Veyron-Venoge ne changera pas de philosophie

Veyron-Venoge ne changera pas de philosophie

Ce n’est un secret pour personne, faire ses armes dans la catégorie d’au-dessus juste après avoir vécu une promotion, ce n’est pas un mince affaire. Veyron-Venoge, promu en 3e ligue à la fin du dernier exercice n’échappe pas à la règle. Avant-dernier de leur groupe, avec seulement 6 points inscrits en 9 matches, les joueurs de Pierre Randin (entraîneur), Fabrice Devantay (assistant) et Stéphane Ducrest (coach) connaissent un premier tour on ne peut plus délicat. C’est, d’ailleurs, avec ce dernier, également président du club, que nous allons faire le point sur la situation de la première équipe, pour comprendre la passe compliquée qu’est en train de vivre ce groupe, à deux petites journées de la fin du premier tour.

Une promotion obtenue à l’usure

La belle aventure «3e ligue» a commencé cet été avec, comme par hasard, la venue du voisin Venoge pour célébrer l’événement. Mais, malgré l’euphorie autour de cette promotion, Stéphane Ducret n’oublie pas les années de disette qui ont précédé cette consécration: «Ça en fait, des années, qu’on avait plus évolué dans une telle catégorie de jeu. Et avant de retrouver la 3e ligue, on a même fait une pige en 5e… c’est dire si ça a été compliqué». Celui qui porte donc à la fois la casquette de président du club et de coach de la «une» reconnaît qu’outre une équipe dotée d’une patience à toutes épreuves, une part de chance a été indispensable à la montée.

«À mon sens, un des grands avantages de cette équipe, c’est qu’elle ne change que très peu saison après saison. C’est ainsi qu’on s’est peu à peu habitué à la 4e ligue, jusqu’à être rodé et pouvoir prétendre jouer les têtes d’affiches. L’année dernière, tous les éléments se sont parfaitement mis bout à bout. On s’appuyait sur un second tour, lors de l’exercice précédent, quasi-parfait. On est parvenu à continuer sur cette même dynamique durant toute la saison, avec ce petit brin de chance qui a fait la différence. Lorsqu’on peut compter sur une équipe au complet à tous les matches et qu’on arrive à marquer ce fameux but dans les arrêts de jeu qui rapporte tant, ça aide, on ne peut pas le nier», commence par expliquer le coach-président.

La roue a tourné…

Avec 6 points sur les 27 à prendre jusqu’ici, on comprend que le passage à l’échelon supérieur se fait dans la douleur à Veyron-Venoge. Et ce petit brin de chance, qui a tout rendu plus facile la saison dernière, a définitivement décidé de leur tourner le dos aujourd’hui. Pour preuve, le score était encore de 1-1, il y a 10 jours, avant que Kristiyan Dimitrov, dans les arrêts de jeu, rapporte la totalité de l’enjeu à Champagne. Rebelote dimanche passé, face à Grandson-Tuileries, alors que les hommes de Pierre Randin, réduits à 10, revenaient à 3-2, juste avant de recevoir le coup de grâce à quelques secondes du terme: «Il faut bien comprendre que l’équipe est encore très jeune, analyse Stéphane Ducrest. Le joueur le plus vieux sur le terrain a 25 ans, les autres entre 18 et 21… Et pour notre défense, c’est vrai qu’il y a une différence importante entre la 3e et la 4e ligue: On passe de changements illimités tout au long du match, à seulement 3 par rencontre. Difficile d’invoquer cela comme excuse, mais c’est une variable qu’on doit apprendre à maîtriser. J’ai aussi l’impression qu’on paie la réussite de l’an dernier. Depuis notre deuxième match, on observe, chaque week-end, entre 5 et 7 blessés. Et ce n’est pas que des petits bobos…».

… ça a aussi ses bons côtés

L’homme fort du FC Veyron-Venoge avouait sans peine que, avant le début de la saison, il redoutait un peu le fait de ne pouvoir aligner que 14 joueurs par match, en disposant d’un effectif de 24, vis-à-vis de l’ambiance dans l’équipe: «J’avais un peu peur que certains joueurs prennent mal le fait de se retrouver sur le banc, voire même pas. Mais l’ambiance dans le groupe a parfaitement tenu le coup. Il faut dire qu’avec tous les blessés qu’on compte à l’heure actuelle, le problème ne se présente même plus…».

FC Veyron-Venoge - FC Pully Football IIA 4-1

«Les pros pour se mettre au niveau de l’adversaire!»

Bien qu’il soit compliqué de se satisfaire de ces deux faméliques victoires, le président tire un bilan un peu plus positif de niveau de jeu proposé par son équipe. Quoique… «On est les pros pour se mettre au niveau de nos adversaires. Ça a du bon, certes, mais pas que… On est allé arracher la victoire contre US Portugaise, ce qui tenait de l’exploit à ce moment du championnat, mais derrière, on a été incapable d’assurer contre des équipes moins bien classées (défaite 4-2 contre la Vallée de Joux, notamment)».

La ligue change, l’équipe reste

S’il y a bien une caractéristique principale propre à ce club, c’est de se revendiquer être une équipe locale. À l’intersaison, suite à la montée, seuls deux joueurs sont partis, et seulement deux autres, pour pallier aux départs, sont arrivés. Ce sont les deux uniques éléments qui n’ont pas été formé au club. Et c’est cette vision «régionale» que prône Stéphane Ducrest: «Je cherche et je chercherai toujours à promouvoir les jeunes issus du mouvement junior. Ce qui fait venir les gens au bord du terrain, c’est de voir leur fils, leurs proches, leurs amis jouer. C’est aussi ce qui nous permet de discuter et de créer des liens entre nous. Il en va de l’identité du club de permettre à ses jeunes d’intégrer les ligues amateurs chez nous».

Les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas

Les points forts et faibles de l’équipe? Le président sourit: «Si on me l’avait demandé la saison passée, je vous aurais répondu exactement l’inverse. L’an dernier, notre secteur offensif était notre véritable force de frappe, ce qui n’est, malheureusement, plus le cas aujourd’hui, même si se sont les mêmes gars sur le terrain. À l’inverse, je me faisais du soucis pour notre arrière-garde. Je pensais qu’on manquait d’un leader, d’un mec de 30 ans qui gère sa défense. Et bien pas du tout, celle-ci se porte vraiment bien en ce moment. Tout ceci est assez paradoxal».

Se jauger – se maintenir – se renforcer

À l’heure où il sera bientôt question de ranger ses crampons pour l’hiver, un premier bilan est à faire: «Le but de ce premier tour est vraiment de se jauger, de voir à quelle place on peut prétendre dans ce championnat et de quoi cette équipe est capable». Un premier bilan qui prendra rapidement place dans plus grand que lui, celui de la saison complète: «On a jeté un œil aux classements des années précédentes de cette ligue. On a remarqué qu’il faut une vingtaine de points pour se maintenir. Si on en obtient trois ou quatre lors de nos deux prochaines sorties, ce qui sera dur, on sera dans la course. Si ce n’est pas le cas, il faudra se retrousser les manches pour le tour suivant».

À plus long terme, Stéphane Ducrest cherchera surtout à trouver un nouveau rôle à la deuxième équipe, pendant que la première tente de faire son nid en 3e ligue: «L’idée est de bâtir une première équipe forte, qui ait sa place dans sa ligue actuelle. Il faudra également savoir ce qu’on veut faire avec la «deux». Ce serait une récompense incroyable d’atteindre la 4e ligue avec ces jeunes. Mais pour cela, il faudra obtenir des résultats sur le terrain, il n’y a pas de miracles».

Une équipe en difficulté, mais motivée

«Après la défaite contre Grandson, je félicitais mes joueurs d’avoir tout donné, peu importe le résultat. Ceux-ci m’ont directement coupé, en me demandant comment je pouvais être fier d’eux, alors qu’un week-end de plus, on revenait sans point. Cette anecdote résume parfaitement l’état d’esprit de nos joueurs. Ils sont réalistes, ils savent que tout n’est pas rose, loin de là, mais ils sont motivés à tout donner et à se battre pour figurer en-dessus de la barre au printemps prochain. Et il n’y a que comme ça qu’on y arrivera».

S’il ne fait aucun doute que le cœur y est dans cette équipe, celle-ci devra prouver qu’en plus d’être accrocheuse, elle sait aussi engranger des points. Et ça commence dès samedi, à domicile, contre La Sarraz-Eclépens II. Un match à ne pas perdre, déjà, mais qui pourrait permettre aux jeunes joueurs de l’entraîneur Pierre Randin de passer l’hiver un peu plus au chaud. Et pour son dernier match de l’année, le FC Veyron-Venoge se déplacera, le samedi suivant, à Payerne pour affronter Iliria, actuel 2e, pour montrer que son aptitude à se mettre au niveau de son adversaire vaut aussi contre les cadors du championnat.

Un article rédigé par Florian Vaney

FC Veyron-Venoge - FC Pully Football IIA 4-1

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