16 ans et déjà décisif, Renens prépare son héritage

16 ans et déjà décisif, Renens prépare son héritage

La troupe d’Edin Becirovic survole le championnat de 2e ligue. Un premier tour autoritaire qui répond aux objectifs fixés par le FC Renens. Seul le FC Champagne Sports a su prendre le dessus. Le FC Crissier, à domicile, a également tenu en échec le champion hivernal. Avec un effectif rempli de joyaux, le club de l’Ouest lausannois peut espérer un bel avenir.

Edin Becirovic comptabilise déjà 20 buts à la fin du premier tour en 2e ligue. (Photo: Raul Ferreira)

Entraîneur et joueur, « Becigoal » affole toujours et encore les compteurs. L’entraîneur bosniaque de 37 ans impressionne sur et en dehors des terrains. Il comptabilise déjà 20 buts sur ce premier tour. Pourtant, l’avant-centre ne joue pas tous les matchs. La difficulté d’être entraîneur-joueur, il l’a garde pour les autres : « c’est très simple pour moi, tout ce que j’ai à dire je le dis la semaine aux entraînements. Le match c’est l’accomplissement du travail, il y a des ajustements à faire, mais pas de grands changements puisque cela se travaille durant la semaine. »

Le risque de mélanger les deux rôles est bien souvent de n’en faire aucune des deux de façon optimale, mais là encore, Edin gère les deux combats de façon impressionnante. Qu’il s’agisse des ajustements à faire entre le club et l’équipe première, passant de la planification des terrains aux besoins matériels, des sessions d’entraînements ou encore d’intégrer des jeunes pour préparer la suite du club, le passionné passionne, et bien qu’il ne fasse pas toujours l’unanimité, il est difficile de ne pas lui reconnaître également des qualités évidentes d’attaquant : Meilleur buteur de 2e ligue saison 2015-2016 avec 39 réalisations. 15 buts inscrits en première ligue avec Yverdon Sport, saison 2014-2015, etc etc….. Becirovic et son staff gèrent cette équipe à la perfection, il semble difficile de ne pas lui deviner une fin de saison heureuse !

« Becigoal » ne se fatigue jamais de marquer but sur but. (Photo: Raul Ferreira)

Du haut de ses 37 ans, Edin Becirovic mise également sur les jeunes talents, trois mineurs font part entière du contingent et sont régulièrement titularisés. Il s’agit de Murat Özdemir 17 ans, Benjamin Joao 16 ans et Dani Fernandes qui a également 16 ans.

Nous avons posé quelques questions à Dani, qui comptabilise déjà 6 buts et 20 passes décisives en 2e ligue. Un exploit de taille auquel l’entraîneur n’y est pas pour rien. « Edin est un coach exemplaire, il nous explique tout de façon claire et nous met à l’aise, la cohésion d’équipe est vraiment forte. C’est une personne très sérieuse, il prend le foot très à cœur, en dehors du terrain il est vraiment très gentil, mais il ne se laisse pas marcher dessus pour autant ! Durant le match, il est strict et exige de chacun qu’on soit à 100% qu’on se fasse mal et qu’on progresse, mais il nous donne tout pour réussir.»

L’objectif est clair depuis le départ, c’est la montée, tu réalises ce que cela implique ?

Oui bien sûr, depuis la nouvelle organisation avec Enzo Stretti, l’objectif est clairement de monter, mais on doit bosser et on met tout en œuvre pour réussir. On a connu une défaite face à Champagne 5 à 1, on a analysé le match et appris de nos erreurs. On est reparti la tête haute et motivé comme jamais.

D’être si rapidement intégré à une 2e ligue, est-ce que tu penses pouvoir réellement progresser ou c’est un peu griller les étapes ?

On a 16 ans, on est jeune, pour ma part j’ai vu la différence, je suis passé des juniors B aux actifs, mais je suis un passionné, je regarde beaucoup de matchs et je vois vraiment la difficulté d’intégrer un tel groupe, mais on va vers une progression définie et être prêt mentalement est primordial. Avoir autant de responsabilités d’un coup nous oblige a grandir, même si cela peut sembler bête, mais de devoir venir avec la tenue, de gérer ses affaires, d’avoir des responsabilités et que les autres joueurs comptent aussi sur vous, tout ça, ça nous fait mûrir. Par rapport au foot, ça nous fait évoluer à grande vitesse.

Dani Fernandes, 16 ans terrasse déjà les défenseurs adverses. (Photo: Raul Ferreira)

Tu affiches une maturité remarquable, est-ce que cette intégration rapide chez les actifs en est la raison ?

Non, c’est comme ça depuis que je suis tout petit, dans ma famille on se parle depuis toujours avec beaucoup de respect. Je pense aussi que le passage rapide des juniors B à la 2e ligue m’impose d’être sérieux et conscient que ce n’est pas de la rigolade. Aux entraînements, il y a du monde et c’est du vrai contenu. Alors qu’en juniors, c’est plus léger et l’implication n’est pas la même, il y a toujours des absents. De pouvoir jouer avec un tel groupe, ça nous oblige à se mettre au même niveau et donc, à être sérieux.

Tu es encore en âge de jouer en juniors B, si ton entraîneur t’écarte du groupe pour jouer avec une autre équipe du club, quel serait ta réaction ?

Je prendrais ça comme une opportunité d’apprendre de cette expérience. Si Edin me le demandais, ce ne serait pas pour me rabaisser, mais peut-être parce qu’il n’a pas besoin de moi ou qu’il désire me préserver. Si je ne suis pas sur la liste c’est pour une raison précise et je n’ai pas à discuter cela. Je ne serai ni vexé ni touché, j’ai vraiment envie de progresser, et pour ça, ça implique de toujours se remettre en question.

Quel est le point faible du FC Renens aujourd’hui ?

Le point faible ? Y’en a pas ! (rires)

Et le point fort ?

On est soudé, on se traite avec beaucoup de respect, durant les matchs, on n’est pas chacun pour soi mais toute un groupe uni. Les titulaires, les remplaçants, les supporters, les gens qui participent de près ou de loin, on est qu’un ! C’est notre force !

Porté par son mentor et entraîneur, Dani Fernandes relève le point fort de ce groupe : l’unité. (Photo: Raul Ferreira)

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