«On était conscient du risque qu’on prenait»

«On était conscient du risque qu’on prenait»

Fernando Gageiro, le charismatique entraîneur du FC Crans, est très satisfait de la bonne série de son équipe, qui vient d’aller gagner à Gland et d’accrocher Forward. Les Corbeaux sont toujours derniers, à deux journées de la fin du premier tour, mais leur entraîneur est convaincu du sauvetage. Il espère faire venir un ou deux joueurs à la trêve, mais de manière très ciblée.

 

Coach, le FC Crans est enfin entré dans sa saison!

Non, ne le dites pas comme ça, s’il-vous-plait.

Comment on le dit, alors?

Nous avons presque toujours bien joué depuis le début de la saison, souvent mieux que nos adversaires. Vous savez, on était conscient du risque qu’on prenait en faisant jouer tous ces jeunes-là. C’était un risque assumé et aujourd’hui, je ferais exactement la même chose.

C’est vrai, vous nous aviez dit en début de saison que le but était de repartir sur un nouveau cycle (lire ici). Mais tout de même, vous ne pensiez pas devoir attendre aussi longtemps pour gagner un match, si?

Bien sûr qu’on espérait faire mieux. La seule chose qui n’était pas prévue, c’est le fait que beaucoup de mes cadres se sont blessés. Florent Bajulaz, Oussama Talal, Edgar Silva… Ils se sont tous fait mal à un moment donné et nous ont manqué. Leur rôle était clair: encadrer les jeunes et amener l’expérience qui est indispensable en 2e ligue. Sans eux, c’était difficile. On a aligné des équipes avec 8 ou 9 joueurs de moins de 20 ans! C’est la philosophie, c’est bien, mais il nous a manqué l’expérience.

Lors des trois derniers matches, vous avez battu Gland très nettement (2-5), puis vous êtes qualifiés en Coupe vaudoise à Azzurri Yverdon avant d’accrocher Forward (2-2). Qu’est-ce qui a changé?

Le retour des joueurs dont je vous parlais. Tout d’un coup, on a eu de l’expérience en plus. Et comme les gamins progressent, on commence à allier le jeu à l’efficacité. Nos jeunes sont vraiment bien, ils ont le niveau, mais il faut leur laisser un peu de temps. Tiens, Quentin Hornung, par exemple…

Oui?

C’est un joueur qui me plaît beaucoup, que j’ai installé en numéro 10 avec beaucoup de responsabilités. Et il a des qualités, croyez-moi! Mais peut-être qu’il a eu un peu trop de poids sur les épaules quand il devait être un leader. Je l’ai alors décalé sur le côté, les vieux ont pris un peu de la pression qu’il se mettait et il est encore plus fort. C’est ce mélange-là qui manquait et que l’on a trouvé aujourd’hui.

Vous êtes à quatre points de la barre…

On peut le faire. On va se sauver. On n’est inférieurs à personne.

Vous allez faire comme Aubonne l’hiver dernier, trouver le moyen de faire venir des joueurs de niveau supérieur?

Non. Il y aura une ou deux arrivées, c’est sûr, mais l’équipe ne va pas changer de visage.

Vous n’allez pas demander une petite rallonge au comité?

Quelle rallonge? C’est moi qui vais prendre un coup de rallonge, mais en plastique (rires)! Non, non, il y a des joueurs qui ont envie de venir chez nous, même si on est derniers. L’argent, c’est zéro chez nous. S’il y a un petit quelque chose, je préfère de toute façon mettre dans un pot commun pour un voyage d’équipe, une bouffe… Là, je sais que les joueurs organisent une sortie pour aller voir jouer le LHC cet hiver. Vous voyez les moyens qu’on met (rires)! Alors oui, on va renforcer l’équipe, mais de manière très ciblée, à un ou deux postes où on a besoin.

Pas plus?

Non, je veux être cohérent avec le projet et en plus, j’y crois profondément. Cet été, on a tous dit: on va avec les jeunes, avec quelques vieux. On savait qu’on n’allait pas monter, hein! Je vous l’ai dit, vous l’aviez écrit, le but était de se maintenir pour avoir une équipe très forte dans les années à venir. Là, on est dans le dur, mais on continue. Ce qui ne veut pas dire qu’on va se regarder couler. Comme je vous l’ai dit, il y aura une ou deux arrivées de joueurs qui vont nous amener un plus.

Samedi, vous allez à Montreux…

Et c’est possible de ramener quelque chose. On vient de faire match nul contre Forward. On va là-bas pour les mettre en difficulté.

Et le week-end d’après, vous recevez Bursins-Rolle-Perroy, qui a le même nombre de points que vous!

Jolie dernière journée, hein? Ca va être un bon match, où il va falloir garder ses nerfs. Je suis convaincu qu’on est meilleurs qu’eux, mais ça va être une rencontre pour la survie, où il faudra de grandes qualités mentales. On a deux beaux matches pour finir, et je rajoute bien évidemment la Coupe vaudoise. On va recevoir nos amis de Genolier-Begnins le dimanche 15 novembre. On sera les seuls à jouer dans la région, on espère organiser une belle journée de football.

Categories: 2e ligue, Interviews

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