Echichens assomme Thierrens et prend ses distances avec la barre

Echichens assomme Thierrens et prend ses distances avec la barre

Olivier D’Andrea ne s’est trompé qu’une fois ce samedi à Thierrens. Pendant le match, le sympathique (et très bon) gardien d’Echichens a fait tout juste, ne s’inclinant qu’une fois, face à Jérôme Ruch (34e). Mais ce n’est pas là qu’il a commis son erreur. En fait, sa seule faute de goût est intervenue juste après le coup de sifflet final lorsqu’il a crié, à très haute voix: « C’est ça! C’est beau! Ça, c’est un derby! » Un derby? Pour désigner un match entre Thierrens et Echichens? Non, monsieur. Cette rencontre n’avait rien d’un derby, le FCT réservant cette appellation à Payerne, Donneloye ou éventuellement Portalban. Par contre, là où Olivier D’Andrea a raison de crier sa joie, c’est parce que ce match revêtait une importance toute particulière pour les deux équipes. Et que c’est son FC Echichens qui l’a emporté (1-2).

Jamais le FCE n’avait été aussi bien classé dans son histoire!

Le gardien du FCE a d’ailleurs joué un rôle primordial dans ce succès, remportant son face à face à la toute dernière seconde face à Jonathan Roder. Si le blond milieu de terrain avait pu le tromper, Thierrens serait reparti avec un point de ce match, Echichens aussi, et les deux équipes seraient restées engluées dans la course au maintien. Mais en gagnant ce duel, Olivier D’Andrea a permis à Echichens de prendre ses distances avec la barre puisque celle-ci est désormais à quatre points. Mieux, le FCE, ce soir est… 6e, soit le meilleur classement de l’histoire du club. Néo-promu en 2e ligue inter, Echichens n’avait en effet jamais été aussi bien classé cette saison et, donc, depuis sa fondation en 1966! Forcément, il y avait de quoi rester boire une bière ou deux (ou dix) au Grand Marais samedi.

Echichens: un absent important par ligne

Cette victoire est d’autant plus belle pour les visiteurs qu’elle était inattendue. « Franchement, j’aurais signé pour un nul avant le match »; reconnaissait le président Manuel Choffat. En fait, Echichens était privé de plusieurs joueurs-clés, dont son meilleur attaquant Ali Ramdane, son meilleur défenseur Joël Reinhard (tous deux pour raisons professionnelles) et son toujours très bon milieu défensif Luc Rapin (blessé). Un joueur important par ligne, voilà qui faisait beaucoup pour Echichens, d’autant que Mathieu Gendron, le latéral gauche, s’est blessé en début de match et a dû être remplacé par Brandon Teixeira.

Lucien Gfeller profite d’un cafouillage

Malgré toutes ces absences, Echichens l’a donc emporté après une prestation d’ensemble très solide et courageuse. Le 0-1 a été inscrit par Gaëtan Girardet, sur penalty, lui qui avait déjà marqué ainsi la semaine dernière face à Béroche-Gorgier. Jérôme Ruch, l’éternel, a répondu avant la pause, mais c’est bien le FCE qui a fait la différence en deuxième période à la suite d’un cafouillage sur corner. Lucien Gfeller s’est retrouvé au bon endroit au bon moment, trompant Valentin Piot à bout portant. 1-2, score final, malgré quelques tentatives de Thibaud Chevalley, toujours aussi actif sur son côté droit.

Guillaume Pasche a cherché le penalty, a trouvé le carton rouge

Les deux équipes, c’est à souligner, ont fini à dix. Guillaume Pasche, averti de manière très sévère pour une faute à mi-terrain quelques minutes avant, n’a pas pu s’empêcher de chercher le penalty du 2-2 à vingt minutes de la fin, mais sa simulation dans les seize mètres était très peu réussie, avouons-le. M. Roder ne s’y est pas laissé prendre et a donné son deuxième carton jaune au milieu de terrain du FCT, lequel n’a absolument pas protesté. Les oreilles en bas, il s’est dirigé vers les vestiaires, conscient qu’il manquait quelque chose pour que son plongeon ait été crédible.

Sam Cardoso, une expulsion un peu trop sévère

Echichens a également reçu un rouge. Le joueur expulsé? Sam Cardoso, mais ce carton-là était très sévère, pour ne pas dire immérité. Il y a eu un peu de compensation là-derrière, dirons-nous, et le jeune Cardoso ne méritait pas d’aller se doucher aussi vite sur ce coup-là. Cela n’a cependant rien changé au résultat final, malgré la pression thierranaise en fin de match, jusqu’à ce dernier arrêt, on l’a dit, d’Olivier D’Andrea face à Jonathan Roder.

Thierrens a remporté un point en cinq matches en 2016

Si Echichens a pris ses distances avec la barre, ce n’est évidemment pas le cas du FC Thierrens. Oublions le mythe de l’Enfer du Jorat, qui était une réalité la saison dernière et qui n’est plus qu’un vaste souvenir aujourd’hui. Venir au Grand Marais ne fait plus peur à personne et, surtout, le FCT n’a gagné qu’un point en 2016, en cinq matches! En plus, le point obtenu l’a été face à la meilleure des cinq équipes rencontrées, Portalban/Gletterens. Sinon? Quatre défaites face à Lyss (7e), Payerne (4e), Marly (13e) et, donc, Echichens. Oui, il commence à y avoir le feu dans la maison, d’autant que Thierrens est désormais relégable. Il va falloir réagir très vite et retrouver les valeurs d’union sacrée qui ont fait la force et la réputation de cette équipe. Où sont passés les chiens féroces se battant sur chaque ballon? On croit encore en cette force de caractère qui a amené le FCT si haut. Elle ne peut pas avoir complètement disparu, il doit bien en rester quelque chose, là, quelque part. Mais Benoît Pythoud va devoir trouver les bons mots, et vite.

« Faudrait qu’on joue comme Laïchèchtère! »

Un homme, en particulier, a grondé samedi. Son nom? Denis Meylan, bien sûr, fondateur du FC Thierrens et son supporter numéro 1, à la maison ou à l’extérieur. Toujours de mauvaise humeur quand son équipe perd, l’homme que l’on nomme « Bouillon » a charogné durant toute la deuxième période contre les mauvais choix de ses « gamins », lui qui était vêtu de manière très élégante: veste aux couleurs rouges, jaunes et bleues de l’équipe nationale de Moldavie, écharpe rouge de l’Albanie et bonnet bleu de l’Estonie. On a la classe ou on ne l’a pas. Le « Gourou des Hautes-Crêtes » n’a pas apprécié le spectacle présenté, mais alors pas du tout. « Je vais encore mal dormir cette nuit », a prophétisé le grand homme, lui à qui une défaite du FCT donne des ulcères à l’estomac, guérissables seulement à (grand) coups de Canonnau importé de Sardaigne. La solution est pourtant toute trouvée, à l’en croire: « Faut mettre des grandes balles devant, aller au duel et surtout, faudrait qu’on joue comme Laïchèchtère, en 4-4-2! ». Benoît Pythoud est donc invité à se procurer des DVD de Leicester City au plus vite, puisqu’apparemment Claudio Ranieri détient la solution aux problèmes du FC Thierrens.

Que le feu revienne, vite!

On rigole un peu, mais on a le droit: on adore Denis Meylan et, surtout, la situation actuelle du FC Thierrens nous fait un peu de peine. Nos lecteurs réguliers savent l’affection que l’on porte au club du Jorat, que l’on souhaite voir sortir au plus vite de cette affreuse zone de relégation. Le match de samedi prochain à Colombier sera donc un match au couteau, un de ces rendez-vous que le FCT ne rate en général jamais. Que le feu revienne dans cette équipe, vite!

Les prochains rendez-vous

Colombier reçoit Thierrens le samedi 16 avril à 17h. Même jour, même heure, Echichens accueille Le Locle.

FC Thierrens – FC Echichens 1-2 (1-1)

Buts: 17e Girardet, pen. 0-1; 34e Ruch 1-1; 65e Gfeller 1-2.

Arbitres: M. Julien Roder, assisté de M. Ricardo Serigado et de M. Kevin Saccone.

FCT: Piot; Braun, Pittet, Burdet, Freymond (85e Meylan); Roder, Pasche; Chevalley, Dani Caseiro (36e C. Dufey), Ruch (70e Rui Pinto); Longo.

Entraîneur: Benoît Pythoud.

Echichens: D’Andrea; Sakiri, De Benedictis, Gfeller, Gendron (12e Teixeira), S. Cardoso, Maget; D. Cardoso (88e Ticon), Girardet, Maillard (80e Bebyack); Aksic.

Entraîneur: Alain Gendron.

Terrain du Grand-Record. 70e, expulsion de Guillaume Pasche (deuxième avertissement). 79e, expulsion de Samuel Cardoso (deuxième avertissement).

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