La Vallée de Joux va aux devants d’une nouvelle bataille

La Vallée de Joux va aux devants d’une nouvelle bataille

L’an dernier, il avait fallu attendre la dernière journée pour que le groupe 3 de 3e ligue livre toutes ses surprises. En haut, Venoge avait alors arraché la première place des mains de Champagne à la 95e, au terme d’un match rocambolesque. En bas, La Vallée de Joux avait dominé la II de Champvent 5-1, coulant les Nord-Vaudois sous la barre et sauvant, du même coup, sa place en 3e ligue. Si ce sauvetage in extremis a donné des ailes et un nouveau souffle au club du Sentier? On avait vraiment envie d’y croire mais, six mois plus tard, force est de constater que la situation est toujours aussi délicate. Le FCVJ s’apprête à passer tout l’hiver (et Dieu sait qu’il est long au pied des montagnes, à 1000 mètres d’altitude) sous la barre. Et ce n’est clairement pas cette huitième défaite, face à Yverdon Sport FC II, qui est venue améliorer le lourd bilan d’un premier tour complètement manqué sur le plan comptable.

Pas de matches amicaux, pas de préparation

Première chose, et non des moindres: Bill Muirhead, le sympathique président de La Vallée, avait décidé de se séparer de son entraîneur après… une semaine de compétition. Ricardo Pessoa, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a donc passé à peine plus d’une demi-saison à la barre de la première équipe. «Il n’a pas organisé un seul match amical durant la pause estivale, il était absent… Ça a sans doute été la pire préparation possible, et cela nous a coûté toute la première partie de ce premier tour. Il a fallu se remettre au niveau, dans le bon rythme, cela a nécessité du temps», expliquait Bill Muirhead.

Quatre défaites par un but d’écart

«On ne peut pas se le cacher, ce premier tour a été une vraie galère pour nous, poursuit le boss du FCVJ. Une fois ce souci réglé, je dois dire que je nous ai trouvé plutôt bons sur le terrain, mais il nous a toujours manqué pas grand-chose, souvent juste un but, pour faire toute la différence». Sur ses huit défaites jusque-là, l’équipe coachée par Basile Bianchi et son président en a concédé quatre par un petit but d’écart. Une vraie frustration, lorsqu’on cumule seulement sept points en onze rencontres.

Un dernier combat avant… quatre mois et demi de pause

Et, pourtant, le regain de forme des Combiers s’est bel et bien traduit au niveau comptable. Avant d’en découdre avec Yverdon, ils restaient sur une victoire très importante, face à l’US Portugaise, un adversaire direct pour le maintien, et un nul, également bon à prendre contre Chavornay, lors de leurs deux dernières sorties. «Je vous le dis, on pratique un bon football, on n’est pas loin des autres, vraiment», appuie Bill Muirhead. Reste que ces résultats prometteurs devaient être confirmés ce jeudi soir au Stade Municipal. Avec un point, au moins, Patrick Spadafora et ses coéquipiers auraient pu partir en vacances sur une dynamique positive, préparer les matches retours dans les meilleures conditions et, surtout, vraisemblablement, au-dessus de la barre.

Yverdon II était plus fort dès la première seconde

Le suspense a duré 23 minutes, et encore. C’est en effet le temps qu’il a fallu à Velidzan Sakirov pour ouvrir le score, pas celui dont ont eu besoin les Yverdonnois pour prendre l’ascendant sur leurs adversaires. La pression instaurée par les locaux sur le portier Miguel Marques a été instantanée et constante, et tenir plus de vingt minutes était déjà un petit exploit en soi pour La Vallée de Joux, qui n’avait pas vraiment les armes pour riposter face à une très jolie formation d’Yverdon. «Et en plus, il nous manquait trois milieux de terrain. Autant dire que cela a été compliqué d’exister dans ce secteur de jeu. Enchaîner sur notre lancée, d’accord! Mais, dans ces conditions, comment?», soupirait Bill Muirhead.

L’état d’esprit n’a pas suffi, l’écart était trop grand

En faisant parler l’état d’esprit? Les Combiers ont bien essayé, s’offrant deux ou trois belles possibilités à l’envie, «en piochant», si l’on peut se permettre d’emprunter ce terme au hockey sur glace. Et, c’est à souligner, malgré un score déficitaire, La Vallée n’a jamais baissé les bras et a toujours entrepris d’aller, au moins une fois, faire trembler les filets adverses. Mais l’écart entre le 4e du groupe, même dans une moins bonne phase, et le 11e, même dans une spirale positive, était trop grand, et ce d’autant plus lorsque le très bon Nehemie Lusuena  inscrivait le 2-0 sur un très joli numéro (50e). Le 3-0, signé Flavio Da Silva, en fin de match (87e), donnait une allure un peu plus sévère, mais pas totalement illogique, au score. Dans tous les cas, ce n’est pas sur ce match que le FCVJ peut éprouver des regrets quant à son premier tour passablement raté.

Yverdon II devra patienter une année

Un mot, tout de même, sur la deuxième équipe d’Yverdon Sport, qui l’a très largement mérité. YSII a pris trop de retard pour se mêler à la lutte pour les finales aux côtés de Champagne et Renens? C’est très probable. Une défaite face à Chavornay, une autre contre la II de La Sarraz-Eclépens et tout est allé très vite. Il faut dire que le duo de tête n’a pas vraiment le profil à faire des cadeaux et à laisser passer les occasions de prendre le large. Toujours est-il que, quelque soit le résultat final, une saison de transition en 3e ligue ne pourra qu’être bénéfique à cette équipe. Le potentiel? Il est là et ne demande qu’à se développer. L’état d’esprit? Il l’est aussi. À moyen terme, la 2e ligue n’est de loin pas une ambition inaccessible et ce groupe, c’est sûr, à les capacités d’y accéder. Ce soir, toutefois, on a également pu remarquer, par moment, ce qui limite encore un peu cette équipe, à commencer par une certaine précipitation, ou imprécisionm dans le dernier geste. Peu d’inquiétude, cela se corrige et, dans cette optique, le temps semble plutôt être un allié pour cette jeune formation, qui terminera son premier tour dimanche prochain (13 novembre), face à l’US Portugaise.

Une génération de juniors B qui détient beaucoup d’espoir

C’est aussi dans la jeunesse que La Vallée de Joux porte ses espoirs, mais plutôt dans celle des générations futures, qui commencent à voir le jour depuis l’arrivée de Bill Muirhead à la tête du club du Sentier. On l’a déjà écrit, les chantiers entrepris par le président sont nombreux, et la création d’un mouvement juniors pérenne en est un des principaux. «Ça avance, mais cela va prendre du temps, beaucoup de temps… Par contre, un gros motif d’espoir concerne nos juniors B, une génération vraiment très prometteuse. On va essayer de les «protéger» encore une année ou deux avant de penser à les incorporer avec la première équipe. Mais, derrière eux, le trou est grand jusqu’aux juniors E», conclut le boss du FCVJ.

«Cette fois, les matches amicaux sont déjà agendés»

Pour ce qui est de cette saison, par contre, la I ne pourra compter que sur elle-même, avec, éventuellement, une ou deux recrues hivernales, pour s’en sortir. La bataille pour le maintien commencera le 18 mars prochain par un déplacement à La Sarraz. Il faudra être fort, car La Vallée n’est de loin pas la seule formation prête à prendre les armes pour se sauver. La seule certitude, c’est qu’au mois de juin, deux équipes seront reléguées. «Mais cette fois, au moins, les matches amicaux sont déjà agendés dans notre préparation», sourit Bill Muirhead.

Un compte-rendu de Florian Vaney

Categories: 3e ligue

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