arrêtés de Super League a déposé des ballons splendides sur la tête de Mervan Hoxha, qui n’a vraiment pas eu de chance.

Dans le détail? Coup-franc de Marazzi, tête de Hoxha, arrêt de Meylan (34e). Corner de Marazzi, tête de Hoxha, dégagée sur la ligne (35e). Coup-franc de Marazzi, tête de Hoxha, arrêt de Meylan, reprise de Hoxha, arrêt de Meylan (38e). Centre de Marazzi, tête de Brahimi à côté (42e)! Une série absolument folle, avec quatre caviars en huit minutes de Marazzi… pour aucun but. Christopher Meylan, très bon samedi, s’en sortait très bien, et cela doit autant à son talent qu’à un peu de chance. Le pire pour les Azzurri? Ayoub Rachane partait en contre, à la 44e, et servait Micael Martins, qui frappait fort et bien au premier poteau. 0-2 à la mi-temps.

Le cinquième caviar de Nicolas Marazzi sera le bon

Les Azzurri étaient clairement mal payés, mais ont eu le tort de ne pas saisir leur chance. Il y a eu de la malchance, c’est vrai, mais le réalisme est une des qualités qu’une équipe qui veut terminer en tête doit avoir… Ce sera le cas à la 58e, lorsque Nicolas Marazzi déposait un nouveau centre sur la tête de Lyazid Brahimi. Cette fois, c’était au fond, de fort belle manière. 1-2 à l’heure de jeu et match complètement relancé. Mais Bavois, à ce moment-là, allait connaître un bon passage, et Ayoub Rachane survoler la partie. Le Marocain plaçait tout d’abord une tête plongeante à côté (61e, bon centre de Muamer Zeneli), avant de marquer le 1-3 sur un corner de Marco Malgioglio. Un marquage que l’on osera qualifier d’atroce permettait à Rachane d’inscrire le 1-3… avant de se faire expulser de manière très sèvère.

Un carton rouge sévère pour Ayoub Rachane

La raison du carton rouge infligé à Rachane? Un deuxième avertissement pour une simulation tout sauf évidente. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder la dernière photo de notre diaporama (en haut). Le contact entre Nicolas Marazzi et lui est indéniable. Rachane en a rajouté? Sans aucun doute, ce qui a conduit M. Skalonja à l’expulser. Mais on estime quand même que c’est injuste, sincèrement. Rachane dribble Marazzi, et celui-ci met le pied. Il y a contact, Rachane tombe. M. Skalonja avait le droit de ne pas siffler. Mais il y a un pas entre infliger un deuxième jaune à un attaquant qui ne reste pas debout suite à un contact et ne pas donner un coup-franc. Bref, on ne va pas en parler mille ans, mais Ayoub Rachane était furieux en sortant du terrain, puisqu’il s’agissait de son retour suite à une expulsion pour un rouge direct à Echallens! Pour un artiste comme lui, en être à son deuxième rouge après cinq journées de championnat a quelque chose, disons, d’étonnant.

Car Ayoub Rachane est avant tout un excellent footballeur. On l’a vu monter en puissance au Mont la saison dernière, dans un rôle de milieu défensif un peu nouveau pour lui, mais qui met parfaitement en valeur ses qualités techniques. Quelle facilité avec le ballon, et quelles ouvertures il est capable de faire après un simple contrôle orienté… Lorsqu’il joue vite, ce qu’il fait de plus en plus souvent, Rachane est un footballeur de très haut niveau, qui peut décider tout seul du résultat d’un match.

Luca Scalisi et Renato Rocha ratent la balle du 3-3

Les Azzurri ont alors largement pris le dessus, et pris tous les risques. Une preuve? Le 2-3 a été inscrit de la tête sur une action de jeu par le latéral droit (Mervan Hoxha) sur un centre du latéral gauche de la deuxième période (Junior Montano)! Si ce n’est pas ça, jouer l’offensive à tout va! A 2-3, les Azzurri mettaient le feu à la parie et sont passés tout près du 3-3 à plusieurs reprises. La plus belle occasion? Une tête de Luca Scalisi, qui devançait Meylan (88e), mais dont la reprise passait quelques centimètres à côté… Dommage, comme l’occasion pour Renato Rocha (89e), qui tardait à tirer. Azzurri aurait pu obtenir un point, largement, mais Bavois a eu le mérite de bien tenir et de s’en sortir courageusement.

Bavois attend Bienne en Coupe suisse

On se répète un peu, mais les deux équipes peuvent être fières du spectacle proposé. Cela ne consolera pas les Azzurri, car la victoire est la seule joie que peut obtenir un groupe ambitieux, mais une des envies d’Antonio D’Attoli, le président des Azzurri 90, était d’amener du bon football à Chavannes-près-Renens. A ce titre, son pari est gagné et ses Azzurri sont toujours là, tout en haut, toujours en course pour la qualification en finales de promotion. Le championnat est encore long, et cette équipe tellement talentueuse…

Pour le FC Bavois, place à la Coupe suisse maintenant. Le FC Bienne et ses deux anciens joueurs d’YS que sont Mustafa Sejmenovic et Jérémy Manière le savent bien: ils ne vont pas s’amuser aux Peupliers samedi prochain. Pour ce qui est du championnat, personne ne parle de finales du côté de Bavois, préférant parler de « première partie du classement » comme d’un objectif raisonnable. On sera pourtant peut-être obligé d’aborder le sujet bientôt, quitte à fâcher un peu Bekim Uka et Jean-Michel Viquerat, qui aiment bien avancer un peu dans l’ombre… Mais être leader plusieurs journées de suite a plutôt tendance à projeter l’équipe qui occupe ce rang dans la pleine lumière.

Les hommes du match

Fabien Lacroix a été excellent en défense centrale pour les Azzurri. Arrivé de Renens cet été, l’ancien défenseur du LS a tout fait juste, que ce soit dans les duels ou à la relance. Très fort. Junior Montano a effectué une rentrée très intéressante. Il a amené le 2-3 grâce à un centre parfait et a eu un véritable impact dans son couloir gauche durant les quarante minutes qu’il a joué. La concurrence est telle qu’il n’est plus que rarement titulaire, mais il a eu la bonne attitude lors de son entrée. De quoi encourager, sans doute, Patrick Isabella à lui offrir du temps de jeu lors des prochaines sorties.

Du côté de Bavois, impossible, une fois de plus, de ne pas mentionner Ayoub Rachane. On l’a placé dans cette rubrique en semaine pour son retour avec la II (2e ligue régionale) et on le nomme aussi ici. Normal, il a été décisif, avec deux buts, et toujours aussi fort dans le jeu. Pas besoin d’en rajouter, on a tout dit. Mention très bien également à Esteban Rossé. On le sait, Bavois a quatre défenseurs centraux de haut niveau avec Hicham Bentayeb, William Luckhaupt, Raphaël Cottens et lui. Il a gagné tous ses duels, coupé beaucoup de trajectoires et parfaitement communiqué. Sa seule faiblesse? Une facilité trop évidente, qui le pousse parfois à vouloir dribbler ou jouer court en défense. Il s’est fait prendre une fois, en fin de première période, et a pris une soufflante d’Hicham Bentayeb. Il peut et doit éviter ces prises de risques inutiles. Sinon, un gros match de sa part, comme de tout le FC Bavois d’ailleurs.

Les prochains rendez-vous

Reprise en championnat le mercredi 18 septembre, à 20h. Bavois recevra Meyrin et les Azzurri seront à Lancy. Mais avant cela, le FC Bavois a un gros match à jouer, en Coupe suisse face au FC Bienne (Challenge League). Coup d’envoi le samedi 14 septembre, à 17h, aux Peupliers (cliquez sur l’affiche pour l’agrandir dans la colonne des sponsors, à gauche).

Azzurri 90 LS – FC Bavois 2-3 (0-2)

Buts: 31e Rachane 0-1; 44e Martins 0-2; 58e Brahimi 1-2; 64e Rachane 1-3; 77e Hoxha 2-3.
Arbitres: M. Skalonja, assisté de M. Fetaj et de M. Sigrist.
Azzurri: Djuric; Hoxha, Scalisi, Lacroix, Traoré; Jankuloski (53e Junior Montano), Marazzi; Arena (87e D. Isabella), Brahimi (65e Hyseni), Basha; Rocha.
Entraîneur: Patrick Isabella.
Bavois: Meylan; Kurtic, Bentayeb, Rossé, Gilardi; Rachane, Bovay, Malgioglio (81e Lauper); Martins (89e Limani), Bellagra (67e Eleouet), Zeneli.
Entraîneur: Bekim Uka.
Notes: Chavannes-près-Renens.

Categories: 1re ligue, FC Bavois

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