Pully bat La Sallaz et s’installe sur la barre

Pully bat La Sallaz et s’installe sur la barre

Comme chaque saison ou presque depuis une dizaine d’années, la 2e ligue pourra compter le Pully Football parmi ses favoris. Distancés dans la dernière ligne droite durant le précédant championnat, les Pulliérans ont une revanche à prendre, dans un groupe sans véritables favoris et encore un peu plus homogène que celui de l’an dernier. Toujours invaincus, les hommes de Mario D’Alessandro ont confirmé leur bonne forme dimanche après-midi, en prenant la mesure du FC La Sallaz. Une rencontre, disputée sur le synthétique aux dimensions réduites de La Rochettaz à cause des conditions météorologiques délicates de ces derniers jours, face à un néo-promu qui ne cesse de surprendre en ce début d’exercice, qui s’apparentait fortement à un match piège. Et, sans un très bon Hervé Rickli, toujours aussi fort du haut de ses 36 printemps, les locaux auraient bien pu tomber dedans.

Yannick Favre ouvre le score après… 19 secondes!

En fait, l’attaquant de pointe n’a eu besoin que d’une dizaine de secondes pour démontrer que le temps ne l’affectait qu’à moitié et qu’il serait, cette année encore, parmi les premiers noms de la liste des buteurs de 2e ligue. Un pressing très haut dès l’engagement, une récupération aux abords de la surface, une accélération et un centre au sol parfait pour servir Yannick Favre, seul au point de penalty. Hervé Rickli avait fait tout juste et son capitaine, dont le plat du pied faisait trembler les filets après… 19 secondes seulement, aussi.

La Sallaz a eu besoin de vingt minutes pour entrer dans le match

Là où Rickli a été vraiment fort? Il a su appuyer au bon moment là où ça fait mal! Ainsi, La Sallaz, passé totalement à côté de ses vingt premières minutes, a dû faire face en permanence à un joueur qui le rappelait à ses mauvais souvenirs de la première minute de jeu. «Ces vingt minutes, c’est le reflet de ce qu’on a fait à l’entraînement toute cette semaine. On n’était pas réveillés, on aurait parfaitement pu en prendre trois», admettait même Michael Pacella. Alors que le boss lausannois cherchait déjà des solutions pour permettre à ses hommes d’entrer dans la partie, le buteur ne faisait que lui ajouter de nouveaux problèmes sur le dos, lui qui aurait parfaitement pu ouvrir son compteur durant ce laps de temps ou ajouter une nouvelle passe décisive à ses statistiques, si son centre tendu côté gauche, alors que l’arrière-garde visiteuse semblait dépassée, avait trouvé preneur.

De la jouerie, certes, mais souvent loin des buts d’Antony Russo

Mohamed Awes et ses coéquipiers ont, malgré tout, pu laisser passer l’orage sans trop de dégâts, avant de pouvoir, enfin, recommencer à pratiquer le football qu’ils connaissent. Pas trop dépaysés par le synthétique dont ils ont l’habitude, ceux-ci n’ont jamais rechigné à faire tourner le ballon et à chercher des solutions par le jeu, mais ont souvent manqué d’inspiration dans les derniers mètres, au moment d’aller inquiéter Antony Russo. «Si on regarde au niveau des occasions franches, d’accord, Pully est devant. Et puis, ses buteurs ont su faire la différence, comme souvent. Mais, à mon sens, on était au-dessus dans le jeu. On a essayé de développer notre jouerie, d’être dangereux grâce à des combinaisons, mais cela n’a pas payé aujourd’hui. Les gars sont encore jeunes, ils doivent apprendre. Je ne me fais pas de souci, cette tactique portera ses fruits tôt ou tard», continuait Michael Pacella. Avec 12 points glanés en six matches, ses joueurs se sont, en tout cas, donnés le droit, ô combien mérité, de progresser sans trop avoir à se soucier du classement.

Alison Mafuala et Fabien Wicht ont concocté une magnifique égalisation

Toujours est-il que cela a donné quelques très jolies séquences de jeu, à commencer par l’égalisation. Un formidable travail d’Alison Mafuala pour conserver le ballon à l’orée de la surface, beaucoup de lucidité pour servir Fabien Wicht derrière lui, une frappe très pure qui laissait le dernier rempart pulliéran sans voix, et les compteurs étaient remis à zéro (62e). Dégager un favori à ce moment-là du match? Impossible, tout simplement.

Le duo Rickli-Schwyn a encore fait parler la poudre

Yamah Feroghi a eu la balle de match au bout du pied, côté visiteurs, mais c’est bel et bien Hervé Rickli qui a frappé le dernier. Le numéro 7 a profité d’un excellent travail d’Anthony Schwyn, qui a éliminé son vis-à-vis côté gauche avant de trouver son coéquipier, seul au point de penalty. En inscrivant sa cinquième réussite de l’exercice, ce diable de Hervé Rickli avait de quoi sauter dans les bras de son coach. «Le terrain de foot, c’est de là où on vient tous, où tout le monde a passé ses plus belles heures étant gamin. Aujourd’hui, ça, c’est Mario qui me l’a rappelé», expliquait le meilleur buteur de l’équipe. Après avoir démoli quasiment à lui seul Sport Lausanne Benfica, il y a trois semaines, notamment, le duo Rickli-Schwyn a, une nouvelle fois, prouvé qu’il avait encore de beaux jours devant lui.

Pully envoie du lourd à tous les étages

Et si cette défaite, forcément, ne fait pas plaisir à grand monde dans les rangs lausannois, La Sallaz perdant du même coup sa place au-dessus de la barre, il faut bien avouer qu’elle ne tombe pas de nulle part. Pully possède l’expérience de son côté, une vertu que les jeunes loups de Grand-Vennes devront apprendre à récolter, et surtout des joueurs de grande qualité dans toutes les lignes. La charnière centrale Aleksandar Petrovic – Adrien Gulfo risque bien de barrer le passage à bon nombre d’attaquants cette saison. Et si Pully tient la meilleure défense du championnat à l’heure actuelle (cinq goals en six matches), ces deux-là n’y sont pas totalement étrangers. Avec, juste devant eux, des joueurs comme Matteo Caregnato et Yannick Favre, sans parler du secteur offensif bien fourni et toujours tellement efficace, Pully Football a vraiment de quoi voir venir cette saison.

Un championnat plus que jamais ouvert

De quoi viser une place de finaliste? Hervé Rickli s’en méfie: «On a parlé un peu trop vite trop fort la saison dernière, moi le premier. On va éviter de commettre la même erreur, même si, c’est indéniable, il y a de la qualité dans ce groupe. À mon sens, notre championnat est très équilibré, dans le haut du tableau comme autour de la barre du bas. Il y a Montreux, c’est vrai, mais qui pour la seconde place? C’est très difficile à dire. Concordia, qui luttait avec nous la saison dernière, est à la peine, et le LUC, que j’ai trouvé très fort il y a dix jours lorsqu’on les a joué, n’a que six points. Il faudra attendre avant d’y voir plus clair. On ne va pas se voir trop beau parce qu’on a déjà 14 points. Il y a une année, on avait gagné nos quatre premiers matches et battu Val-Bal, avant de faiblir en fin de championnat. On sait ce qu’on a à faire. Tout est plus que jamais ouvert».

Toujours une place pour les jeunes

«La question reste de savoir comment on va réagir lorsque certains seront absents, poursuit l’homme aux plusieurs dizaines de buts en 1re ligue. Pour l’instant, tout va bien, l’ambiance dans l’équipe est géniale et les résultats suivent. Maintenant, il faudra observer comment l’effectif fera face à des éventuelles blessures. En incluant chaque saison un ou deux juniors dans l’équipe, on se donne aussi plus de possibilités de ce côté-là. Et puis, franchement, ces jeunes sont super. Ils nous poussent, nous les plus vieux, à nous bouger, à faire plus. Ce sont des gars qui, plus tard, joueront plus haut, je n’en ai aucun doute».

Luca Pucci, Hugo D’Aquino et Flavio Saldini, notamment, ont rejoint le contingent de la première équipe ces deux dernières saisons, et les trois ont confirmé, aujourd’hui, la raison pour laquelle Mario D’Alessandro leur a accordé sa confiance. Lorsqu’on les voit jouer, on comprend mieux le sens de «lutter pour obtenir sa place sur le terrain».

Un compte-rendu de Florian Vaney

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