Jérome Thomas envoie Donneloye en quarts

Jérome Thomas envoie Donneloye en quarts

Donneloye (2e ligue) avait été prévenu: Villeneuve Sports n’a pas grand-chose d’une équipe de 4e ligue, championnat dans lequel il évolue. Pour l’immense majorité, ses joueurs viennent du FC Massongex, promu en 2e ligue valaisanne la saison dernière. Les choses se sont mal terminées à la frontière entre Vaud et Valais, la première équipe n’existe plus et voilà tout ce beau monde arrivé sur les bords du Léman durant l’intersaison. Si Villeneuve a sorti Champvent (2e ligue) en Coupe, au tour précédent, et domine outrageusement son groupe en championnat, ce n’est, donc, pas un hasard. Les portes de la 3e ligue lui sont d’ores et déjà grandes ouvertes et, à ce rythme, celle de la 2e ligue le lui seront également rapidement. Si, en apparence, Donneloye semblait avoir tiré le gros lot au tirage au sort, parmi toutes les formations de 2e ligue ou les cadors de 3e ligue, cela n’a pas tout à fait été la même histoire sur le terrain boueux de la Tronchenaz.

Villeneuve est bien loin du niveau de la 4e ligue

Dire que les Oies ont dû s’employer pour obtenir le droit de disputer un quart de finale serait un doux euphémisme, elles qui ont passé soixante minutes en enfer mercredi soir. Après à peine 120 secondes de jeu, Alvaro Velo, leur défenseur central, devait déjà sauver sur sa ligne, du bout du pied. Les hommes d’Esat et Fidan Citaku avaient annoncé la couleur d’entrée de jeu: ce soir, la qualification serait pour eux. Il faut dire qu’en plus d’avoir prouvé posséder le niveau pour évoluer deux catégories au-dessus de la sienne, l’équipe est attrayante, belle à voir jouer. Sous l’impulsion de l’impressionnant Leeroy Anton, celle-ci n’a pas relâché ses efforts une heure durant, passant à plus d’une reprise proche d’une ouverture du score qui n’aurait rien eu de scandaleuse.

Les Oies ont commis les fautes qu’il fallait

«Et ça, c’était sans trois de nos meilleurs joueurs, un par ligne, tous suspendus pour ce match à cause de deux cartons jaunes récoltés dans les tours précédents. Avec eux, on aurait eu plus de chances de marquer ce premier but qui nous aurait mis sur les bons rails», expliquait le talentueux milieu de terrain, donnant encore un peu plus d’ampleur à cette puissante équipe. Pendant plus d’une demi-heure, celle-ci n’a donné qu’une seule porte de sortie au FC Donneloye: commettre des fautes pour ne pas avoir à reculer trop bas dans le terrain. C’était ce que les visiteurs avaient à faire de mieux pour stopper la machine «jaune et bleue» et ils l’ont parfaitement fait, évitant ainsi une multiplication des situations dangereuses devant Daniel Michoud et, surtout, profitant du mental friable des locaux pour semer la discorde dans leurs rangs.

0-1 à la pause: sévère pour les locaux, inespéré pour les visiteurs

Dans un premier temps, cela a seulement suffi à tenir le score, mais pour gagner le match, les hommes de Christian Leuenberger et Laurent Favre avaient besoin, si ce n’est d’un miracle, d’un coup de génie. C’est précisément là qu’est intervenu Jérôme Thomas, l’élément déclencheur, celui qui a tout changé. Et, sans manquer de respect une seconde au FCD, qui a livré une belle prestation de groupe, on ne voit pas vraiment comment le match aurait pu tourner en sa faveur dans le temps réglementaire sans tout le brio de son attaquant. À la 32e, il a mis tout le monde dans le vent sur une merveille de contrôle à la retombée du ballon, s’est approché à toute vitesse de Flamor Haradini, le portier adverse, avant de servir Labinot Morina, absolument seul devant les filets. On peut parler de «hold-up»? Pas vraiment, puisque les Oies ont quand même solidement tenu la baraque face aux assauts locaux. Mais, disons que cet avantage d’un but à la pause était aussi sévère pour Villeneuve qu’inespéré pour Donneloye.

Jérôme Thomas: l’homme qui a fait toute la différence

«Cela faisait plusieurs matches que je ne jouais pas forcément à ma place de prédilection, dans un système en 4-5-1. Ce soir, j’ai pu retrouver une position à la pointe de l’attaque, aux côtés de Labinot, dans laquelle j’ai pris beaucoup plus de plaisir». Il a fait pencher la balance du bon côté, Jérôme Thomas, mais il s’est surtout éclaté sur le terrain, et cela s’est vu. Au retour des vestiaires, alors que la pression adverse avait redoublé, c’est encore lui qui mettait un frein aux ardeurs du VS, d’une puissante frappe croisée (51e), puis qui enterrait, définitivement, ses espoirs en obtenant le penalty du 0-3 (63e). Mercredi soir, le capitaine a fait bien plus que de montrer la voie, il a guidé ses couleurs directement en quart de finale. Il a même été victime du succès de son équipe, se faisant arracher un tibia à vingt minutes du terme par un vilain geste non sanctionné, qui avait le poids d’une expulsion, symbole, aussi, du visage un peu plus sombre de Villeneuve.

Leeroy Anton: «On n’est pas habitué à perdre»

«Ce n’est vraiment pas pour paraître prétentieux, mais on n’est pas habitués à perdre, expliquait Leeroy Anton. On a quasiment tout gagné l’année dernière en championnat, pareil cette saison… C’est aussi notre mauvais côté. Lorsque tout va bien, on est presque inarrêtables, mais dès que quelque chose se déroule un peu moins bien, comme quand on passe derrière au score aujourd’hui, on perd vite le contrôle». Cela s’est remarqué, à l’image de Mehdi Boujnane qui est allé dire son mot à l’arbitre, après que celui-ci eut accordé le penalty du 0-3 transformé par Labinot Morina, avec un peu trop de véhémence. Au lieu de se calmer après avoir pris un premier avertissement, le latéral droit en a remis une couche, recevant aussitôt le second.

Un triplé pour Labinot Morina

Dommage pour Villeneuve qui, dans la foulée, est allé inscrire le 1-3 grâce au grand Leeroy Anton. À onze contre onze, sans Jérôme Thomas, contraint de céder sa place suite à sa blessure (finalement sans grande gravité), et avec le vent dans le dos des locaux, cela aurait pu donner une fin de rencontre bouillante. Au lieu de ça, Villeneuve était réduit à dix et Labinot Morina a parfaitement su profiter des espaces que cette expulsion a laissé dans l’arrière-garde adverse pour clore la marque et inscrire son troisième but de la soirée, celui-ci sans l’aide de personne si ce n’est la puissance de son tir. Donneloye ne va pas fort en championnat mais a montré de belles choses face à une équipe qui vaut bien mieux que son rang sur le papier. Et, surtout, les Oies seront au rendez-vous des quarts de finale, où elles affronteront Aigle II en avril prochain.

«On va clairement chercher à monter en troisième ligue»

«Aigle II en quarts… c’est sûr qu’on aurait bien voulu les affronter. Ça aurait donné un derby sympa. Tant pis, le Coupe, c’était un bonus. Maintenant, on va se concentrer à fond sur le championnat, où l’on va clairement chercher à monter en 3e ligue», conclut Leeroy Anton, qui s’est, finalement, attiré les félicitations de tous ses adversaires grâce à sa classe et son comportement irréprochable sur le terrain. Dans le contexte plus qu’électrique dans lequel s’est déroulé cette rencontre, c’est un exploit!

Un compte-rendu de Florian Vaney

Le tableau des 8es de finale

Pied du Jura (2e) – Bavois II (2e)
Mercredi 16 novembre

Haute-Broye (3e) – Pully (2e)
Date à définir

Gingins (3e) – Renens (3e)
Samedi 12 novembre

Bex (2e) – Amical Saint-Prex (2e) 4-2

Villeneuve (4e) – Donneloye (2e) 1-4
Mercredi 9 novembre

Aigle II (2e)  – Grandson-Tuileries (2e) 2-1
Mardi 8 novembre

La Sallaz (2e) – Chêne Aubonne (2e)
Jeudi 10 novembre

Stade-Lausanne-Ouchy II (2e) – ES Malley (3e)
Dimanche 13 novembre

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