Et à la 90e a surgi Ange Nsilu

Et à la 90e a surgi Ange Nsilu

Difficile de suivre ce FC Azzurri 90 LS en ce début de saison. Après avoir pris la mesure de Guin en ouverture de championnat, en proposant l’une des mi-temps les plus abouties depuis leur arrivée en 1re ligue, les hommes de Patrick Muller ont peiné, mais fait le boulot, malgré tout, au premier tour de la Coupe de Suisse, contre Genolier-Begnins. Ce mercredi soir, sans avoir vraiment brillé, et même si Guilherme Afonso a bien failli parvenir à masquer les apparences, les Lausannois sont repartis bredouille de Copet.

Bien sûr, ce Vevey Sports 1899, emmené par un Ange Nsilu des grands soirs, n’était pas le dernier venu, et Azzurri n’en est qu’à son troisième match officiel cette saison. Mais, ce week-end déjà, c’est la venue d’Yverdon à Chavannes, puis celle d’Echallens, sept jours plus tard, et, tant par fierté que par besoin de points, Azzurri devra, à tout prix, trouver une certaine constance pour éviter de reproduire l’échec de ce soir dans ces deux derbys qui s’annoncent chauds.

Les Lausannois ont montré un aperçu de ce qu’ils savent faire

En fait, on a bien cru assister aux prémices d’un show lausannois durant les quinze premières minutes. La plupart des ballons trouvaient Lyazid Brahimi à mi-terrain, et lui trouvait à merveille ses coéquipiers, orientant le jeu comme il sait si bien le faire, en choisissant la passe ou le dribble. Pas d’énormes actions, ni même de réelles chances de buts, mais, par le jeu, on a pensé quelques instants que les visiteurs allaient faire passer une très mauvaise soirée au FC Vevey Sports 1899, encore en quête de quelques repères en 1re ligue. Le courant passait bien, les joueurs se trouvaient et Azzurri semblait poursuivre sur sa lancée du dernier quart d’heure à Genolier, plutôt que sur celle des 75 premières minutes.

Personne n’a osé aller au bout

Cependant, on l’a dit et répété, ce VS 1899 n’a rien du néo-promu type, et il lui a fallu un petit quart d’heure pour s’en souvenir. Une fois la machine lancée, on a retrouvé le formidable groupe qui avait plus que mis à mal Yverdon, il y a dix jours. Ange Nsilu tentait une première fois sa chance, imité dans la foulée par Stefano Protopapa. Tous deux profitaient du travail effectué par le magicien Ayoub Rachane au milieu du terrain, tant dans la distribution du jeu qu’à la récupération. Côté lausannois, Nabil Souni répondait, par deux fois, d’un tir en dehors de la surface, sans parvenir à inquiéter plus que ça Carlos Moreira.

Stefano Protopapa, au bon endroit au bon moment

Ce sont eux, d’ailleurs, les deux attaquants veveysans, qui débloquaient la situation quelques minutes plus tard. Pas en réussite à 20 mètres, Ange Nsilu décidait de ne pas en rester là, et de s’avancer jusqu’à la limite de la surface de réparation. Bien lui en a pris, puisque Dominique Quillet ne pouvait faire mieux que de repousser le puissant envoi du Congolais juste devant lui, ou traînait l’habile Stefano Protopapa, qui ne manquait pas une si belle occasion de passer en tête (36e, 1-0). La partie était plaisante, rythmée, partagée entre deux formations relativement proches, et Vevey a fait tout juste en allant chercher l’ouverture du score peu avant la pause.

Carlos Moreira a eu chaud…

La plus grosse frayeur pour les pensionnaires du Stade de Copet en première période? Cette passe en retrait bondissante, dirigée en plein centre du but défendu par Carlos Moreira, que celui-ci a vu passer par-dessus son pied alors qu’il avait armé son dégagement. Plus de peur que de mal, finalement, puisque le concurrent de Mickael Castejon a pu rattraper le coup immédiatement, mais il s’en est fallu de très peu pour que celui-ci signe la but gag de la saison et, surtout, permette à Azzurri de faire la course en tête. Ce qui aurait, au vu de la physionomie du match, probablement tout changé.

… mais a parfaitement tenu sa place

Alors, affecté par cette petite boulette, le portier veveysan? On a eu un peu peur pour lui lors des deux dégagements qui l’ont suivie, certes, mais force est de constater qu’il a sauvé la baraque plus souvent qu’à son tour, et que cette mésaventure lui a plutôt permis d’entrer dans son match que l’inverse. En début de seconde période, il s’étendait de toute son envergure pour empêcher Guilherme Afonso, qui semblait avoir but marqué, d’égaliser. Quelques minutes plus tard, il chipait le ballon des pieds de Mehmed Begzadic, pourtant idéalement placé pour remettre les compteurs à zéro. Deux interventions qui valaient de l’or.

Guilherme Afonso, la classe, tout simplement

Il avait déjà impressionné par deux ou trois coups d’éclat ce week-end, en Coupe de Suisse, il a remis ça, et c’est allé encore plus vite. Pourtant, il faut le dire, il était plutôt passé à côté de son match jusque-là, Guilherme Afonso. On ne l’avait que très peu vu aux avant-postes, et il n’était pas parvenu à transformer ses rares occasions. Mais l’attaquant n’est pas arrivé à Azzurri cet été par hasard, et il n’a eu besoin que de trois touches de balle pour le prouver. Dos au but, à une bonne vingtaine de mètres des cages, l’air de rien, il recevait un ballon presque anodin, mettait dans le vent absolument tout le monde en à peine plus d’un contrôle, et s’ouvrait le chemin des buts qu’il fallait encore trouver d’une puissante frappe ras de terre, parfaitement croisée. En un unique enchaînement, absolument seul, l’Angolais a quasiment résolu tous les problèmes auxquels étaient confrontés les siens depuis le début du match (73e, 1-1). La classe, tout simplement!

Anthony Ciavardini, l’accélération qui change tout

Un geste de classe qui méritait un point? Le VS, tout entier, en avait décidé que non! À commencer par le virevoltant Anthony Ciavardini. La défense veveysane est une solide muraille? La latéral n’y est, clairement, pas étranger, même si la performance de Henrique De Amorim est, une nouvelle fois, à saluer. Plus les minutes ont défilé et plus Ciavardini a montré le bout de son nez, comme s’il sentait à quel moment il doit se faire plus discret, faire le job derrière, et à quel moment il peut s’envoler, tenter un de ses solos qu’il affectionne tant, partir loin de sa défense. Tout n’a pas été parfait pour le vif numéro 12, la plupart de ses tentatives se sont soldées par des échecs, même, mais si, ce soir, Vevey Sports est au-dessus d’Azzurri au classement, c’est bel et bien grâce à sa fusée.

Celle qui a flairé le coup, à la 87e, celle qui ne s’est pas posée de questions au moment d’engloutir le gazon de ce couloir droit, celle qui a gagné son duel à la niaque et à la vitesse avant d’adresser le centre parfait, fusant devant Dominique Quillet. Stephan Cando est passé au travers? Effectivement, mais, sorti de nulle part, comme pour crucifier ses anciens coéquipiers, Ange Nsilu a surgi, ne se privant pas d’inscrire son deuxième but de la saison et, surtout, de donner une magnifique victoire à un Vevey Sports qui se profile, s’il tient toute la saison à ce rythme, comme un sérieux danger pour les équipes de première partie de tableau. Avant ce soir, on jouait plutôt bien au ballon à Copet, maintenant, en plus, on est capable d’y gagner contre des écuries de premier plan. Plus de doutes: Vevey, c’est très fort!

Un compte-rendu de Florian Vaney

Fc Vevey Sports 1899 vs Fc Yverdon Sport 2-2

Anthony Ciavardini

Categories: 1re ligue

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