Bavois a tenu 90 minutes, pas une de plus

Bavois a tenu 90 minutes, pas une de plus

Oui, c’est cruel. Perdre dans les dernières secondes d’un match de Coupe de Suisse face à une Super League, voilà un sacré coup de carrelet. Mais, même si on aimerait dire que c’est injuste, que Bavois aurait mérité de passer avant cette fatidique dernière minute, il faut être honnête: jamais on n’a senti le FCB de taille à aller chercher la victoire face à YB dimanche. Les occasions bavoisanes? Deux frappes de Nicola Zari en première période, une vague situation chaude pour Ayoub Rachane en deuxième. Sinon? Rien. Au niveau offensif, bien sûr, car défensivement, le FC Bavois était très bien en place et a longtemps fait douter YB, qui n’a pas caché son envie d’en finir très vite en deuxième période, sans succès.

S’il y avait eu des prolongations, Bavois aurait sans doute explosé

Uli Forte a même dû faire entrer trois joueurs offensifs pour forcer la décision: Renato Steffen d’abord, puis Michael Frey et Moreno Costanzo. Et cela a fini par payer à la toute dernière minute, Steffen éliminant Muamer Zeneli pour envoyer un plomb au premier poteau, sous la barre transversale de Daniel Passera, qui avait fait tout juste jusque-là. Mais cette fin, si elle n’a pas fait plaisir au nombreux public vaudois, n’avait rien d’illogique, tellement YB était maître du jeu. Tous les joueurs de Bavois croisés après le match l’ont confirmé: s’il y avait eu des prolongations, ils auraient explosé. Il aurait donc fallu faire la différence avant, mais, sur la deuxième période, on imagine mal comment il aurait été possible d’aller marquer le but qui aurait sans doute tout changé. En l’absence de Renato Rocha, Omar Bellagra, Dylan Charles et Micael Martins, Bavois manquait d’arguments offensifs, même si Bourama Ouattara, Nicola Zari et Allan Eleouet n’ont évidemment pas démérité.

Une première mi-temps relativement équilibrée

C’est en première période, peut-être, que Bavois aurait pu avoir une chance. Il y a eu les deux occasions de Nicola Zari, on l’a dit. Le capitaine du FCB était titulaire en pointe, un poste qui n’est pas le sien, mais qu’il assume avec l’abnégation nécessaire. Et, dans le jeu, les hommes de Bekim Uka n’étaient pas si loin de leur adversaire du jour. Il y avait une classe d’écart, bien sûr, mais YB n’était pas si dominateur que ça. La plus belle action? Un arrêt monumental de Daniel Passera sur une frappe de Samuel Afum (23e). Le gardien bavoisan (préféré à Marco Grosso pour ce match) a eu un peu de chance sur ce coup-là, déviant le ballon sur son poteau, mais son arrêt le méritait bien. YB a eu quelques situations chaudes, mais la défense du FCB et notamment la charnière centrale Bentayeb-Rossé a fait mieux que tenir, se montrant très sereine. Et comme, juste devant elle, se trouve un infatigable travailleur nommé Yannick Bovay, les Bernois n’ont pas eu d’espace du tout pour se créer des situations dangereuses.

Bavois a montré une vraie cohésion

Ainsi, Bavois a finalement vécu une première période assez tranquille, devant 1800 spectateurs ravis du spectacle. C’est vrai, Young Boys était meilleur, mais le FCB montrait pourquoi il avait gagné six points en deux matches de 1re ligue. Du jeu, de la cohésion, un esprit d’équipe et pas mal de culot, à l’image d’Allan Eleouet sur le côté droit. Il n’a bien sûr pas eu la partie facile, mais il n’a pas eu peur et a osé plusieurs fois. Prometteur pour la suite, pour celui qui a été titulaire depuis le début de saison et qui prouve qu’il est possible pour un jeune du coin de jouer en 1re ligue. Il n’est pas encore un joueur cadre de l’effectif de Bekim Uka, évidemment que non, mais il est en train de sortir de son rôle de joueur de complément.

YB a complètement confisqué le ballon après la pause

0-0 à la pause, donc, mais Young Boys et Uli Forte avaient décidé que cette fois, ils avaient bien rigolé, mais qu’ils allient accélérer un peu. L’entrée de Renato Steffen allait dans ce sens et Bavois, en deuxième période, n’a plus eu le droit à la parole, même sur coup de pied arrêté, même en contre. La moitié de terrain adverse devenait une terre lointaine, et si Marco Wölfli avait décidé de s’en aller un moment aux vestiaires, il n’est pas sûr que grand-monde s’en serait aperçu. YB a monopolisé le ballon de manière indécente et Bavois n’a pas vraiment l’habitude. Normalement, le ballon est dans les pieds de Marco Malgioglio et d’Ayoub Rachane, et ils n’ont pas l’habitude de le laisser à leurs adversaires, ni même à leurs coéquipiers, en ce qui concerne le deuxième nommé. Bavois privé de ballons, donc.

La seule solution aurait été un exploit individuel qui n’est jamais venu

Young Boys s’est ainsi inévitablement créé quelques occasions, et Daniel Passera a eu l’occasion de se mettre en valeur, notamment sur une frappe de Raphaël Nuzzolo (76e), mais aussi grâce à quelques sorties aériennes très bien maîtrisées. Mais plus le temps passait, plus la domination bernoise était écrasante. Bavois, physiquement en dessous, et c’est logique, n’arrivait plus à trouver de solutions collectives. YB étouffait le jeu, contrôlait tout. La seule chance? Un exploit individuel, peut-être, mais celui-ci n’est jamais arrivé. Bourama Ouattara, que l’on sait capable d’une accélération foudroyante, était à chaque fois bloqué par un ou plusieurs défenseurs de l’équipe de Super League avant d’avoir pu espérer ne serait-ce que démarrer.

Pas de regrets: YB était trop fort

Sincèrement, on ne voyait pas comment Bavois pouvait s’en sortir, à moins d’un miracle. Tenir en prolongations? Les 30 minutes auraient sans doute été de trop, on l’a dit. Marquer? Impossible de voir comment. Renato Steffen s’est chargé de mettre un terme à ce match, d’une frappe puissante que Daniel Passera aurait peut-être pu sortir en étant mieux placé. Mais bon, on le répète, pas sûr que cela aurait changé grand-chose au nom du qualifié. Pas de regrets, donc, pour Bavois: YB était plus fort et a mérité sa qualification.

 

Les hommes du match

Daniel Passera a été très bon dans les buts, on l’a dit. L’ancien gardien de Lutry a été impérial dans les airs, parfait sur sa ligne et a même eu un peu de chance. Un match complet, avec un petit bémol sur la frappe de Steffen, qui ne semblait pas complètement insortable On mentionnera également parmi les meilleurs joueurs de cette partie Hicham Bentayeb, très solide en défense centrale. Il a muselé Yuya Kubo, mais a un peu plus souffert en fin de match face à Michael Frey. Gros match également de Yannick Bovay, qui était partout et surtout toujours là pour aider sa défense.

Les prochains rendez-vous

Bavois sera au Stade Municipal d’Yverdon pour y affronter YS, le samedi 30 août à 17h30. Les Bernois, eux, seront en Hongrie jeudi soir, pour essayer de décrocher leur qualification pour la phase de groupe de l’Europa League. Debrecen, qu’ils ont battu 3-1 à l’aller, les attend.

FC Bavois – BSC Young Boys 0-1 (0-0)

Buts: 90e Steffen 0-1.

Bavois: Passera; Kurtic, Rossé, Bentayeb, Zeneli; Bovay, Rachane, Malgioglio; Eleouet (74e Hill), Zari, Ouattara.

Entraîneur: Bekim Uka.

YB: Wölfli; Hadergjonaj, Von Bergen, Wüthrich, Sutter; Gajic, Nikci (46e Steffen), Bertone; Afum (72e Costanzo), Kubo (61e Frey), Nuzzolo.

Entraîneur: Uli Forte.

Terrain des Peupliers, 1800 spectateurs.

Categories: Coupe suisse, FC Bavois