Grandson a fini par repasser devant

Grandson a fini par repasser devant

Il s’est retrouvé sans voix, Johann Späni, lorsque Julien Bauer, son gardien, est sorti à plus de vingt mètres de ses buts et qu’il n’a pas su s’entendre avec son défenseur central qui, plutôt que de lui laisser le ballon, a voulu le garder pour lui. La situation était confuse, les deux joueurs de Pied du Jura se retrouvant en plein milieu de leur camp avec une balle dont ils ne savaient que faire. Adrian Bud, lui, n’a pas hésité une seconde: il s’est emparé du cuir, a filé droit en direction de leurs cages et n’a pas tremblé au moment de glisser sa frappe au fond. Le but de la victoire pour Grandson-Tuileries, puisqu’on vivait la 92e minute et que les deux formations en étaient à… 4-4! La pilule est dure à avaler pour Pied du Jura, un mois après avoir été rejoint par Chêne Aubonne à la 83e et deux semaines après s’être fait rattraper par Forward Morges à la… 94e. Surtout que la tendance semblait clairement pencher de son côté et que les occasions pour passer devant, Pied du Jura les a eues.

Pied du Jura a marqué sept fois!

En fait, le FC Pied du Jura a marqué sept fois, dimanche après-midi, en plus d’avoir frappé une fois le poteau de Nicolas Jaccard. Sauf que, pour son plus grand désespoir, trois de ses réussites ont été annulées, entachées d’une position de hors-jeu à chaque fois extrêmement limite. Un coup dur pour la troupe de Johann Späni, qui avait pourtant montré un visage chatoyant, à des années lumières de ce qu’elle proposait en début de championnat. La rencontre a été déplacée à Saint-Prex en raison de l’état impraticable de tous les terrains du FC Pied du Jura? Pas un problème pour les Jaunes et Bleus, qui ont parfaitement su dompter le synthétique de Marcy, proposant un football parfois léché, souvent technique et toujours porté vers l’avant. Il serait plus qu’intéressant de revoir cette équipe évoluer sur cette surface, qui a l’air de très bien lui convenir.

Le nouveau doublé de Samy Laubscher n’a pas suffi

Il faut dire que «PdJ» a été emmené, une nouvelle fois, par l’excellent Samy Laubscher. L’homme est en permanence à la baguette, ô combien important dans la construction du jeu et, surtout, il ne cesse de planter des buts. Dix, pour être exact, depuis le début de la saison, en comptant les deux de ce dimanche. Ce qui lui vaut de figurer en quatrième position des plus grands artificiers de la ligue. C’est lui, déjà, qui a redonné un peu d’espoir aux siens en marquant un but capital dès le retour des vestiaires (2-3, 48e). Et c’est encore lui qui inscrivait, une demi-heure plus tard, le 4-4 (75e) qui aurait dû permettre à ses couleurs d’au minimum repartir avec un point. Les efforts et le nouveau doublé du capitaine ont, pourtant, été vains, puisque Pied du Jura a dû, pour la sixième fois de la saison, s’avouer vaincu. Johann Späni et ses hommes ont largement les moyens de viser plus haut que le maintien, ils le prouvent chaque week-end. Mais, pour ça, ils devront, à tout prix, apprendre à gérer leurs fins de match. Car, pour l’heure, et sans doute pour tout l’hiver, ceux-ci sont sous la barre, dans une position de relégable qui ne leur va que très mal.

Le sens du but et la meilleure attaque du groupe

Même s’ils ont eu dans leurs pieds les occasions pour gagner ce match, les locaux ont dû accepter leur défaite face à une belle formation de Grandson-Tuileries. Surtout, les Nord-vaudois ont démontré un sens du but et un réalisme que beaucoup peuvent leur envier à ce niveau. À l’image du 1-3, par exemple. Un corner de Renato Provenzano, un coup de tête de Daniel De Carvalho et cela a suffi à construire un but (39e). C’est un peu simple? Peut-être bien, mais le geste de Carlos Rangel, levant les deux mains en l’air comme si cette réussite était une évidence même, en dit long sur les capacités du FCGT à scorer. Nicolas Jaccard et ses coéquipiers en ont enfilé cinq dimanche, portant leur total pour la saison à 35, soit près de trois réussites par match. C’est énorme et c’est, surtout, la meilleure attaque du championnat.

Tout le monde peut marquer

Pourtant, Grandson-Tuileries ne possède pas de buteur attitré. Il se contente, et c’est déjà énorme, voire même bien mieux, d’un sens du but partagé par toute l’équipe. Michel Gavin Teukam en est à sept réalisations, Adrian Bud à six et Renato Provenzano à cinq. Avant tout, et on l’a dit, les Nord-vaudois font preuve d’un réalisme qui fait d’eux l’une des formations de pointe de ce groupe. Ils ont été malmenés par Pied du Jura? C’est vrai, mais, même au plus fort de la domination adverse, ils ont toujours su en remettre une couche au bon moment. Samy Laubscher a inscrit le 2-3 de l’espoir? Julien Fantoli répondait froidement, d’une puissante frappe dans l’axe, et enfonçait à nouveau ses adversaires (58e, 2-4). C’est simple et ça paie!

Battre Forward-Morges pour passer l’hiver en position de finaliste

Si Grandson-Tuileries est en position de finaliste à l’heure qu’il est, ce n’est pas un hasard. Les choses ne sont pas parfaites, et elles le sont rarement lorsqu’on encaisse quatre buts, mais le FCGT est en train de trouver son rythme tout en-haut de ce groupe 1. L’amalgame entre les nouvelles recrues et les «anciens» semble vraiment commencer à prendre et on entrevoit de plus en plus tout le potentiel de cette équipe, qu’on se réjouit de retrouver au printemps, là où les points vont vraiment compter. Avant ça, Carlos Rangel et ses hommes doivent encore recevoir Forward Morges, dans une affiche qui promet beaucoup, mercredi à 20h, aux Tuileries. S’ils s’imposent, les Grandsonnois passeront vraisemblablement l’hiver en position de finaliste. L’occasion de se rappeler aux bons souvenirs de la saison dernière.

Un compte-rendu de Florian Vaney

Categories: 2e ligue

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