Fabio Celestini et les trois mots rêvés

Fabio Celestini et les trois mots rêvés

Pierre Dac, qui était en forme et à jeun dit un jour ceci: « Les rêves ont été créés pour qu’on ne s’ennuie pas pendant le sommeil.« 

Alors, dernièrement, on ne s’est pas ennuyé. 

Dans le rêve, il y avait un soleil, réparateur, un décor lacustre en arrière-plan. Et des gens. Pas de dramaturgie, dans le viseur, mais un homme, seul, déambulant, l’air de rien, seulement embarrassé: Fabio Celestini. Le terrain, c’est son évasion, un paradis latin, parce que l’ancien capitaine de l’OM en est un. Un caractère aussi que sa barbe bien coupée ne masque pas.

On l’accoste et il n’y a pas de pub dans le propos. On se connaît depuis longtemps. Du temps, notamment, où il fréquentait l’équipe de Suisse, compétiteur dans l’âme, gagneur et il est resté tout ça. 

Il fait chaud et il sent bon le produit de douche. Un entraînement vient de se terminer et il décompresse, lui l’homme pressé. D’ordinaire, il court mais là,  il s’arrête, comme dans un rêve. On rêve. On se parle, il sourit. 

On parle de tout et de rien, surtout de rien. Une chaleur s’est installée. « Tu veux une glace?« , lui demande-t-on. Il en sort une de sa trousse. Fou rire. Fabio Celestini a de l’humour, une info à l’intention de tous ceux qui pensent le contraire et il y en a parce que tout bonnement, ils ne le connaissent pas. Chez lui, il n’y a que son abord qui est froid. Dans la discussion, sincère, Fabio Celestini, le méfiant, est tout autre. Et s’il est méfiant, c’est parce que durant sa carrière, riche, longue et elle n’est pas terminée, il n’a pas rencontré que des personnes polies ou honnêtes.

La discussion file vers le théâtre, les bouquins, les polars, le cinéma et soudain, il dit dans un élan de fraîcheur: « Je vais partir. » On a traduit ça par: « C’est l’heure, je dois rentrer chez moi. » Mais non… « Je vais partir. » Trois mots lourds de sens, même dans un rêve.

« Je vais partir.« 

On se réveille en sursaut et en sueur. Par la grâce d’une gomme, il y a des rêves qui s’effacent. Mais celui-là, il est toujours présent, encré dans le quotidien parce que la saison du Lausanne Sport est très compliquée et que Fabio Celestini, même s’il en a vu d’autres et des pas mûres, n’a pas du tout envie d’en vivre une pareille la saison prochaine et elle peut très bien s’avérer pire; ce qui n’est plus du tout pareil.

Surtout que les moyens financiers ne vont pas augmenter et que quelques joueurs, les meilleurs, vont être tenté de partir ou arrêter leur carrière. Tout simplement. Pour en savoir plus, il aurait fallu que le rêve dure plus longtemps.

« Je vais partir.«  

On espère se tromper, ne pas avoir rêvé, ou alors d’avoir rêvé un château en Espagne. C’est beau l’Espagne. 

Dans l’enfer de l’enfance, Alice Parizeau écrit: « Il ne faut pas juger un rêve, parce qu’il devient alors « tragiquement » fou.« 

Un peu de littérature, injectée ici bas ne peut que rehausser cette histoire qui, avec un soupçon de vérité, a tout pour ne pas être vraie. 

Un article de Jacques Wullschleger 

Categories: Football d'élite

Auteur

Ecrire un commentaire

Your e-mail address will not be published.
Required fields are marked*