Le LUC évite le piège à Crans à 11 contre 8!

Le LUC évite le piège à Crans à 11 contre 8!

« Ah oui, c’est clair qu’on n’était pas tranquilles, même avec trois joueurs de plus. C’est incroyable… » Roberto Meoli a eu peur jusqu’au bout mardi soir à Crans. LUC-Dorigny avait pourtant tout pour bien faire, en fin de match, puisque les Lausannois menaient 1-2, et évoluaient avec trois joueurs de plus dès la 74e, dans ce quart de finale de la Coupe vaudoise. Mais Ivan Corrado a eu deux arrêts à effectuer dans les arrêts de jeu, face à Jonathan Ouriaghli et Richard Leefe, pour préserver l’avantage de son équipe. Daniel Escobar a fini par inscrire le 1-3 en toute fin de partie, pour finir d’offrir les demi-finales à son équipe, mais il serait absolument faux de dire que LUC-Dorigny a été serein. L’essentiel est pourtant là: les Universitaires sont qualifiés pour les 1/2, où ils se déplaceront sur le terrain de Lutry II, le 6 mai prochain. L’autre demi-finale opposera le Stade Payerne au vainqueur du choc entre Forward Morges et Bosna Yverdon.

Jérémy Pereira: « La Coupe, c’est un objectif du club et des joueurs »

LUC-Dorigny s’est donc qualifié, et il ne retiendra que ça. Globalement, les Lausannois ont mérité de passer, dominant intégralement la première période face à un FC Crans que l’on a connu plus incisif et tranchant en attaque. Le leader du groupe 1 de 3e ligue a été dominé par son adversaire, plus volontaire en première mi-temps. Cette équipe de LUC-Dorigny est imprévisible et capable de tout, on le sait. Mardi, elle a montré un très beau visage durant les 45 premières minutes: un jeu offensif, avec beaucoup d’idées, et une ligne d’attaque bien inspirée. Jérémy Pereira et Daniel Escobar ont montré pourquoi ils étaient de très bons attaquants de 2e ligue et qu’ils n’étaient pas venus à Crans pour se faire éliminer. Le premier nommé explique que ce match était pris très au sérieux par les Universitaires: « La Coupe, c’est un objectif du club et des joueurs. On a vraiment à coeur de bien figurer, et on monte en puissance depuis le début de l’année. On a mal débuté, avec deux défaites, mais on s’est bien repris. On a récupéré des blessés, et on est mieux. » Cela s’est vu, surtout dans les 45 premières minutes, on l’a dit.

L’AF LUC-Dorigny est capable du meilleur et du pire

Quand il joue ainsi, le LUC montre qu’il aurait pu prétendre à mieux que la 4e place du groupe 1, à neuf points des finales. On en a déjà fait le constat: autant cette équipe peut être quelconque, comme à Chavornay il a deux semaines (lire ici), autant elle peut être flamboyante. Et il doit être rageant pour Roberto Meoli de se dire qu’il y avait mieux à faire, mais que tirer le maximum de ce groupe demande des efforts psychologiques que même José Mourinho aurait de la peine à fournir. Le LUC des bons jours était donc de sortie en début de match, et c’est très logiquement que Jérémy Pereira ouvrait la marque sur penalty à la 24e. Toni Villena déviait le ballon de la main sur la ligne de but, et M. Rodrigues indiquait logiquement le point de penalty. On a moins compris pourquoi monsieur l’arbitre n’a pas expulsé le joueur de Crans, lui infligeant un simple carton jaune, mais il devait sûrement avoir une bonne raison. Quoi qu’il en soit, 0-1 pour le LUC et bientôt 0-2, grâce à une belle action du même Jérémy Pereira, bien conclue par Daniel Escobar.

Le LUC a justifié son statut de favori

Le duo infernal des visiteurs a tout fait à la défense des Corbeaux en première mi-temps, et le LUC justifiait pleinement son statut de favori. Certes, Crans a une réputation de « tombeur de 2e ligue » tout à fait justifiée en regard de son parcours de l’an dernier, mais les Lausannois avaient tout de même à coeur de démontrer qui était l’équipe de niveau supérieur. On en a déjà parlé, mais un rappel historique s’impose: il y a exactement une année, en quarts de finale également, le LUC était venu s’imposer aux tirs aux buts ici, avant de perdre sur tapis vert pour avoir aligné deux joueurs non qualifiés. Roberto Meoli n’était pas là, mais Alexandre Vergère si, et, cette fois, la mésaventure ne devrait pas se reproduire: tous les joueurs sur le terrain mardi soir avaient le droit d’y être.

Escobar-Pereira: le duo infernal

Bref, 0-2 à la mi-temps, et Jérémy Pereira s’est même permis de rater le 0-3, sur penalty, tirant au dessus. Qui avait obtenu le penalty? Daniel Escobar, bien sûr. C’est bien simple: il n’y avait que ces deux hommes-là sur le terrain en première mi-temps. Mais Crans, on le sait, a la réputation de ne rien lâcher. Combien de fois cette équipe, menée au score, est-elle revenue dans une partie? A chaque fois, son caractère lui a permis de renverser des montagnes. Mais faire plier ce LUC si dominateur ressemblait à l’Himalaya, surtout avec deux buts de retard. Crans s’y attelait pourtant, et marquait le 1-2 à la 52e, Michael Pryce reprenant un ballon relâché par Ivan Corrado. Le début d’une folle remontée? Pas vraiment.

Fernando Gageiro ne souhaite pas polémiquer

Pourquoi? Parce que les Corbeaux allaient se retrouver à 8 en vingt minutes! M. Rodrigues expulsait en effet trois d’entre eux sous les broncas d’un public déchaîné. Il ne s’est clairement pas fait des amis ce soir-là, mais un arbitre n’est de toute façon pas là pour ça. « Sincèrement, je l’ai trouvé plutôt bon », le défendait Roberto Meoli, qui n’allait pas dire du mal d’un arbitre expulsant trois joueurs adverses, mais qui est honnête et objectif. Fernando Gageiro, lui, a simplement réagi en ces termes: « L’arbitre? Si vous voulez polémiquer, ce n’est pas avec moi. J’avais des choses à lui dire, je les lui ai dites en face. Après, vous, vous avez aussi vu le match, et je me réjouis de lire ce que vous écrirez ».

M. Rodrigues a été au bout de ses convictions

Disons-le comme ceci: aucune des décisions de M. Rodrigues n’était scandaleuse. Mais, mises bout à bout, elles ont engendré un sentiment d’injustice chez le FC Crans. Une faute sur le côté? Carton jaune, qui donne rouge. Un ballon shooté après le coup de sifflet? Carton jaune. Une faute à mi-terrain? Carton jaune, qui donne rouge. Une faute à 40 mètres, alors que Daniel Escobar filait au but? Carton rouge pour dernier recours, alors que des défenseurs semblaient revenir, mais ce point est sujet à interprétation. On le répète: chacune des décisions de M. Rodrigues se justifie et se défend, mais le problème est qu’elles sont toutes allées dans le même sens, dans un laps de temps très court. Reconnaissons une qualité à l’arbitre de cette rencontre: il a eu le courage d’aller au bout de ses convictions, malgré les récriminations du public. Il y a des pays où il n’aurait pas retrouvé sa voiture, après avoir expulsé trois joueurs de l’équipe locale en vingt minutes…

Le LUC était meilleur à 11 contre 11…

Alors, plus facile à 11 contre 8 pour le LUC? Non! Alors que les Lausannois avaient dominé toute la première mi-temps, ils se sont retrouvés très empruntés, comme s’ils ne savaient pas comment gérer cette triple supériorité. Jérémy Pereira le reconnaissait: « Au début, on n’a pas vu la différence. On aurait dit qu’on était le même nombre sur le terrain… Mais au bout d’un moment, on a bien vu qu’ils fatiguaient, on a eu plus de fraîcheur en fin de partie, ce qui nous a permis de nous créer de nombreuses occasions. » Le problème, c’est que le LUC n’en a converti aucune, et se trouvait toujours sous la menace d’un ballon arrêté ou d’une vieille balle traînant dans les 16 mètres… Et l’incroyable exploit a bien failli se produire, avec les deux tirs d’Ouriaghli et de Leefe, donc nous avons déjà parlé, mais le LUC a tenu bon et, enfin, marqué en contre grâce à Daniel Escobar. Mais les visiteurs ont montré en un match leurs deux visages: l’excellent de la première période et le moyen de la deuxième. Même à 11 contre 8…

Le mot de la fin sera pour Fernando Gageiro, fier de ses joueurs: « Nous avions beaucoup d’absents, et le scénario du match n’a pas été en notre faveur. Mais mes joueurs se sont battus comme des lions. Je les félicite. »

Les hommes du match

Du côté de Crans, quel match de Tiago Soares! A 8 contre 11, il récupérait encore des ballons, les conservait, résistait à deux adversaires et orientait le jeu. Un monstre. Il a régné sur tout le milieu de terrain, notamment en deuxième période. C’est bien simple: il n’a pas perdu un ballon. Une prestation XXL. Florent Bajulaz mérite lui aussi une mention. Alors que le LUC se créait de multiples occasions d’inscrire le 1-3 libérateur en fin de match, il était toujours là, s’interposant et tentant de relancer. Un grand match de sa part.

A LUC-Dorigny, on mentionnera Daniel Escobar, auteur de deux buts et époustouflant de technique. Quelle facilité il a avec le ballon… A chaque match, il nous épate, par ses qualités de dribble et de conservation de balle, ainsi que par son intelligence de jeu. Un crack. Mention très bien également à Narcisse Mani. On l’a connu attaquant à Baulmes en 1re ligue, on le retrouve défenseur central à Dorigny, et il a été très solide mardi. Il a tout pris de la tête, et a toujours été bien placé. Son entente avec Moussa Diarrassouba a été parfaite. Leur association n’a pas fait oublier Laurent Stegmann, qui est irremplaçable, mais les deux hommes ont fait de l’excellent travail, surtout Mani.

Les prochains rendez-vous

Demi-finales le 6 mai pour l’AF LUC-Dorigny, sur le terrain de Lutry II (3e ligue).

Le plan-fixe

FC Crans – AF LUC-Dorigny 1-3 (0-2)
Buts: 24e Pereira, pen. 0-1; 32e Escobar 0-2; 52e Pryce 1-2; 90e Escobar 0-3.
Arbitre: M. Rodrigues.

Crans: Storti; Velija, Rolando Marques (55e Ouriaghli), Bajulaz, Graf (55e Leefe); Tiago Soares, Kara, Villena; Pryce, Kurumal, Edgar Silva.
Entraîneur: Fernando Gageiro.

LUC: Corrado; Fauria, Diarrassouba, Mani, Aho; Kuntuala (87e Dabormida), Teixeira, Pereira (84e Vergère), Aloise, Owona Mbarga (68e Yattara); Escobar.
Entraîneur: Roberto Meoli.

Notes: Centre sportif de Crans-près-Céligny. 42e, Pereira frappe son 2e penalty au dessus. Expulsions de Villena (51e, deuxième avertissement), Kuruman (67e, deuxième avertissement) et d’Edgar Silva (74e, dernier recours).

Categories: Coupe vaudoise