Avec ces valeurs-là, Yverdon Féminin ne peut pas tomber

Avec ces valeurs-là, Yverdon Féminin ne peut pas tomber

Mais comment cette équipe-là peut-elle être relégable en championnat? Lundi, face à la meilleure équipe du pays (et de loin), Yverdon Féminin a fait mieux que batailler. Pendant 72 minutes, les Nord-vaudoises ont regardé le FC Zurich Frauen les yeux dans les yeux, les équipes se rendant coup pour coup dans un match très fermé. Le décompte des occasions à l’heure d’entrer dans les vingt dernières minutes du match? Légèrement en faveur des Zurichoises, mais pas de manière si massive que ça. Face à une équipe qui a remporté 14 de ses 15 matches de championnat de LNA (43 points sur 45!), qui joue la Champions League chaque année et qui reste sur un doublé Coupe-championnat, Yverdon Féminin ne s’est pas fait dévorer, bien au contraire. Au final, les Alémaniques se sont imposées 0-2, sans évidemment que ce soit un scandale, mais sans qu’YF ne doive sortir du terrain autrement que la tête haute. Alors, on repose la question: comment cette équipe peut-elle se trouver sous la barre?

Mirjana Pajovic: « On s’est dit que tout était possible »

On a posé la question à Mirjana Pajovic, la très combative latérale gauche d’YF. Elle a commencé par soupirer. « Franchement, si on savait… Aujourd’hui, le premier sentiment qui domine, c’est la déception. On leur a fait mal! On a eu les occasions pour les bousculer, même si, bien sûr, elles en ont eu aussi un peu. Franchement, on voulait passer et on y croyait », a-t-elle commencé par dire. Mais alors, pourquoi, on insiste, ne pas jouer de la même manière en championnat. Face à Zurich, cela ne suffit pas, d’accord, mais contre YB, GC ou Staad, cela devrait quand même donner trois points de temps en temps, non? Re-soupir de Mirjana Pajovic. « Le truc, c’est que ce match en championnat, on l’aurait perdu quasiment à coup sûr. On a tellement le moral en bas qu’il y a tout qui nous tombe dessus. On n’a pas confiance en nous! Aujourd’hui, c’était un match de Coupe, on s’est dit que tout était possible et… on a bien vu que ça l’était », explique la numéro 15. Le problème serait donc mental avant tout.

Maintenant, transposer cela en championnat

Cet argument-là, on veut bien l’accepter. Pour avoir vu cette équipe tout donner également face à Staad en quarts de finale, on a bien vu le supplément d’énergie qu’apporte la Coupe. Lundi, face à Zurich, les Yverdonnoises ont fini exténuées, à bout de forces. Elles sont allées au bout d’elles-mêmes, sans pour autant réussir à se qualifier. « Je vous ai dit qu’il y avait de la déception, mais il y a aussi de la fierté quand même. On a bien vu qu’on avait des qualités et on a fait plaisir à notre public. Maintenant, il faut juste transposer cela en championnat », continue Mirjana Pajovic. Vrai. Vendredi, c’est GC qui arrive au Stade Municipal. En jouant de cette manière, les Sauterelles seront balayées. Voilà pour l’état d’esprit, mais il n’y a quand même pas que cela qui pêche à Yverdon Féminin cette saison.

Fc Yverdon Féminine vs Fc Zurich Féminine 0-2

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YF manque de percussion offensive

Alors, problème tactique, physique, technique? Pas vraiment, non. En fait, cette équipe manque tout simplement de percussion offensive. Et ça, il ne faut pas le dire deux fois à Gwendoline Fai. « Ça saute aux yeux! Aujourd’hui, on fait des efforts monstrueux, toute l’équipe, mais on n’arrive pas à se montrer dangereuses. Oui, on a des situations, je suis d’accord avec vous, mais il faut bien constater qu’une fois arrivées dans les trente derniers mètres, on ne sait pas comment faire pour approcher du but. On est bien en place, on est solides, mais devant, on n’y arrive pas. Et ce n’est pas une critique personnelle, mais bien collective. C’est l’histoire de notre saison, en fait: on ne marque pas. » Et qui ne marque pas (12 buts en 15 matches, le total est maigre) ne gagne pas, le refrain est vieux comme le football. Lundi, Daniel Monney avait opté pour un 4-4-2 avec Valentine Rahm et Camille Raemy en attaque. Difficile de reprocher quoi que ce soit aux deux attaquantes, tant elles ont manqué de soutien pour s’en aller batailler au coeur d’une défense zurichoise intraitable.

La recette? Du coeur, du travail et de la cohésion

Que faire, alors? Travailler, encore et toujours. Yverdon n’a de toute façon pas le choix: ses moyens financiers sont limités et les joueuses, à YF, ne sont pas rémunérées. Donc en demander plus à des joueuses s’entraînant déjà quasiment tous les jours est impossible et les attaquantes internationales ne jouent pas dans le Nord vaudois, elles vont, logiquement, là où il y a un peu d’argent et, donc, des ambitions supérieures. En quarts de finale, Staad est tombé à cinq reprises sous les assauts yverdonnois (lire ici), mais il y avait Noémie Beney, absente ce lundi. Elle, d’un coup de génie et par son expérience, peut débloquer des situations de manière ponctuelle. Elle a manqué, peut-être, face à Zurich, mais ce qui est sûr, c’est qu’Yverdon Féminin doit se battre avec ses armes, celles qui ont fait sa force depuis sa montée en LNA en 2006: En clair? Du coeur, du travail et de la cohésion. Avec ces trois qualités-là, on peut renverser des montagnes. Zurich en était une trop grosse, mais aller accrocher le maintien en est une abordable. A l’attaque, mesdames!

Elle a dit à Footvaud.ch

Sandrine Mauron, milieu de terrain du FC Zurich 

Elles nous ont vraiment mis en difficulté, surtout en première mi-temps. Vous avez vu comme elles étaient bien en place? C’était difficile pour nous de trouver des espaces dans leur défense et leur milieu de terrain et, en plus, elles ont eu des situations en contre. Heureusement, on a pu passer l’épaule en fin de match, tant mieux! L’objectif, c’était de se qualifier et rien d’autre. On s’attendait à un match difficile, on ne les a en tout cas pas sous-estimées! En Coupe, c’est toujours différent, elles ont tout donné et il faut vraiment les féliciter. Nous, on continue, on a pour objectif de faire le doublé comme la saison dernière. Mon positionnement sur le terrain? J’ai joué un petit peu plus haut en deuxième mi-temps, oui, c’étaient les consignes de notre entraîneur. Si je reste ici quelques jours? Non, pas du tout! Là, je rentre avec le car à Zurich.

Fc Yverdon Féminine vs Fc Zurich Féminine 0-2

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Les femmes du match

Tania Chassot a été très sûre dans ses interventions, que ce soit sur sa ligne ou dans les airs. Rien à signaler de bien grave, car, étonnamment, elle n’a pas eu à effectuer trop d’arrêts jusqu’à la 72e. Simplement, tout ce qu’elle a eu à faire, elle l’a bien fait. une gardienne solide. Gwendoline Fai a été très convaincante dans son couloir, elle aussi. Elle n’a pas trop osé apporter offensivement, car les consignes étaient de rester solide, et elle les a appliquées à la lettre. Elle en a sous doute gardé un peu sous le pied, mais a assuré son boulot sur son côté droit.

Les prochains rendez-vous

YF recevra Grasshopper (6e) en championnat ce vendredi 1er avril à 20h. Une victoire face à l’autre club de Zurich serait bienvenue pour tenter de repasser sur la barre.

Yverdon Féminin – FC Zurich Frauen 0-2 (0-0)

Buts: 72e Deplazes 0-1; 87e Terchoun 0-2.

Arbitres: M. Demail Muminovic, assisté de M. Ricardo Orlando Barbosa et de M. Nicolas Wittkowksi.

YF: Chassot; Fai, Miocevic, Riat, Pajovic; Piller (79e Monti), Gillioz. Mallaun, Bodenmann (73e Müller); Rahm, Raemy.

Entraîneur: Daniel Monney.

FCZ: Friedli; Terchoun, Keller, Fischer, Kuster; Duncan (46e Ramseier), Gut, Mauron; Humm, Deplazes (79e Willi), Stierli (61e Bernet).

Entraîneur: Dorjee Tsawa.

Stade Municipal, 410 spectateurs.

Fc Yverdon Féminine vs Fc Zurich Féminine 0-2

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