Adrian Alvarez, l’aventure suédoise

Adrian Alvarez, l’aventure suédoise

Ailier vif et rapide, Adrian Alvarez a décidé de vivre sa première expérience à l’étranger. D’ici quelques jours, il s’envolera pour la Suède, où l’attend le Vasteras SK, club de troisième division. Laissé libre par le Lausanne-Sport après la promotion en Super League, «Alva» a privilégié l’étranger. Le temps de partager un expresso sur une terrasse en pleine ville de Morges, il raconte son choix.

 

Thomas Gabrielsson a effectué le contact

J’ai eu quelques touches après la fin de mon contrat au LS. Il y a eu des propositions de Roumanie, un contact aux Etats-Unis, mais le plus concret, c’était la 1re ligue ici. J’ai reçu deux très belles propositions, financièrement vraiment intéressantes, et j’ai hésité. Il y avait la possibilité de faire partie d’un projet d’avenir et c’est vrai que j’ai failli faire ce choix-là. Mais dans ma tête, j’avais une vraie envie : aller découvrir un autre football, voir autre chose. Thomas Gabrielsson, que j’ai connu à Echallens où il était assistant de Julien Marendaz, m’avait contacté depuis un petit moment et j’ai tout de suite compris que c’était sérieux. Après Echallens, il est retourné en Suède, à Vasteras, où il s’est d’abord occupé de la formation, puis il est devenu entraîneur-assistant du VSK. Il m’a dit que le club cherchait un attaquant de mon profil et que c’était sérieux. Je suis allé me renseigner et j’ai pu me faire une idée par moi-même en passant beaucoup de temps sur internet. J’ai vu des vidéos, j’ai effectué beaucoup de recherches et j’ai décidé de foncer. Le club est vraiment très bien structuré. Ils sont en troisième division, mais tous les joueurs sont professionnels. L’entraîneur, c’est Johan Mjällby, ancien joueur du Celtic Glasgow et international suédois. Je l’ai eu par mail, on a discuté, et j’ai pu voir que dans les coulisses, ça fonctionnait aussi. J’ai reçu mon contrat au jour prévu, avec tout ce dont nous avions discuté. Sincèrement, ça donne confiance.

 

Sa première expérience à l’étranger

C’est clair que c’est un peu angoissant d’un côté. Je suis très famille, je n’ai jamais quitté la maison… Ma mère est un peu tendue ces temps (rires). Dans toute ma carrière, je n’ai joué qu’à Lausanne, Le Mont et Echallens, rien d’autre, et là je pars en Suède, où je connais rien du tout (rires). Mais je suis fort dans ma tête, je sais ce que je veux. J’ai signé pour quatre mois, c’est-à-dire tout le deuxième tour, mais avec une option pour l’année prochaine, que je dois activer ou non jusqu’au 25 novembre. Pour moi, c’est parfait, ça offre une certaine sécurité. C’est maintenant que je dois y aller. Je sors de deux saisons de Challenge League, avec le titre de champion, même si j’ai peu joué au LS. Si je retourne maintenant en 1re ligue, ce sera dur de repartir. Je ne suis pas fou : Vasteras me prend parce que je suis un joueur de deuxième division suisse. Ce n’est pas juste pour faire plaisir à Thomas Gabrielsson.

 

Ses ambitions à court terme

Déjà, je veux m’adapter le plus vite possible. J’ai passé tout l’été à me préparer physiquement pour être prêt tout de suite. Là, je suis vraiment chaud. Je m’entraîne tous les jours avec un préparateur professionnel, Johnny Ramos. Je me sens vraiment bien, mais il le faudra, car la préparation estivale est très courte en Suède. Le championnat se joue sur l’année civile et là, le VSK est 4e, à un point de la première place. On joue clairement la montée. J’arriverai autour du 1er août et à la fin du mois, ce sera déjà le championnat et la Coupe. Le tirage du deuxième tour vient d’avoir lieu, on va recevoir Nörrkoping, un club de première division. J’ai déjà pu voir sur le Facebook du club que tout le monde se réjouit, il devrait y avoir du monde. En ce qui me concerne, je veux gagner ma place très vite et montrer mes qualités. Personne ne me connaît, je dois faire mes preuves. Ca aussi, c’est excitant. Je me réjouis tellement de partir !

 

La vie sur place

Au début, je serai à l’hôtel, donc je vais profiter du wifi à fond pour parler avec ma famille et mes amis (rires). Mais après, dans mon contrat j’ai droit à un appartement tout seul, donc je vais devoir me débrouiller. Faire la cuisine, me reposer, avoir une hygiène de vie parfaite… Je veux profiter du fait que je serai footballeur professionnel pour travailler physiquement, être au top. Je ne vais me consacrer qu’au football, ce qui n’était pas le cas en Suisse, où j’ai toujours eu une activité à côté. Je vais vraiment être sérieux, comme toujours. Quand on aura un ou deux jours de congé, je vais peut-être aller à Stockholm, à deux heures de Vasteras, mais je vais vraiment ne penser qu’au football pendant ces quatre mois. Je vais prendre des séries TV, des livres, et tout donner pour ma carrière. La seule question, c’est de savoir ce que je vais prendre dans ma valise ! Une ou deux vestes, ça c’est sûr (rires). C’est clair qu’en tant qu’Espagnol, ne voir le soleil que quelques heures par jour va me manquer, mais je sais pourquoi je vais en Suède. Tous les sacrifices que j’ai fait dans ma vie, ils paient aujourd’hui. L’argent ? Je vais toucher de quoi vivre, pas plus, mais l’appartement et la voiture sont fournis par le club. Si j’avais fait un choix financier à court terme, je serais resté en Suisse, même en 1re ligue. Je vais en Suède pour l’expérience, pour vivre de ma passion et tenter le coup. J’ai la foi et une énorme envie.

 

La fin de son contrat au Lausanne-Sport

Franchement, ce n’est pas un traumatisme et je ne le vis pas comme une injustice. J’ai lu votre interview d’Hélios Sessolo (lire ici) et je peux me mettre à sa place : il jouait souvent, il avait les qualités pour rester au LS. Moi, je ne me faisais pas d’illusions: je jouais peu et je me doutais bien que Fabio Celestini n’allait pas me proposer de venir en Super League. Je suis très content d’avoir signé au LS et je ne regrette pas du tout mon choix. J’ai contribué au titre de champion et j’ai énormément progressé aux entraînements. Fabio Celestini est un grand entraîneur, il m’a permis d’élargir ma palette grâce à énormément de conseils tactiques. Maintenant, je sais par exemple mieux quand je dois décrocher et quand je dois partir en profondeur. C’est une chose parmi d’autres. Je suis un bien meilleur joueur aujourd’hui qu’en arrivant en Challenge League. Et je peux aussi remercier Claude Gross, qui m’a souvent placé en pointe avec Le Mont. Là aussi, je suis devenu plus complet grâce à lui.

 

Le départ de la Suisse dans quelques jours

Je suis passé au contrôle des habitants m’annoncer partant, ça fait bizarre… Qui sait, je serais peut-être de retour dans quatre mois…. ou dans dix ans ! Ce qui m’a fait le plus mal, c’est de démissionner de mon boulot. J’ai vraiment eu le coup de foudre pour l’institution pour personnes handicapées où je travaillais à Lavigny. Je l’ai découverte en effectuant mon service civil et j’ai tout de suite voulu rester. On a une septantaine de résidants, tous avec un parcours de vie différent, mais je les aime tous. C’était un bonheur pour moi d’y aller tous les jours, de les retrouver… Ils suivent tous les matches, tous les articles ! Je les ai amenés à Echallens, à Baulmes, à Lausanne, voir les vestiaires, qu’ils se rendent compte de mon autre travail. Quand on est montés, ils m’ont fait une fête à l’institution, vous vous rendez compte ? J’étais ému, mais d’une force… C’était le bonheur : je me levais le matin pour aller à l’entraînement et l’après-midi j’allais à Lavigny. C’était devenu deux vraies passions. Après, j’ai dû faire des sacrifices : quand le LS s’entraînait deux fois, je prenais un jour de vacances à Lavigny. Mais il faut savoir ce que vous voulez dans la vie. Vous pouvez demander au FC Echallens : je n’ai jamais raté un entraînement. Que je sois remplaçant avec Patrick Muller ou quasiment assuré d’être titulaire avec Julien Marendaz, j’étais toujours là à fond. C’est mon père qui m’a enseigné ça et il avait raison. Maintenant, il faut juste que mon petit frère l’écoute comme moi je l’ai écouté (sourire). Je l’adore, Estefan, mais je l’ai toujours dit : il est plus doué que moi, mais moi, j’ai la volonté de ne rien lâcher, que ce soit sur le terrain ou dans la vie. Là, je pars en Suède dans cet état d’esprit : travailler, prouver ma valeur, et vivre à fond de ma passion. Et si je reviens dans quatre mois, au moins j’aurai essayé.

Categories: Football d'élite

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