Bavois bat un FC Echallens bien timide

Bavois bat un FC Echallens bien timide

« Il y en a certains chez nous qui n’ont pas compris ce qu’était un derby. Nos supporters sont fâchés et déçus? Ils ont raison. Moi aussi. » Julien Marendaz n’a pas cherché à cacher ses sentiments après la défaite de son équipe à Bavois (2-0), samedi. « En face, il y avait des gars qui avaient faim et qui étaient parfaitement conscients de ce qu’est un derby vaudois. Je suis très déçu. Certains joueurs, qui donnent tout, ne méritent pas ça. Et mon staff, qui travaille dur, ne mérite pas ça. On se pose, je me pose, pas mal de questions sur l’effectif. » Des mots forts, à la hauteur de la déception du technicien challensois. Car si le FC Echallens a eu le ballon (« Comme toujours cette saison », pour Julien Marendaz), il a perdu, pour la sixième fois de la saison, et ne doit qu’à la différence de buts avec Monthey de ne pas être relégable. L’hiver ne sera pas forcément paisible dans le Gros-de-Vaud.

Bekim Uka: « On a décidé de les presser haut »

Il le sera un peu plus du côté de Bavois, forcément, où cette victoire a été très bien accueillie par Bekim Uka. « On savait qu’Echallens était une belle équipe, qui jouait bien au football. Ce n’est une surprise pour personne. Alors, on a décidé de les presser haut. Ils ont pu faire circuler le ballon, c’est vrai, mais n’ont pas pu développer leur jeu habituel. Je suis content des gars ce soir. Ils ont tous fait un gros boulot de pressing. Et derrière, on a été très solides, de la première à la dernière minute. » Par rapport à la défaite à Yverdon, Bavois avait récupéré Micael Martins, Nicola Zari, Christopher Meylan et Marco Malgioglio. Et cela s’est vu. Les Bavoisans n’ont pas été géniaux, et ont laissé le ballon à leur adversaire, mais ils ont été très bons derrière et réalistes devant. Cela a suffi pour remporter ce derby.

Frédéric Gilardi ouvre la marque pour un FC Bavois offensif

Car oui, Julien Marendaz a raison, Bavois voulait plus cette victoire et a tout fait pour aller la chercher. Dès la 2e minute, déjà, lorsqu’une frappe de Muamer Zeneli (très belle passe de Marco Malgioglio) avait le poids de l’ouverture du score. Mais celle-ci allait intervenir à la 7e minute, d’une très belle frappe en pleine lucarne, croisée, de Frédéric Gilardi. Le latéral gauche avait choisi le bon moment pour monter, et a eu le geste juste. Un magnifique but, complètement mérité à ce moment-là. Bavois était partout, et Muamer Zeneli se heurtait à Léo Richard (8e). Echallens était dépassé, et le même Zeneli se procurait une immense occasion à la 29e. L’ancien joueur de Team Vaud, échappé plein axe, comptait plusieurs mètres d’avance, se présentait seul face à Richard, sur son pied gauche, et choisissait…. de passer son ballon plutôt que de frapper. Un geste altruiste, mais qui a laissé le temps au FC Echallens de revenir et de dégager ce ballon brûlant. A noter que les deux équipes jouaient avec un avant-centre présentant le même profil. Muamer Zeneli est un excellent ailier, tout comme Adrian Alvarez… et tous deux jouaient en pointe. Zeneli, car Omar Bellagra est toujours blessé (opération des ligaments) et que le jeune Allan Eleouet n’est pas encore prêt à assumer le rôle, et Alvarez parce que Yannick Nkufo est blessé et que Luc Mahop est resté sur le banc 90 minutes durant.

Le bilan offensif d’Echallens est bien maigre: 18 buts en 15 matches

Deux « avant-centre de couloir », donc, pour Bavois et Echallens, et une domination réelle des hommes de Bekim Uka en première période. Une volée de Kevin Hill obligeait Léo Richard à s’illustrer (40e), avant une dernière occasion pour Muamer Zeneli, de peu à côté (45e). Bavois aurait déjà pu mener de plusieurs longueurs. « Notre première mi-temps a été très bonne, oui », admettait Bekim Uka. Mais Echallens revenait un peu plus fort en deuxième mi-temps. Avec l’entrée de Stéphane Cando pour seul changement, Echallens jouait un peu plus haut, mais ne se créait pas de véritable occasion. Les Challensois manquent de percussion, ce n’est pas nouveau. Avec 18 buts marqués en 15 matches, le bilan offensif n’est pas bon. Il n’est pas exclusivement dû aux attaquants, et il ne faut jamais parler du passé, mais tout de même, il faut bien le dire: le départ de Quentin Rushenguziminega a fait du mal. Cela ne sert à rien de se plaindre, mais si un club comme Arsenal a souffert du départ de Robin van Persie, Echallens a subi la même problématique. Cela ne se corrige pas en deux mois. Mais, à terme, cela peut être une source de progression pour d’autres joueurs, dans un projet collectif différent. Alors, Echallens plus fort au deuxième tour? Il y aura le retour des frères Germanier, déjà, et c’est une excellente nouvelle.

Bavois a cinq gauchers sur dix joueurs de champ

Car l’EFCR manque de caractère et de joueurs capables de se dépasser. Il y en a, bien sûr, comme David Jimenez ou Nicolas Bastardoz, mais trop peu. Cela s’est vu en deuxième mi-temps, lorsqu’Echallens a mieux joué, sans se créer d’occasion de but, et en souffrant sur les contres bavoisans. Sur l’un d’eux, une belle combinaison entre Marco Malgioglio et Muamer Zeneli, lequel ne manquait, cette fois, pas le but. Pied gauche, en force à ras de terre, et 2-0. Une petite parenthèse pour dire que Bavois alignait une moitié de gauchers au coup d’envoi! Muamer Zeneli, Marco Malgioglio, Kevin Hill, Ayoub Rachane et Frédéric Gilardi. Cinq joueurs de champ sur dix, voilà qui n’est pas banal.

Avec un résultat inversé, Echallens serait devant Bavois aujourd’hui

La fin de match était peu animée, même si Echallens aurait pu inscrire le 2-1 tout au bout des arrêts de jeu, mais Stéphane Cando se heurtait à Christopher Meylan, bien sorti. Cela aurait été trop tard, de toute façon, pour espérer égaliser. Sans exagérer, cette action a été la plus dangereuse du match pour les joueurs de Julien Marendaz, bien trop timides pour espérer autre chose. Après avoir été battus par Azzurri la semaine dernière (0-2), les Challensois terminent donc bien mal la saison. Eux qui se sont battus jusqu’au bout pour les finales l’an dernier devront plutôt se battre contre la relégation au deuxième tour. Mais ce groupe 1 est étonnant, on le sait. Bavois, avec cette victoire, est 7e et passera donc l’hiver dans la première moitié du classement. Mais si Echallens s’était imposé samedi aux Peupliers, Bavois serait derrière les Challensois… Comme quoi, passer un bon ou mauvais hiver tient à peu de choses. A une victoire dans un derby, en fait, ce qui est peu… et énorme en même temps. Parce que le FC Bavois la voulait plus, cette victoire, il est allé la chercher. Et il l’a bien méritée.

Les hommes du match

Du côté de Bavois, mention très bien à Esteban Rossé, une fois de plus. On aurait pu mentionner toute la défense, et surtout Hicham Bentayeb, son coéquipier en défense centrale. Mais l’ancien Yverdonnois était un ton en dessus, encore. Il est facile balle au pied, très bon dans les interceptions et bon à la relance. Bavois a quatre défenseurs centraux de très grande qualité (Bentayeb, Rossé, Cottens et Luckhaupt). Tous ont eu un rôle à jouer cet automne, et ce sont donc les deux premiers qui ont fini le premier tour. De fort belle manière. Frédéric Gilardi a également été très bon. On fermera gentiment les yeux sur certaines de ses relances et on soulignera l’excellence de ses interceptions. Adrian Alvarez, aussi fort soit-il, n’est pas passé souvent. Et l’ancien Baulméran et Yverdonnois a marqué. On rappellera ici une phrase prononcée par Admir Smajic et entendue il y a quelques mois. L’ancien entraîneur du FC Sion croise Gilardi par hasard à Yverdon, des années après ne l’avoir plus vu et lui dit: « Toi, tu aurais pu être plus fort que Robert Jarni, si tu m’avais écouté! » Comme quoi, finir au Real Madrid tient à peu de choses.

A Echallens, on mentionnera l’esprit combatif de David Jimenez. Pas de quoi en faire des tonnes, mais il n’a rien lâché et a distribué quelques jolis ballons. On l’a connu meilleur, mais disons qu’il a fait ce qu’il avait à faire, et plutôt bien. Sinon? Léo Richard, peut-être. Il ne peut rien sur les deux buts, mais n’a pas réalisé d’immenses arrêts non plus. Rien d’autre à signaler.

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Le plan-fixe

FC Bavois – FC Echallens 2-0 (1-0)
Buts: 7e Gilardi 1-0; 56e Zeneli 2-0.
Arbitres: M. Masset, assisté de M. Garaffa et de M. Loureiro.

Bavois: Meylan; Kurtic, Bentayeb, Rossé, Gilardi; Rachane, Zari, Malgioglio; Martins (66e Lauper), Zeneli (86e Renatus), Hill (75e Eleouet).
Entraîneur: Bekim Uka.

Echallens: Richard; Hyvernaud (46e Cando), Conesa, Samandjeu, Sessolo; Jimenez, Bastardoz, Varidel (58e Samandieu); Debluë, Alvarez, Martinet.
Entraîneur: Julien Marendaz.

Notes: Terrain des Peupliers, 280 spectateurs.

Categories: 1re ligue, FC Bavois

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