Antonio Da Silva: «Ça fait mal au coeur, mais c’est la seule solution»

Antonio Da Silva: «Ça fait mal au coeur, mais c’est la seule solution»

La rumeur a couru lors de l’Assemblée générale de l’ACVF, samedi matin. Le Desportiva Avenches n’y avait envoyé aucun représentant et certains présidents de clubs faisaient état d’un courrier leur expliquant que le club broyard avait retiré son équipe. Cette crainte s’est révélée fondée, nous a confirmé mardi Alain Klaus, secrétaire général de la Vaudoise. « Oui, c’est officiel, Desportiva a retiré son équipe d’actifs. Le club reste actif pour l’instant, mais n’a plus d’équipe. » Les dix joueurs restants devraient pouvoir être qualifiés pour une nouvelle équipe jusqu’au 15 avril, selon l’article 144 du Règlement de jeu ASF.

Deuxième du groupe 5 de 4e ligue, le Desportiva était donc virtuellement qualifié pour les finales, mais tous ses résultats vont être annulés. « C’est la procédure, oui. Ils sont désormais derniers, avec 10 défaites en 10 matches », détaille Alain Klaus. Tout le monde a donc gagné une place? Pas forcément! Car deux équipes, seulement, avaient battu le Desportiva au premier tour. Yverdon Sport II et Yvonand, les deux malheureux, vont donc… perdre trois points au classement par rapport à toutes les équipes s’étant inclinées face à cette bonne équipe! La « bonne nouvelle » est donc plutôt pour les équipes du bas de classement, qui ne risquent désormais plus rien pour la relégation.

En haut, la bonne affaire est pour le FC Rances (2e), qui se retrouve désormais finaliste, sans rien avoir demandé. Reste à savoir les raisons de ce retrait soudain. Pour en savoir plus, nous avons appelé le président Antonio Da Silva, lequel, très ému, a gentiment accepté de répondre à nos questions et d’expliquer pourquoi le Desportiva ne jouera plus.

Président, que s’est-il passé cet hiver?

C’est tout simple: nous n’avons plus assez de joueurs. Cinq sont partis dans des clubs aux alentours, comme Granges-Marnand ou Stade Payerne II. Nous n’étions déjà pas beaucoup, mais ça allait. Là, on s’est retrouvés à dix. Et en plus, notre gardien s’est cassé le péroné! Plus de gardien, dix joueurs… On n’a pas eu d’autre choix que de dire stop.

D’autant que vous n’avez pas de II, de juniors ou de vétérans…

Non, le Desportiva aujourd’hui, c’est une équipe d’actifs. Enfin, même plus…

Vous êtes triste?

Oui, énormément. Si on réfléchissait avec le coeur, on aurait continué. Mais la tête a dit non. On est dix aujourd’hui. Si l’un se blesse ou qu’on a un suspendu, on est 9, 8, 7… C’était intenable de disputer ce deuxième tour. Ca fait mal au coeur, mais c’est comme ça, c’est la seule solution.

Est-ce que le club va continuer?

Non, je pense que c’est fini. Vous savez, on est soutenus par le Centre portugais d’Avenches, lequel va fermer ses portes cet été. On est très liés à ce lieu, qui est notre seule source de revenus et on n’a plus de local. On est un petit club, sans sponsor. Tout notre argent vient du centre. Et dans quelques mois, il n’existera plus. Le Desportiva, c’est fini. On va fermer le livre.

Quel âge a le club?

25 ans. Je suis triste pour mon comité, pour les gens qui ont travaillé. Je suis le président depuis cinq ans, mais cela fait quinze ans que je suis au club, comme joueur, comme membre du comité… Voilà, c’est terminé.

Vous allez vous engager dans un autre club?

Non, je ne pense pas. L’énergie qu’il me reste, je vais la mettre pour essayer de sauver le Centre portugais. On doit trouver de nouveaux locaux, redynamiser un peu tout ça. Le foot sera mis de côté un moment.

Vous étiez deuxième à la pause…

Oui, c’est encore plus dommage. Mais les jeunes, vous savez, ils n’ont plus l’esprit de sacrifice qu’on avait. Nous, on venait après le boulot pour jouer au foot, donner un coup de main au club. On était contents de le faire! Aujourd’hui, on est deuxièmes, c’est super, et les gamins partent ou ne viennent pas s’entraîner. C’est triste.

On vous sent très affecté…

Oui, je le suis vraiment. Mais j’ai une fierté: c’est que le club part sans aucune dette. Vous pouvez appeler l’ACVF, on est à jour avec toutes les cotisations. Au moins, on part la tête haute, le nom du Desportiva n’est pas sali.

Categories: 4e ligue, Interviews

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