En quête de perfection

En quête de perfection

Himë Berisha est un coach respecté au Bois-Gentil et un modèle pour nombre de ses joueurs. En quinze mois sur le banc de la première équipe, il a déjà donné une identité indéniable à l’ES Malley. Son message? Aimer le football jusqu’à vouloir corriger la moindre petite imperfection, respecter l’adversaire… et l’arbitre. Si bien que, lorsque celui-ci a sorti un carton jaune à Mourad Boutafenouchet (86e), le seul de la partie qui opposait les Lausannois à Saint-Sulpice, le charismatique entraîneur s’est levé de son banc, s’est avancé et a applaudi, repris dans la foulée par l’ensemble de son banc. « Et ben quoi? Sa décision était juste, non? », sourit le technicien. Non content de dynamiter tous leurs adversaires sur le terrain, les Stelliens sont également l’équipe la plus fair-play de 3e ligue. Il suffit d’être au bord du terrain et d’apercevoir Himë Berisha monter dans les tours à chaque faute de ses protégés pour comprendre que ce n’est pas un simple titre honorifique. Gagner, oui, mais avec la manière, s’il vous plaît.

Avant le résultat, la manière

Un respect de l’adversaire qui fait toute la différence, tant Malley est, à très peu d’exceptions près, largement au-dessus de l’opposition qui lui est proposée chaque week-end. On n’hésite pas à l’affirmer: si le club du Bois-Gentil voulait remporter tous ses matches 10-0, on est à peu près sûr qu’il le pourrait. Sauf qu’il profite de chaque partie pour s’améliorer, redoubler les passes toujours plus rapidement et gagner en contrôle de soi. Une quête de la perfection dont le coach a fait son maître-mot: « Parfois, je me dis que je leur en demande peut-être un peu trop, mais je suis comme ça, c’est mon idée du football. Après une rencontre, je ne leur reparle jamais du résultat. On revient sur ce qu’il s’est bien passé, on corrige ce qui peut être amélioré, et ça s’arrête là. D’ailleurs, on me demande souvent pourquoi je ne fais pas exprès de perdre un match, histoire d’habituer l’équipe à la défaite, si cela devait nous arriver. Je trouve ça ridicule. C’est juste à l’encontre de tous mes principes. »

Encore plus fort dans l’adversité

Car Malley, il est bon de le rappeler, s’est imposé lors des 21 rencontres qu’il a disputé cette saison. « Mais il n’y a pas eu une confrontation facile, tempère le boss de la « une », y compris ce soir. On est dans la peau de l’équipe à faire tomber, tout le monde veut nous battre et c’est bien normal. On a réalisé notre meilleure performance face à Chêne Aubonne, en Coupe, il y a dix jours. Forcément, lorsque l’adversité augmente, les joueurs en font encore un peu plus. Car, ce n’est un secret pour personne, on peut viser plus haut que la 3e ligue. » Si cela veut dire que le leader du groupe 1 sera encore plus fort lors des finales de promotion et dans le dernier carré de la Coupe vaudoise? Ça y ressemble fortement, oui.

Deux groupes de quatre équipes pour les finales, comme la saison dernière

A ce sujet, l’intouchable Malley bénéficie d’un petit coup de pouce, dont on n’est pas certain qu’il avait vraiment besoin, d’ailleurs. S’il s’est longtemps dit que le format des finales de troisième ligue suivrait le principe de confrontations aller-retour entre le premier d’un groupe et le deuxième d’un autre, il a finalement été décidé que les choses ne bougeraient pas. A l’image de ce qu’il a été fait la saison dernière, il y aura donc deux groupes de quatre équipes, avec, normalement, deux promus par groupe. Ce qui constitue, évidemment, une très bonne nouvelle pour les grands favoris à la montée, dont fait partie l’ES Malley, qui réduisent drastiquement les chances de se faire surprendre sur un moment d’égarement.

Kevin Mbengani fait passer le ballon où il veut

Quoi qu’il en soit, et même si l’on prend cette fin de saison avec des pincettes du côté du Bois-Gentil, les Stelliens ont les armes pour accrocher la montée sans trop souffrir, a priori. L’effectif, monté de toutes pièces par Himë Berisha, composé à la fois de jeune du club et de piliers qui font tenir le tout à merveille, est impressionnant à voir jouer, à commencer par Kevin Mbengani. Ce n’est pas s’enflammer que de dire que l’ailier gauche fait passer le ballon absolument où il veut, à tel point qu’il en devient même parfois un peu trop facile. Pas une seule balle transitant par le Parisien ne se transforme pas en occasion de but dans la foulée. Face à Saint-Sulpice, il s’est contenté d’un petit but, mais a délivré un nombre de caviars hallucinant, dont le plus impressionnant pour le 5-0, où l’attaquant de 25 ans a fait mine de regarder derrière lui avant d’envoyer une ouverture millimétrée en profondeur pour Daniele Kilinc, jeune et talentueux buteur formé au club, qui n’avait plus un seul adversaire à quinze mètres à la ronde. Une réussite qui symbolise le mélange parfait au sein d’une équipe qui a de très beaux jours devant elle.

Patron de la défense, Toumi Trabelsi n’a rien perdu de son sens du but

Impressionnante, la troupe d’Himë Berisha ne l’est pas seulement devant. Derrière, elle peut compter sur des jeunes qui poussent pour se faire leur place, encadrés par l’immense Toumi Trabelsi, patron d’une défense qu’il dirige avec calme et expérience. D’ailleurs, son coach lui a accordé dix minutes pour se faire plaisir, vendredi soir. Aujourd’hui défenseur central, le capitaine est un ancien attaquant qui n’a pas perdu le sens du but. Alors, lorsque son entraîneur lui a gentiment demandé de laisser la place aux jeunes derrière et de rejoindre les avant-postes, l’homme s’est exécuté. Trente secondes plus tard, à peine, il envoyait un plomb sous la latte son premier ballon (6-0, 83e). Facile.

Saint-Sulpice peut croire en son maintien

Un mot, pour terminer, sur Saint-Sulpice, qui n’a pas démérité. On s’attendait à voir le score évoluer en sa défaveur bien plus rapidement que ça et, force est de constater que les visiteurs ont plutôt bien tenu le choc. Ce n’est clairement pas sur ce match que les hommes de Dominique Walser doivent avoir des regrets, tant personne, ou presque, n’est en mesure de faire trembler Malley à ce niveau. Ceux-ci ont, d’ailleurs, sauvé l’honneur de manière assez fantastique, grâce à une volée de Daniel Souta qui s’est envolée dans la lucarne (6-1, 85e). Lionel Jové et ses coéquipiers ne méritaient pas de repartir du Bois-Gentil sans ce but qui est très justement venu récompenser leurs efforts. On ignore si l’actuel avant-dernier de ce groupe 1 sera capable de sauver sa place en 3e ligue mais, sur ce qu’il a montré face au leader incontesté, il y a clairement moyen d’y croire. Saint-Sulpice doit, toutefois, composer avec la blessure du très bon Mickaël Peixoto, ce qui n’arrange rien à sa situation. Motif d’espoir non négligeable, l’équipe du bord du lac en a fini avec les « gros », puisqu’elle a déjà affronté Malley (1er), Gingins (2e), Italia Nyon (3e), Ecublens (4e) et Turc Lausanne (6e) ce tour-ci. Le coup semble donc tout à fait jouable pour le FCSS, sachant qu’il compte le même nombre de points que Gimel-Bière, premier non relégable.

Categories: 3e ligue

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