Atlantic Vevey fait plier Chêne Aubonne

Atlantic Vevey fait plier Chêne Aubonne

« On a fêté un peu, mais pas trop… On sait bien que rien n’est fait, on a encore besoin d’un point! » Fabio Ribeiro, l’excellent attaquant d’Atlantic Vevey, a tout résumé. Oui, Atlantic a fait un pas vers la 2e ligue mercredi soir sur son terrain synthétique de La Veyre en battant Chêne Aubonne (1-0), mais non, rien n’est encore fait dans ces finales. Pourquoi? Car, dans le même temps, Epalinges a ventilé Porto (6-1) et reste à trois points d’Atlantic, tout comme Aubonne. Et comme Atlantic est la moins bonne équipe parmi ces trois-là au fair-play, la dernière journée sera décisive.

Les quatre formations de la poule ont d’ailleurs encore une chance de monter, même Porto. Le classement aujourd’hui? Atlantic (6 points), Epalinges et Aubonne (3 points) et Porto (0 point). La dernière journée? Atlantic-Epalinges et Aubonne-Porto. Mais ce classement est un peu trompeur, car le fair-play sera déterminant en cas d’égalité. Et Atlantic est la moins bonne équipe de toutes. La meilleure? Porto. Tout est donc largement ouvert et Atlantic pourrait très bien finir troisième avec six points! Ce serait cruel, c’est vrai, mais c’est possible.

Atlantic est invaincu en championnat à domicile depuis deux ans

Mercredi soir, Aubonne a dominé cette partie, mais n’a pas réussi à se montrer réellement dangereux. Pourquoi? En raison de la surface de jeu, déjà. Sur ce petit terrain synthétique, Atlantic est injouable, tout simplement. Fabio Ribeiro sourit: « Cela fait deux ans que nous sommes invaincus à domicile. En fait, si, on a perdu une fois ici, en Coupe vaudoise face à Aigle. Mais on était en 4e ligue et eux en 2e et on avait personne. Un de nos attaquants a dû jouer aux buts ce soir-là! » En championnat, Atlantic est invincible sur son terrain et Aubonne l’a appris à ses dépens. Après avoir gagné 4-3 face à Epalinges lors du premier match, les hommes de Giovanni Vavassori ont été incapables d’enflammer la partie. Ils ont dominé, ils ont eu la maîtrise du jeu. Mais ils ne se sont créés que des demi-occasions, rien de bien sérieux et surtout rien qui puisse tromper Bruno Festas, le très solide gardien portugais. Ce portier-là a quelque chose en plus. Une certaine carrure, déjà, mais aussi de l’expérience et de la roublardise. Cela sert, à ce niveau comme partout. Son équipe souffre? Il la soulage dans une sortie aérienne et sait rester à terre le temps qu’il faut pour que tout le monde reprenne ses esprits. Il symbolise à merveille ce qui fait aussi la force d’Atlantic: sa maturité. Cette équipe n’est pas une formation de jeunes chiens fous attaquant de tous les côtés. Non, Atlantic est une équipe d’expérience, maline et rusée.

« Sonny Kok, on pensait que c’était un Africain! »

Fabio Ribeiro, lui-même un attaquant de métier, confirme: « On doit avoir une moyenne d’âge de 26 ou 27 ans, même si je ne sais pas exactement. Je ne dois pas être trop loin de la vérité avec cette estimation. On sait comment défendre, on joue bas et on place des contres avec nos ailiers. C’est comme ça qu’on gagne aujourd’hui face à une très bonne équipe d’Aubonne. Franchement, ils sont forts, c’est une des meilleures équipes que j’ai vu récemment ici, avec Azzurri Riviera. On ne les connaissait pas du tout, parce qu’Aubonne c’est quasiment l’autre côté du canton, mais ils m’ont impressionné. Pour tout vous dire, et pour la blague, on a rigolé à la mi-temps, parce qu’on avait tous entendu parler de Sonny Kok. On voyait qu’il marquait tous les buts, tout le monde se méfiait de lui. Mais nous, avec son nom, on pensait que c’était un Africain! Alors à la mi-temps, on rigolait, on se disait: mais il est où, le Black? Et quand on a compris que Sonny Kok, en fait c’était le blond aux yeux bleus, on a tous été surpris (rires). » Les joies des finales!

Sonny Kok, justement, l’arme fatale des Aubonnois (hat-trick face à Epalinges dimanche dernier), a été peu en réussite mercredi. A sa décharge, comme à celle de ses coéquipiers, le terrain a de quoi déstabiliser les joueurs les plus confirmés. D’autant qu’Atlantic, on l’a dit, en a fait un atout et un réel avantage, sachant parfaitement exploiter ses qualités sur cette surface. En clair? Défendre bas, ne pas prendre de risques à la relance, exploser en contre et obtenir des coups de pieds arrêtés. Et comme les Veveysans ont tous une technique très sûre, leur jeu est sans fioriture et sans perte de balle inutile. C’est bien simple: Aubonne n’a pas eu un seul espace à exploiter. Pas un. Difficile, dès lors, d’imaginer pouvoir gagner un match dans ses conditions.

Un contre, un but… et c’est tout

Les hommes de Paulo Fernandes n’ont eu besoin que d’une action, une seule, pour l’emporter. Pedro Miguel Pinheiro s’échappe côté droit (hors-jeu?) et adresse un centre à ras de terre pour Alex Santos. Celui-ci, sans contrôle, marque le 1-0 très proprement, sans trembler, et s’en va fêter ce but avec le staff et tout son banc. On jouait la 18 minute et Chêne Aubonne ne s’en est jamais remis.

Atlantic est à 90 minutes de retrouver la 2e ligue

Les Aubonnois ont au moins gagné sur un point mercredi, même si cela ne les consolera pas: l’affluence. Clairement, il y avait plus de supporters venus de la Côte que de la Riviera, dont un « kop d’ultras » qui a chanté pendant 90 minutes, mégaphone en main. Etonnant, non? « Oui, un peu. Mais bon, nos spectateurs ont l’habitude de venir le dimanche. On a un joli noyau de supporters, mais ils viennent vraiment le dimanche après le repas de midi. Face à Epalinges, on attend quand même pas mal de monde », continue Fabio Ribeiro. Dimanche, Atlantic pourra sans doute compter sur leur soutien pour retrouver la 2e ligue, qu’il a dû quitter suite à de malheureux incidents (arbitre agressé). Fabio Ribeiro faisait partie de cette équipe, qui a été chuté jusqu’en 4e ligue: « Oui, même si je n’étais pas là ce fameux jour dont vous parlez. Mais j’entraînais les juniors B, une équipe qui a été retirée suite à cela. C’est sûr qu’on a reconstruit depuis la 4e ligue, et tout a changé. On a fait la promotion l’an dernier de 4e en 3e et là, on est tout près de monter encore une fois. On aimerait bien retourner en 2e ligue, dans l’élite du football vaudois. » Encore 90 minutes et ils y seront.

Himë Berisha a dû gueuler à la mi-temps pour qu’Epalinges se réveille

Dans l’autre partie de ce groupe, Epalinges a relevé la tête en détruisant Porto 6-1 grâce à deux doublés d’Abraham Keita et de Gerardo Scoppettone et à un but chacun d’Agron Berisha et de Mehmet Kocapinar. Mais les Palinzards étaient menés 0-1 à la mi-temps! L’analyse de leur entraîneur Himë Berisha? « En première période, on était catastrophiques. Nuls. Zéros. J’ai haussé le ton à la mi-temps, je peux vous le dire. J’ai gueulé. On fait un deuxième tour remarquable, on se qualifie pour les finales et on montre quoi? Rien. J’avais honte, je vous le dis comme je le pense. Honte de ce qu’on présentait. Honte d’être l’entraîneur de cette équipe. Et en deuxième mi-temps, enfin, on montre notre vrai visage. Sans manquer de respect à cette équipe de Porto, on a montré qu’on était supérieurs. Eux, ils se sont battus, c’était une vraie équipe, mais quand on a commencé à jouer, ils ont explosé. Sincèrement, on aurait pu en marquer 7, 8, 9 ou 10. Mais il a fallu attendre longtemps pour cela. Je n’étais pas tranquille du tout. On sait contre ces équipes-là, qu’elles soient portugaises ou même albanaises, il ne faut pas les laisser prendre confiance, sinon ça devient compliqué. Là, heureusement on a pu tourner le score. »

Epalinges et son formidable potentiel offensif ont donc réagi après leur défaite à Aubonne. « Oui, il le fallait. On revient dans la course après avoir perdu à Aubonne dans ce qui était un bon match de finales. On a un peu craqué derrière dimanche, mais le spectacle était là et moi, je suis quelqu’un de fair-play. Si l’adversaire a gagné, je le félicite et c’est ce que j’ai fait. Et bon, il nous manquait du monde aussi. Ce soir, j’avais déjà plus de solutions » Dimanche, à La Veyre, il faudra peut-être moins penser au spectacle, mais plus à la victoire, non? « Oui, bien sûr, d’autant qu’un nul suffira à Atlantic. Je sais que c’est dur d’aller jouer là-bas, je connais leur terrain. On s’attend à un gros match dimanche et à 90 minutes compliquées. » Cette fois, il faudra être prêt d’entrée, pas à la 46e…

Dimanche 15 juin, 15h30
Porto Lausanne – Atlantic Vevey 0-2
Buts de Gil Gomes et d’Alex Santos pour Atlantic.
Chêne Aubonne – Epalinges 4-3
Triplé de Sonny Kok, but de Stéphane Hofer pour Aubonne.
Buts de Nicolas Weber, Agron Berisha (penalty) et Serkan Kocapinar pour Epalinges.

Mercredi 18 juin, 19h30
FC Epalinges – Porto Lausanne 6-1
Atlantic Vevey – Chêne Aubonne 1-0
But d’Alex Santos pour Atlantic

Dimanche 22 juin, 15h30
Porto Lausanne – Chêne Aubonne
Atlantic Vevey – FC Epalinges

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