«Je ne suis pas rancunier, j’ai de la mémoire»

«Je ne suis pas rancunier, j’ai de la mémoire»

Appeler Serge Duperret, c’est toujours l’assurance de passer un bon moment et d’entendre quelques phrases-chocs. Ce mardi après-midi, à la veille d’aller affronter Servette au Stade de Genève (mercredi à 19h), le président du Mont a décroché son téléphone. « C’est qui? Footvaud? Je suis avec un joueur, je vous rappelle. » Cinq minutes plus tard, le boss du Châtaignier a en effet rappelé. Et on a écouté. Pour des phrases garanties 100% made in Serge Duperret.

 

Président, vous arrivez en position de force à la Praille demain!

Vous vous rappelez l’article du Matin Dimanche d’il y a une année?

Euh… celui où Didier Fischer dit que Le Mont est un projet mort-né?

Celui-là même. Le président de Servette disait qu’on n’avait rien à faire là. Il avait raison. On n’a rien à faire là. Le Mont n’a rien à faire nulle part. Quand on est en 2e ligue, on nous dit de monter parce qu’on est trop forts. Et quand on est en Challenge League, on nous dit d’être relégués parce qu’on n’a pas de nom. Alors on va où?

En 1re ligue?

Ah mais moi, je veux bien. Mais c’est le terrain qui décide. Quand on est en 1re ligue, on monte. Pour l’instant, il n’y a qu’en Challenge League qu’on ne termine pas premiers. Alors, désolé, mais on reste. Mais on n’a pas fait exprès: on a eu la licence et on a gagné des matches.

On vous sent bien en forme, là.

Je vais pas mal, merci. Mais on n’a rien à faire là, je le répète. Si le président de Servette le dit, c’est que c’est vrai. On n’a rien à faire à la 6e place, mais on y est. Et peut-être qu’après le match, on sera quatrièmes. On s’excuse, hein.

Mais vous êtes rancunier à ce point-là?

Je ne suis pas rancunier, j’ai de la mémoire. Et je sais lire un classement aussi. Et je trouve que pour des morts-nés, on se débrouille pas trop mal.

Vous sentez bien votre équipe avant ce déplacement?

Oui. Les gars ont pris conscience de leurs possibilités en deuxième mi-temps à Chiasso. J’ai vu un bon FC Le Mont, avec des joueurs performants. Je gueule quand ça ne va pas. Mais là, ça va. Servette, on y va pour gagner, les yeux dans les yeux. Le blason, l’histoire, je respecte. Mais pendant 90 minutes, c’est une équipe de Challenge League contre une autre équipe de Challenge League. Et pendant ces 90 minutes-là, il n’y a pas de petit, il n’y a pas de projet, il n’y a que du football. Et à la fin, c’est le meilleur qui gagne. Je pense toujours comme ça.

Sergio Cortelezzi sera-t-il qualifié?

Normalement, on va recevoir ça avant le match, oui. Il devrait pouvoir jouer, mais on n’a pas encore le document, donc je ne peux pas être affirmatif.

Franchement, c’est un joli coup, non? On vous le dit sincèrement, c’est la première fois qu’on est vraiment impressionnés par un transfert à 100%, parce que pas mal de monde le voulait…

Je comprends ce que vous voulez dire et je pense que vous avez raison. On a des bonnes relations avec Pablo Bentacur, avec lequel on avait fait des affaires à Lugano, notamment l’arrivée de Bojan Dubajic. Sergio Cortelezzi avait d’autres offres et j’ai cru comprendre qu’on était passés devant Servette dans ce dossier. M. Betancur et le joueur ont jugé que le projet du Mont était plus solide, que j’étais là depuis plus longtemps. Bref, qu’il y avait plus de garanties au Mont qu’ailleurs.

Arrêtez, vous allez trop loin, là…

Demandez-lui. Il avait d’autres possibilités, dont Servette je crois, et il est venu chez nous. Le bon attire le bon.

Mais vous êtes inarrêtable aujourd’hui!

Je dis simplement qu’il faut nous respecter un peu plus. Je vous refais la liste des joueurs qui sont venus chez nous ces derniers mois et qui ont explosé en Super League?

On la connaît, celle-là…

Numa Lavanchy, si Le Mont n’était pas là, vous pensez qu’il serait à Grasshopper aujourd’hui?

On n’en sait rien et vous non plus.

Mais c’est chez nous qu’il a explosé, grâce à notre bon travail. On est exigeants, on fait progresser les gens. Hélios Sessolo et Ridge Mobulu font un bon début de saison, mais je leur ai encore dit mardi qu’ils devaient faire plus pour retrouver la Super League. On veut qu’ils y retournent, qu’ils fassent briller notre club. Et nous, on retrouvera d’autres joueurs et on continuera. Un jour, tout s’arrêtera, mais ça fait 15 ans que je suis là. Pendant ce laps de temps, il y a des clubs qui reviennent, qui repartent, qu’on retrouve après des faillites…

On a compris le message. Sinon, tout va bien?

Oui, je suis très serein. Ce qui me fait très plaisir, c’est que je ne me suis pas trompé de staff. John Dragani fait de l’excellent boulot, tout comme le préparateur physique Jean-Marc Cuendet, et les assistants Carlos Carrasco, Cédric Mora et l’entraîneur des gardiens Pino Varquez. On a pris une excellente décision cet été en nommant ce staff.

Vous n’étiez pas sûr de vous?

Qui peut l’être en nommant un staff? J’avais un bon pressentiment, mais je suis très content: je ne me suis pas trompé. Et je suis très heureux d’avoir pu conserver Claude Gross.

Il voulait partir?

Non, justement pas. Je lui ai dit que s’il voulait, il pouvait aller faire monter une équipe de 1re ligue, vu qu’apparemment il y en a beaucoup qui essaient et aucun qui réussit. Mais il m’a dit qu’il était attaché au Mont et qu’il voulait rester. Et comme Le Mont est attaché à lui, c’est parfait. On a un team très fort, avec mon ami Pascal Roux comme soutien financier et juridique. On est solides.

Categories: Football d'élite

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