Parti au Canada pour pratiquer le… football !

Parti au Canada pour pratiquer le… football !

Il y a de ceux qui suivent le cursus normal en vue de tenter d’accéder au monde du football professionnel et d’autres qui font comme personne et effectue le grand saut au-dessus de l’Océan Atlantique… C’est le cas du jeune Brandon Onkony. A 16 ans, il décide de suivre sa mère pour le Canada et tente de percer chez les pros dans les ligues Nord-américaines. Après bientôt quatre ans d’équipes juniors et réserves, il toque doucement à la porte de la Major League Soccer avec le FC Toronto. Rencontre avec un garçon qui garde la tête sur les épaules.

Salut Brandon, désolé de t’avoir réveillé (dur de calculer le décalage horaire parfois), mais nous aimerions savoir qui es-tu ?

Salut, je suis né le 2 décembre 1997 à Montreux, lieu où j’ai grandi. J’ai fait ma scolarité et une partie de ma formation sur la Riviera. Au niveau du football, j’ai commencé dans le club de La Tour-de-Peilz. Ensuite, on m’a intégré avec la Team Riviera avec les M13, M14 et M15 avant de rejoindre le Team Vaud en M16. J’ai ensuite rejoint les B Inter de Montreux avant de partir.

Effectivement, tu es parti au Canada, comment ça se fait ?

Je voulais découvrir un football différent de celui pratiqué en Suisse. En 2014 ma mère s’est remariée et a voulu s’installer au Canada. Elle m’a laissé le choix du lieu où je voulais vivre. De ce fait, j’ai décidé de faire les démarches au niveau du foot canadien afin d’évaluer le niveau des équipes qui évoluaient en Major League Soccer (ndlr : équivalent de la Super League en Amérique du Nord). J’ai donc contacté l’Impact de Montréal (ndlr : sa famille partait à Toronto). Les premiers contacts ont été intéressants. J’ai donc décidé de suivre ma mère et me lancer dans l’inconnu.

Peux-tu me donner plus de détails sur ton intégration au Canada ?

Ce n’est jamais évident de changer de pays. Les gens ont une autre mentalité. Ils pensent différemment. Mais le plus difficile au début était le fait que je ne parlais pas anglais. C’était un grand handicap.

(Crédit photo Impact Montréal)

Et alors comment te sens-tu dans Le Grand Nord Blanc au niveau footballistique ?

Dès que je suis arrivé à Montréal, j’ai tout de suite pris mes marques. Je me suis senti très à l’aise. Les entraîneurs voyaient du potentiel en moi, mais ils restaient très exigeants. J’ai intégré l’Impact et son équipe des M18 après un essai concluant. Six mois plus tard j’ai signé un contrat stagiaire d’un an. J’ai été invité à quelques reprises à m’entrainer avec le groupe pro. Durant cette période, j’ai pu côtoyer de grands joueurs comme, par exemple, Didier Drogba, mais il y en avait d’autres.

A la suite de la disparition de l’équipe réserve de Montréal, tu te retrouves sans club. Mais tu as la chance d’en retrouver un rapidement.

Oui. J’ai décidé de contacter le FC Toronto en janvier 2016. Après des discussions, j’ai intégré la réserve le 1er avril et j’ai signé un contrat professionnel d’un an avec option (ndlr : option pas encore activée).

Changer de club et d’environnement n’est jamais facile ?

Non, par forcément. J’ai réussi à m’endurcir à Montréal. Et quand je suis arrivé à Toronto j’étais plus sûr de moi et de mes forces. Ces qualités ont renforcé ma confiance pour le futur. Cependant, je sais qu’il me reste énormément de travail.

Pourquoi avoir choisi Toronto ?

C’était le choix le plus fiable pour moi. Tout d’abord la ville a un club qui se porte très bien chez les pros. C’est actuellement la meilleure équipe de MLS (ndlr : double tenante du titre). Cela me permettait également de retrouver la famille que j’avais laissée en signant à Montréal. Finalement après mon essai, j’ai senti que le club voulait vraiment travailler avec moi. Ils m’ont envoyé beaucoup de signes positifs.

(Crédit photo Toronto FC)

Et depuis ta signature, tu joues avec la réserve ?

Effectivement. J’évolue régulièrement avec l’équipe réserve en United Soccer League (ndlr : l’équivalent de la Challenge League en Amérique du Nord).

Et quels sont tes objectifs à court terme ?

J’aimerais tout d’abord progresser chaque jour à l’entraînement et enchaîner les matches avec l’équipe réserve. Avec cette dernière j’apprends déjà beaucoup. Ensuite, si tout se passe bien, je voudrais signer un contrat de longue durée avec l’équipe première de Toronto. J’adore cette ville je m’y sens vraiment bien. Avec le club c’est pareil. En plus, je m’intègre parfaitement au système de jeu en 3-5-2.

Pourquoi ce système te convient ?

Je suis un joueur qui aime sortir proprement de l’arrière. Avec le système à trois défenseurs c’est idéal. Il y a des zones du terrain où l’on se retrouve souvent en supériorité numérique ce qui facilite les transmissions. Je peux aussi me projeter un peu plus en avant et donner un bon ballon qui pourrait briser une ou deux lignes défensives. Et tout ça sans me préoccuper de la défense car les deux centraux me couvrent.

Peux-tu parler du niveau et des caractéristiques du championnat nord-américain ?

Les Européens ont beaucoup de mauvais préjugés. Le niveau est globalement bon ici. C’est effectivement une ligue très physique, mais il y a d’excellents joueurs qui sont très techniques. La grosse différence entre l’Europe et l’Amérique du Nord réside dans les voyages. Ici tu déplaces en avion pour affronter certaines équipes. Des « petits » voyages qui durent 3-4 jours. Le climat rentre également en compte. Par exemple, si tu joues à Dallas ou à Houston, il peut faire jusqu’à 35-40 degrés. Et, selon le lieu, le fuseau horaire change. Ainsi, le sommeil et l’hydratation deviennent très importants.

(Crédit photo Toronto FC)

Tu es pour l’instant encore jeune (ndlr : 20 ans en décembre), mais as-tu déjà pensé à l’Equipe nationale ?

Non pas vraiment. Je suis sélectionnable avec l’équipe de Suisse et celle du Congo. Mais ce n’est pas encore entré en compte. Je me concentre d’abord sur mon football ici à Toronto. J’essaie de contrôler ce que je peux, c’est-à-dire m’exprimer sur le terrain en étant bon. Ensuite ce qui arrivera, arrivera. Et si je suis appelé, je serais très fier. Ce serait un rêve qui se réalise.

En plus, il y a Blerim Dzemaili qui est ton « voisin » ? L’as-tu déjà affronté ? Il pourrait peut-être te donner des bons tuyaux, lui qui est dans les bons papiers de Vladimir Petkovic  ?

Non, j’ai, malheureusement, quitté Montréal avant qu’il arrive. J’espère l’affronter prochainement. Et j’ai vu que, malgré le fait qu’il ait rejoint la MLS, il est encore sélectionné par l’entraîneur suisse. Cela prouve qu’il (ndlr: Vladimir Petkovic) reste attentif à ce qui se passe en Amérique du Nord.

A part le football, qui te prend énormément de temps, que fais-tu ?

Je suis au collège (ndlr : équivalent du gymnase suisse) en design/architecture. A côté, le football occupe une très grande partie de ma vie. Je suis casanier et j’en profite pour analyser mes matches ou regarder des rencontres de haut niveau pour voir le placement des défenseurs centraux. Et bien sûr il y a la PS4 et Fifa 17 (rires).

(Crédit photo: Toronto FC)

Et pour nos lecteurs, qui te découvrent sûrement, comment te décrirais-tu ?

Ce n’est pas facile à répondre, mais je peux dire que je suis une personne joyeuse. J’adore blaguer et rigoler. Je pourrais me décrire comme quelqu’un d’humble. Je sais d’où je viens et que la route sera très longue.

Regrettes-tu ton choix de partir au Canada ?

Non pas tout. Je suis épanoui ici et je prends beaucoup de plaisir. C’est l’essentiel. Si je reviendrais en Suisse ? Je ne sais pas mais, en football tout va très vite. La porte sera toujours ouverte.

Et finalement, quelle(s) équipe(s) supportes-tu en Suisse ?

Je suis évidemment attentif aux résultats de Lausanne. Sinon j’aime beaucoup Young-Boys et Bâle. Ce sont de très bonnes équipes, même au niveau européen.

Merci d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. A bientôt pour une interview lors de ton premier match en Major League Soccer!

Propos recueillis par Jeremy Damon

 

 

 

Categories: Interviews, Portraits

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