Alain Baré répond à Dominique Blanc

Alain Baré répond à Dominique Blanc

Alain Baré a pris connaissance de la prise de position de Dominique Blanc suite au match entre Forward Morges et Montreux. Le président de l’ACVF nous avait répondu de manière ciblée sur l’arbitrage de cette partie, et avait glissé deux phrases par rapport au comportement du président du Montreux-Sports lors de la fin de match. Alain Baré, expulsé en fin de partie du banc, a souhaité répondre au président de l’ACVF.

Alain Baré, vous avez peu apprécié l’intervention de Dominique Blanc?

Au contraire! Je trouve très bien qu’il ait pris position et je l’en félicite. C’est ce que j’attends, en tant que membre d’une association. Je trouve normal et légitime que le président s’exprime quand il en a envie ou quand il ressent le besoin. Là, il a trouvé vos propos sur l’arbitrage de cette partie peu à son goût et il a trouvé juste de parler. Bravo à lui! Ce que je trouve étonnant, disons, c’est que lorsque nous avons eu besoin de lui dans l’affaire qui nous a opposé à Forward Morges, il ne se soit pas exprimé. Là, tout d’un coup, il n’avait plus d’avis! J’aurais aimé l’entendre quand j’étais en face de lui, j’aurais aimé qu’il me dise: « Monsieur Baré, vous avez tort ou vous avez raison ». Au lieu de cela, il s’est retranché derrière ses commissions, des gens que je connais absolument pas. Alors quand je vois qu’il intervient aujourd’hui personnellement pour défendre ses arbitres, je dis « bravo ».

C’est différent, il ne pouvait pas prendre parti entre Forward Morges et vous, il est président de l’ACVF…

Un leader a le droit de s’exprimer, non? Quand je dois prendre position à Montreux, je le fais, je ne me cache pas derrière mon comité. Enfin bref, pour revenir à sa réponse, je souhaite réagir. J’en ai le droit, non?

Oui.

Alors voilà. Tout d’abord, je le félicite encore d’avoir donné son avis. Ensuite, il parle de mon comportement inacceptable et je vais répondre sur ce point précis, tout d’abord. Si je suis allé sur le banc, c’est à la demande des joueurs et du staff. Ils ressentaient le besoin d’avoir un homme fort sur le banc, quelqu’un qui puisse être à leur côté et les défendre s’il fallait le faire. J’ai accepté. Quand les membres de mon association ont besoin de moi, je prends mes responsabilités. Mais je savais très bien que je prenais des risques, que j’allais au charbon! Et ça n’a pas manqué…

Oui, enfin, personne ne vous a forcé à aller sur le terrain à la 90e…

Mais pourquoi suis-je entré sur le terrain? Vous le savez, au moins?

Parce qu’un de vos joueurs était blessé et que l’arbitre n’arrêtait pas le jeu, non?

Oui, mais pas seulement. Nous étions 10 sur le terrain, après l’expulsion de notre entraîneur-joueur Cédric Faivre. En passant, il a pris trois matches de suspension pour avoir dit à l’arbitre: « Mais vous êtes fou? », en sous-entendant « d’agir de la sorte ». Trois matches! Enfin bref, au delà de cette injustice, je vois un de mes joueurs blessés et je demande à l’arbitre d’arrêter le jeu. Il ne le fait pas.

Il ne vous avait peut-être pas entendu…

Oui, ou alors il était très malhonnête. Comme l’a dit Dominique Blanc, ce n’était pas un athlète. Alors si en plus il était sourd… Il ne voulait pas m’écouter, je ne pouvais pas entrer en contact avec lui. Il attendait quoi? Qu’on prenne le 3-2? Alors je suis entré sur le terrain. Là au moins, j’étais sûr qu’il arrêterait le jeu.

Ah là oui, en effet.

Il m’a expulsé, ce qui est logique. Je ne conteste pas cela, mais j’explique pourquoi j’en suis arrivé là. Il a eu un comportement qui a fait dégénérer ce match et là, j’en arrive à mon troisième point, qui vous concerne.

Attention…

Non, j’ai envie de parler de votre article. Je l’ai trouvé parfait et expliquant très bien ce qui s’est passé durant ce match. Il était tellement bien que j’aurais pu l’écrire moi-même!

C’est un beau compliment, ça!

C’est la vérité. Quand j’ai fini de le lire, je me suis dit: « Voilà quelqu’un qui connaît le football et le comprend. »

Arrêtez, on va avoir encore plus la pastèque…

J’en arrive à mon dernier point. Si vous avez parfaitement analysé le match et l’avez vu comme je l’ai vu, je suis obligé de sourire quand je lis que Dominique Blanc a vu le contraire. Alors là, je me dis: « On ne parle pas de la même chose. On ne comprend pas le football de la même manière. » Je ne fais pas de jugement de valeur, je ne dis pas qu’il le comprend mieux ou moins bien que moi. Je dis simplement qu’on ne peut pas s’entendre. C’est comme si vous jouez un morceau de musique sur une tonalité et que le musicien d’à côté en prend une autre… C’est incompatible. Alors voilà… Si je sors un de mes joueurs et que je lui dis: « Aujourd’hui, tu as été mauvais » et qu’il me répond « Non, j’ai été très bon », que voulez-vous que je fasse? Je lui serre la main et je lui dis « Va jouer à la pétanque ». Je tiens donc à finir en disant que j’apprécie M. Blanc et que je l’invite aux finales à Montreux. Je me réjouis de l’accueillir personnellement au stade, on boira un verre et on parlera de tout. On dissertera de peinture, d’assurances, de géographie, de tout ce qui nous passera par la tête, mais on évitera de parler de football puisqu’apparemment on ne voit pas la même chose. Et on passera un moment très cordial, j’en suis convaincu.

Categories: 2e ligue, Interviews

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