Comme un air de déjà-vu

Comme un air de déjà-vu

Ce Lausanne-Sport-là ne cessera jamais de surprendre. Alors qu’on pouvait s’attendre à une confrontation des plus difficiles à gérer après un énième coup de massue subi le week-end dernier à Bâle, face à un FC Sion galvanisé et en quête d’Europe, le LS a fait étalage de toutes ses qualités durant une heure. Fortement bousculés, ils l’avoueront eux-mêmes après coup, les Sédunois auraient pu arriver à la pause avec un retard de deux longueurs que cela n’aurait choqué personne, pas même les centaines de Valaisans ayant fait le déplacement de la Pontaise. Mais surprendre, c’est aussi parfois décevoir, à l’image de ce que le néo-promu a montré (ou plutôt n’a pas montré) durant la dernière demie-heure, là où on l’attendait le plus, alors que les visiteurs évoluaient à dix, que Thomas Castella venait de réaliser un miracle devant Konaté et que, en l’état (le LS était mené 0-1 depuis la 43e minute suite à un but de Chadrak Akolo), la seule chance de ne pas ressortir du terrain une nouvelle fois frustré était de se projeter à corps perdu vers l’avant, pour marquer ce goal qui aurait tant signifié. Raté! Décidément, ce n’est jamais la même, mais, depuis cinq mois, il manque toujours une pièce au puzzle lausannois.

Trouver le chaînon manquant

Face à Lucerne, pour la reprise, la réussite était dans les rangs vaudois, mais il a manqué un brin de cohésion et de justesse défensive. À Bâle, l’esprit de corps et la volonté de s’en sortir ensemble étaient bien là, tout comme la réussite, contrairement à la sérénité dans les moments importants. Contre Sion? Tous les éléments semblaient être réunis, mais cette fois, c’est l’efficacité, qui avait pourtant fait merveille depuis la reprise (huit réalisations en trois rencontres), qui a fui les crampons bleus et blancs. Tel est l’énigme que doit tenter de résoudre Fabio Celestini depuis le 15 octobre dernier, date à laquelle cette série noire de douze résultats sans victoire a commencé.

Jérémy Manière: «On avait tout pour gagner ce match»

«On n’est pas encore dans l’urgence, mais cette défaite repousse à nouveau notre prochaine chance de prendre les trois points à dans sept jours… Cela ne peut pas continuer éternellement. On avait tout pour gagner ce match. Alors si on ne parvient pas à le faire aujourd’hui, il nous faut quoi?», réagissait Jérémy Manière à l’issue des débats, complètement rejoint par son coéquipier, Nicolas Gétaz: «À la mi-temps, on doit mener 2-0. On a été excellents durant ces 45 minutes, on s’est créés les possibilités pour les distancer, mais on a cruellement manqué de réalisme. Il n’y a pas à aller chercher beaucoup plus loin les raisons de cette défaite.»

Le LS a régalé, mais n’a pas marqué

Les deux défenseurs étaient les premiers acteurs de la domination lausannoise, aussi bien défensive qu’offensive, avant le thé. Alors que Thomas Castella n’a pas eu, à notre souvenir, à s’employer une seule fois (les quelques situations chaudes aux abords de sa surface n’ayant pas résulté sur des frappes cadrées), ses attaquants mettaient le feu devant son vis-à-vis, l’impeccable Anton Mitryushkin. Une frappe de Samuele Campo dont le rebond aurait pu surprendre le dernier rempart valaisan, un coup de tête du très remuant Kwang Ryong Pak qui filait juste au-dessus et une volée décentrée de Nassim Ben Khalifa, alors que le but semblait ouvert, pour ne citer que ces trois-là. Oui, le LS aurait été bien inspiré de transformer les occasions qu’il s’était procuré avec brio.

Le réflexe de Thomas Castella n’a pas eu l’effet escompté

À la pause, les moues et autres grimaces observées au sein de l’assistance en disaient long, mais l’espoir procuré par la qualité de jeu des locaux demeurait. Et puis, la peur, ou quelque chose qui y ressemble, s’est installée. Elsad Zverotic a vu rouge (56e), Thomas Castella s’est fait l’auteur, dans la foulée, d’un réflexe aussi ahurissant que chanceux pour dévier le coup de tête de Konaté sur sa transversale, et le LS n’est pas parvenu à utiliser toutes les émotions présentes sur le terrain à ce moment à bon escient. Le FC Sion aurait même très largement pu aggraver le score à ce moment-là de la partie.  «C’est vrai que cela ne nous a pas donné le coup de boost qu’on attendait», confirmait Jérémy Manière.

Nicolas Gétaz: «On a manqué de justesse technique»

Nicolas Gétaz, lui, pointait plutôt du doigt les lacunes techniques à ce moment-là du match: «Menés au score et en supériorité numérique, on n’avait aucune excuse, on devait partir à l’assaut de leur but. Mais ce n’est pas qu’on n’a pas voulu, ou pas essayé, c’est qu’on a manqué de justesse technique. Les contrôles, les passes, les conduites de balle, tout était beaucoup plus approximatif». Et les entrées de Gabi Torres (60e) et de Xavier Margairaz (75e) n’ont rien pu y changer. C’est peut-être frustrant, mais même en proposant un jeu aussi chatoyant et en prouvant qu’il n’a pas grand chose à envier aux six équipes devant lui au classement, le Lausanne-Sport doit jeter un nouveau regard inquiet dans son rétro. À part Vaduz, tout près, à un point, il n’y a plus grand monde, et les autres sont en train de prendre le large.

 

Un article rédigé par Florian Vaney

Categories: Football d'élite

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