Ahmed Mejri offre un point mérité à Stade-Lausanne dans un choc électrique

Ahmed Mejri offre un point mérité à Stade-Lausanne dans un choc électrique

Electrique! Voilà le mot qui convient le mieux à ce match à rejouer de 1re ligue, véritable rencontre au sommet entre La Chaux-de-Fonds (2e) et Stade-Lausanne-Ouchy (1er), mardi à La Charrière. Les esprits se sont échauffés avant, pendant et après la partie, les joueurs vaudois sortant sous les huées du public, comme dans les plus belles heures des derbys d’Istanbul. On exagère un peu, évidemment, et on le fait avec le sourire, mais voir tous ces gens debout dans la tribune, attendant les joueurs du SLO passer en dessous pour leur lancer quolibets et noms poétiques avait quelque chose d’irréel pour un match de 1re ligue. Bref, c’était chaud à la Charrière!

Une mi-temps dominée par chacun

Les tribunes du vétuste, mais plein de charme, stade chaux-de-fonnier ont donc tremblé comme à la belle époque ce mardi. Il y avait tout dans ce match: de l’enjeu, du suspense et de la polémique. Soyons clairs: on a aussi vu du bon football entre deux très bonnes équipes. En fait, chacun a eu sa mi-temps. La Chaux-de-Fonds a dominé jusqu’à la 45e et Stade-Lausanne-Ouchy dès la reprise. Au final, le match nul est tout à fait mérité, les deux équipes ayant eu les occasions de l’emporter. Mais ce point a beaucoup plus satisfait les visiteurs, du fait de l’égalisation tardive, mais pas volée du tout, d’Ahmed Mejri.

Ahmed Mejri retrouve son meilleur niveau, et ça fait mal

Le Tunisien est en grande forme, lui qui vient de marquer un but splendide contre Naters, et a donc récidivé à la 87e de ce match au sommet. Brillant avec Le Mont en 1re ligue et en Promotion League, il a ensuite raté son passage à Azzurri en 2014-2015, avant de retrouver toute sa classe et son niveau depuis son arrivée à Vidy. Et quand il est à ce niveau, Mejri (26 ans) est un joueur phénoménal pour la 1re ligue, ce qu’il a encore prouvé ce mardi. Alors que tout le monde s’énervait à côté de lui, il a gardé son calme et planté une très jolie volée au fond des filets de l’excellent Alexandre Martinovic pour offrir un point à son équipe.

Stade n’a pas pris trois buts en 30 minutes cette fois…

Bon, on recommence, dans l’ordre. Déjà, on va signer que Stade-Lausanne-Ouchy est arrivé à la demi-heure de jeu sans avoir pris de but à La Chaux-de-Fonds, mardi soir. Un exploit? Oui, parce que ce résultat après 30 minutes était à peu près trois fois plus réussi que ce que les Lausannois avaient réussi à faire la dernière fois qu’ils étaient monté ici. Il y a cinq semaines, les Lausannois étaient en effet menés… 3-0 à la demi-heure, avant qu’une tempête de neige subite ne leur sauve la mise (lire ici). Ils ont donc obtenu une deuxième chance, ce mardi.

Sans Fabian Geiser, Matheus Fungilo et Brice Ngindu!

Le Stade se présentait cependant très diminué, en tout cas plus que la dernière fois, où seul Fabian Geiser manquait à l’appel. Cette fois, les Lausannois ont dû jouer sans leur défenseur central et capitaine, Geiser donc, mais aussi sans Matheus Fungilo, ni Brice Ngindu, tous légèrement blessés, ce qui faisait trois problèmes d’un coup pour Andrea Binotto, un dans chaque ligne. On va même aller plus loin: le meilleur joueur de chaque secteur faisait défaut pour ce choc au sommet, ce qui fait quand même beaucoup. Le « Mathématicien » sait cependant mieux que quiconque résoudre les équations à plusieurs inconnues et avait opté pour une ligne de quatre Karac-Mabanza-Rego-Danner à l’arrière. L’interrogation principale? Bien évidemment la bonne tenue de la charnière centrale.

Une charnière expérimentale, mais complémentaire

Jonathan Mabanza accompagnait Fabio Rego, deux hommes qui n’ont pas l’habitude de jouer ensemble dans l’axe. Sur le papier, on comprend le choix d’Andrea Binotto, tant les deux hommes sont complémentaires, le premier ayant les qualités que le deuxième n’a pas et vice-versa. Mais en face, il y avait un sacré client en la personne de Pedro De Melo, le buteur en série neuchâtelois. Ce que cela a donné sur le terrain? Une réussite totale. Andrea Binotto, c’est à relever, ne s’est pas trompé une seule fois depuis le début de l’année 2016, son principal chef d’oeuvre tactique restant, bien entendu, cette formidable victoire obtenue à Bavois (lire ici).

La Tchaux domine et ouvre la marque avec un peu de réussite

La première occasion a cependant été pour La Chaux-de-Fonds, par l’intermédiaire d’une tête de Pedro De Melo bien sauvée par Robin Enrico (9e). A la 22e, un nouveau coup de tête de Rémi Bonnet était sauvé par les montants du gardien lausannois, ce qui portait le nombre d’occasions neuchâteloises à deux, sans que le SLO ait pu se montrer dangereux jusqu’alors. Ce n’est qu’ensuite que Stade a pu se montrer un brin dangereux, notamment grâce à un coup-franc d’Ahmed Mejri, de peu au dessus (33e). Et alors que les débats s’équilibraient, les Lausannois reprenant le contrôle du jeu à mi-terrain, La Chaux-de-Fonds a fini par ouvrir la marque de manière chanceuse, Pedro De Melo reprenant un centre repoussé par Robin Enrico directement sur sa poitrine (39e). A la lutte avec Jonathan Mabanza, le puissant avant-centre de La Tchaux a poussé ce ballon au fond sans vraiment le faire exprès, mais cela ne change rien à l’affaire: Stade était mené au score dans ce match au sommet. 1-0, score à la pause. Rien à dire, cet avantage était amplement mérité.

Andrea Binotto fait deux changements à la pause

Andrea Binotto a donc décidé de frapper un grand coup à la pause, faisant entrer deux jokers. Léo Morax a pris place sur le côté droit de la défense lausannoise, tandis que Nicolas Tebib est venu s’installer en pointe, Sonny Kok passant sur le flanc droit. Pas de changement tactique, cependant, puisque le coach stadiste a décidé de faire confiance à son 4-3-3 pour inverser la tendance.

Nicolas Tebib, dangereux tout de suite

Le match a-t-il tourné grâce à ces deux changements? La réponse est oui, mille fois oui. Les changements ont en effet directement fait du bien. Nicolas Tebib a frappé le premier, de peu à côté (50e). Le même Tebib a ensuite repris un centre magnifique de Léo Morax, mais Alexandre Martinovic a réalisé un arrêt réflexe épatant, du pied (59e). Les entrants mettaient le feu, donnant raison à leur entraîneur. Même si Morax a bien failli inscrire l’autogoal de l’année à la 60e, sa reprise du pied droit passant à quatre centimètres du poteau droit de Robin Enrico, qui s’attendait à tout sauf à ça…. La Chaux-de-Fonds pliait, mais ne rompait pas. Le feu commençait cependant à se propager sévèrement, ce que n’a pas manqué de constater Alexandre Martinovic. Le gardien neuchâtelois a en effet demandé plusieurs fois à sa défense de jouer plus haut. « On est trop bas! On recule trop! Ce n’est pas notre jeu! », a hurlé « Marti » depuis ses buts, sans être vraiment entendu.

Le centre parfait de Julien Ruchat, la volée d’Ahmed Mejri

Le SLO a en effet continué à presser. Tebib a eu la balle du 1-1 à la 86e, mais son envoi a été détourné en corner par Alexandre Martinovic. Sur le coup de coin, suite à un premier renvoi, Julien Ruchat a pu servir Ahmed Mejri, dont la reprise de volée à bout portant a délivré tout le banc et les joueurs lausannois, fous de joie (87e). Andrea Binotto s’est retrouvé quinze mètres dans le terrain au milieu de ses joueurs. La joie était immense, la communion totale.

Confusion totale en fin de match

Alors, 1-1, score final? Oui, même si les Stadistes se sont fait peur dans la foulée de leur égalisation, un coup-franc de Steve Coelho trouvant la barre transversale à la 88e! La fin de match a alors dégénéré un tout petit peu, jusqu’à se finir dans la confusion totale au coup de sifflet final de M. Schwaller, qui aura passé une soirée animée lui aussi. En fait, les remplaçants du SLO ont manifesté leur joie de manière très bruyante, ce qui a irrité les joueurs et le staff de La Tchaux. Tout ce petit monde s’est expliqué de manière virile, et plus ou moins correcte, jusqu’à ce que chaque équipe parte à la douche de son côté. On en revient au mot choisi au début, celui qui résume tout: ce match était électrique, voilà.

Une nouvelle grande rivalité en vue?

On connaissait déjà la rivalité entre La Chaux-de-Fonds et Lausanne en matière de hockey sur glace. Celle-ci a été mise sous le tapis depuis quelques années, le LHC étant monté en LNA, mais on pourrait bien assister à un fort sympathique « revival », sur le terrain et en 1re ligue cette fois, dans les années à venir. Si aucune des deux équipes ne monte en Promotion League, les rencontres entre les deux équipes promettent d’ores et déjà beaucoup la saison prochaine, vu la tension qui régnait entre joueurs, staffs et spectateurs mardi soir.

Jouer à 20h30? Requête refusée!

La Tchaux a en effet enchaîné les petites vexations dans la préparation de cette rencontre, ce qui a déjà déplu en coulisses du côté de Stade. Les dirigeants du FCC ont ainsi décidé que ce match se jouerait le mardi plutôt que le mercredi, ne laissant que deux jours de récupération à Stade, les Neuchâtelois s’étant arrangés pour jouer eux le vendredi… Rien d’illégal sur ce coup, bien sûr, mais disons que les Vaudois n’ont pas apprécié. Enfin, le coup de grâce: Stade avait demandé un coup d’envoi à 20h30, histoire de pouvoir faire le trajet dans de bonnes conditions sans être trop stressé et devoir partir de Lausanne dans les bouchons de 17h. Requête refusée… Bref, les deux clubs ne vont pas entretenir des liens de franche amitié à l’avenir. On ne s’attend ainsi pas à voir le président du FC La Chaux-de-Fonds en invité d’honneur du prochain repas de soutien du SLO, le 21 avril prochain…

Et vu que sur le terrain, personne ne s’est fait de cadeau non plus (des deux côtés), une belle rivalité est sans doute née. Et là, on se prend à rêver un peu: si ces deux équipes se retrouvaient au deuxième tour des finales dans quelques semaines? Ce serait énorme. Vraiment énorme. Et on ne raterait ces deux matches-là pour rien au monde!

Les hommes du match

Les deux entrants de la mi-temps ont fait tourner le match. Léo Morax a été très bon et très actif sur son côté droit, tout en défendant plutôt bien. L’ancien joueur de Team Vaud, qui s’est très bien intégré dans l’effectif stadiste, s’affirme semaine après semaine comme un bon joueur de 1re ligue. Très belle apparition de Nicolas Tebib, qui s’est créé trois occasions nettes et a énormément embêté la défense chaux-de-fonnière. Il a amené son caractère, sa rage de vaincre et sa qualité technique. Enfin, on mentionnera Andy Laugeois, comme toujours. Comme il a été fort, encore… Il a récupéré mille ballons, a mis quelques semelles monumentales, mais assez discrètes, et a largement contribué à électriser la fin de match. Grosse, très grosse performance de sa part. Il est typiquement le genre de joueur qui a été victime de la réforme de la Challenge League. Dans une deuxième division à 16 ou 18 clubs, il a sa place sans aucun problème. Mais forcément, plus le nombre de clubs dans l’élite se resserre, plus il est difficile de se faire une place. On espère quand même fortement que les décideurs des clubs romands se procurent son numéro de téléphone, il ne doit pas être si compliqué à trouver.

Les prochains rendez-vous

Stade se déplace sur le terrain de Signal Bernex-Confignon, dernier du classement. Coup d’envoi à 17h ce samedi 16 avril.

FC La Chaux-de-Fonds – FC Stade-Lausanne-Ouchy 1-1 (1-0)

Buts: 39e De Melo 1-0; 87e Mejri 1-1.

Arbitres: M. Matthias Schwaller, assisté de M. Thomas Zihlmann et de M. Thomas Ammann.

FCC: Martinovic; Vuille, Prétot, Bonnet, Tournoux (85e Tosato); Grossenbacher, Szlykowicz (68e Huguenin), Lo Vacco (66e Ferhatovic), Coelho; De Melo, Wüthrich.

Entraîneur: Christophe Caschili.

SLO: Robin; Karac (46e Morax), Mabanza, Rego, Danner; Laugeois, Ruchat, Mejri; M’Futi (80e D. Luwawa), Kok, Dindamba (46e Tebib).

Entraîneur: Andrea Binotto.

La Charrière.

Categories: 1re ligue

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