La passion avant tout

La passion avant tout

Il y a de ces personnages qui, malgré la délicatesse de leur poste, aiment prendre de grandes responsabilités. Tel un Gianni Infantino à la tête de la FIFA ou un Aleksander Čeferin à l’UEFA, Gérard Vontobel mène la barque bien plus tranquille de l’Association Cantonale Vaudoise de Football (ACVF). Tranquille oui, mais, parfois, les décisions ne sont pas comprises par tout le monde et cela crée des remous.

En poste depuis deux ans, l’habitant d’Allaman ne compte pas ses heures ; son baromètre à lui, c’est la passion. Nommé depuis 2015, il a pris la place du charismatique Dominique Blanc. Ancien syndic, ancien président de la jeunesse de son village, Gérard Vontobel est à la tête de son domaine viticole. Et tout ça à Allaman. Autant dire que les postes à responsabilités ne lui font pas peur. De plus, avant de devenir président, il était à la tête de la commission du jeu et du fair-play durant huit ans au sein de l’ACVF.

Carrière brisée

Tel le mariage du Chasselas avec l’apéro, Gerard Vontobel se mélange donc au milieu du football. Junior international, le Vaudois n’a pas joué au-delà de la première ligue (troisième division à l’époque). La faute à une blessure. A l’orée d’une carrière professionnelle, l’Allamanais se heurte violemment la tête contre le sol lors d’un contact avec un défenseur. Une chute qui entraîne une grave commotion et plus d’une année sans jouer. Une fin de carrière abrupte que le président a acceptée sans rancœur. Il a néanmoins rejoué mais seulement en amateur. « J‘ai joué dans toutes les divisons », clame-t-il avec le sourire. Et les seniors ? « Oh non! Très peu pour moi. Je suis trop compétiteur pour cela. »

A un jour du début des finales, ressent-il une sorte de pression ? « Non aucune ! Si j’en avais, je n’occuperais pas ce poste. Ce que je ressens actuellement ? C’est une passion énorme et la réjouissance de voir du monde autour des terrains. Et les finales, c’est la cerise sur le gâteau pour tout le monde. » Le nombre de spectateurs est un sujet important pour l’Allamanais. Ces dernières semaines, le succès est au rendez-vous et il n’a pas manqué de le répéter plusieurs fois lors du tirage au sort. « 700 lors de la finale des finales de la Coupe à Roche et également 700 pendant un match d’Amical St-Prex. Le football vaudois se porte bien. Les gens sont de bonne foi. L’engouement est au sommet. Et la compétitivité entre les clubs se passe à merveille. »

Pas de sentiments dans les décisions

Pourtant le Vaudois n’a pas la tâche facile tous les jours. « Une partie infime peut nous manquer de respect. Et pourtant c’est simple ! Il y a un règlement, et à l’ACVF nous le suivons à la lettre. » Il comprend néanmoins qu’il y’ait des réticences à la suite de certaines décisions. « Dans ces moments, je ne dois pas me montrer sentimentaliste. Il faut faire des choix et s’y tenir. » Cependant, Gérard Vontobel tient à préciser que ce n’est qu’un brin d’herbe au milieu d’un terrain de football. Tout le reste n’est que du plaisir. « Nous avons une bonne collégialité au sein du comité. Et la relation avec les présidents des clubs se passe bien. »

Malgré des heures qu’il ne compte plus, le vigneron indépendant prend un réel plaisir tous les jours. « Il m’est déjà arrivé de faire face à des semaines de 70 à 80h, mais cela reste rare. Les heures passées au bord des terrains de foot ne sont évidemment pas comptées. » Il avoue assister à 3-4 rencontres par week-end.

En dépit des réclamations, des mécontentements, des sauts d’humeur– on les trouve à tous les niveaux footballistiques – le bonheur paraît total pour l’homme fort du football vaudois.

Article rédigé par Jeremy Damon

 

Categories: Portraits

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