Désormais, Donneloye n’a plus le droit à l’erreur

Désormais, Donneloye n’a plus le droit à l’erreur

On peine à réellement s’inquiéter pour ce FC Donneloye, tant cette équipe à tous les atouts pour bien faire à son niveau: un co-entraîneur/joueur du standing d’Abraham Keita, l’expérience et la sérénité apportées par Sacha Margairaz, la puissance et le sens du but de Jérome Thomas, la jeunesse et la fraîcheur représentées, notamment, par Dominique Menana, et la liste est longue… Pourtant, au beau milieu de cet amas de qualités, les chiffres commencent à rattraper les Oies. Si la défaite face à La Sallaz, dans le choc au sommet du groupe (0-4, lire ici), pouvait parfaitement être associée à un incident de parcours sans plus de conséquences, c’est bien parce qu’on savait les hommes de Christian Leuenberger capables de réagir dans la foulée. Et réaction, il y a bien eu ce soir à Prilly… pendant une mi-temps.

Donneloye seul au monde pendant 45 minutes

Cette rencontre devait surtout permettre au FCD d’assurer une bonne fois pour toute sa place en finales et d’emmagasiner ou de retrouver de la confiance en vue de cette échéance, Prilly Sports figurant à la place 9e au classement de ce groupe 3 et étant relativement à l’abri des soucis de relégation. Alors, rassuré, Christian Leuenberger?: «J’ai vu de très bonnes choses en première période, on a été solides, on a produit du jeu… À ce moment-là du match, tout se passait parfaitement pour nous. Le seul bémol? Disons que si on avait mené 0-4 ou 0-5 à la pause, personne n’aurait crié au scandale. Et c’est peut-être là qu’on perd le plus gros, on devait écraser le match plus tôt. Puisque derrière, on sort des vestiaires avec moins d’envie. Tout ce qui nous paraissait facile est devenu nettement plus compliqué. Pourtant on se l’est dit à la pause, que rien n’était terminé et qu’il ne fallait pas lâcher…».

Prilly n’a pas inquiété une seule fois Joël Riond avant le thé

En quelques secondes, le très lucide Christian Leuenberger avait tout dit, et n’oubliait pas d’avoir une pensée pour ses adversaires qui venaient de lui jouer un bien mauvais tour: «Effectivement, nous avions les cartes en main, tout pour bien faire. Je pense d’ailleurs que c’est davantage nous qui avons baissé de niveau après la thé plutôt que Prilly qui est venu plus fort. Mais il faut quand même dire qu’on s’est fait avoir face à une équipe qui sait très bien jouer au ballon». C’est vrai que lorsque cette équipe de Prilly se met à jouer au football, le résultat est plutôt plaisant. Toujours est-il qu’en première période, comme le résumait « Leuleu », c’est bien Donneloye qui a imposé sa domination, les Prillérans n’inquiétant pas une seule fois Joël Riond.

Un but et un penalty obtenu pour Hervé Vallotton

Le résultat de l’aller? Les Oies en avaient passé sept au FC Prilly pour un score final de 7-2. Longtemps, on a cru que les buts allaient pleuvoir sur la Fleur-de-Lys comme cet automne au Stade Dani Gavillet, avant de comprendre qu’il faudrait se contenter de cascades d’eau. Il faut dire qu’Hervé Vallotton nous avait mis l’eau à la bouche. En à peine plus de 10 minutes, le grand ailier droit obtenait un penalty, à la suite d’un mouvement magnifique initié par Dominique Menena et Jérome Thomas. Nicolas Vermot finissait le travail en transformant le penalty. Dans la foulée, le même Vallotton, très en forme, interceptait une passe en retrait bien mal sentie avant de tromper, tout en finesse, le malheureux Pascal Zbinden. Et quoi de plus logique à la demi-heure? Un ou deux buts de plus en faveur des visiteurs? Certainement, mais Jérome Thomas ayant manqué par deux fois son face à face avec Pascal Zbinden, bien plus heureux sur ce coup-là, il fallait se contenter de ce 0-2 à la pause.

Un FCD plus brouillon en deuxième mi-temps

Dangereux, les locaux ne l’ont pas été vraiment plus en début de seconde mi-temps. Leurs rares approches des cages de Joël Riond se finissant, au mieux, par un tir contré, sans que le dernier rempart n’ait à s’employer. Dans le même temps, Donneloye avait, cependant, perdu de sa jouerie, de sa façon d’enchaîner les passes et de réussir à se montrer dangereux en partant de presque rien. Le résultat? Un jeu beaucoup plus brouillon et des visiteurs qui semblaient perdre tout contrôle sur les événements. Bientôt, leur dernier rempart devait commencer à additionner les parades, avant que, même cela, ça ne suffise plus…

La révolte nommée «Mahir Muskic»

Si le réveil du FC Prilly Sports portait un nom, nul doute que ce serait celui de Mahir Muskic. Il était le premier à frapper pour les «Violets», au retour des vestiaires, sans réussite. Un coup pour rien? Pas sûr, puisque quelques minutes plus tard, l’attaquant se retrouvait excentré côté gauche, en bonne position pour ajuster son envoi. La frappe était pure, enroulée à la perfection et retombait juste sous la transversale. On peinait toujours à imaginer un retour des Prillérans, mais ceux-ci avaient prouvé qu’ils existaient et qu’il faudrait compter sur eux jusqu’au bout. Une éternité pour les visiteurs, qui ne parvenaient décidément plus à mettre leur jeu, si posé d’habitude, en place. Les offensives du FCD se faisaient de plus en plus rares et les brèches dans la défense de plus en plus présentes. Et, alors qu’on commençait tout juste à concevoir la possibilité d’un autre résultat qu’une victoire des Oies, Mahir Muskic mettait le feu dans la défense adverse, trouvant Besar Sulejmani dans la profondeur. Le centre-avant butait une première fois sur Joël Riond, avant de voir le ballon lui revenir dessus, et de ne pas manquer deux fois pareille opportunité. Muskic avait brillé, Donneloye s’était effondré, et les points devraient être partagés.

Christian Leuenberger: «On est toujours dans une bonne position»

Si subir une remontée de ce genre n’est jamais agréable, surtout quand les points commencent à valoir cher, Christian Leuenberger préfère voir le positif et insuffler de la sérénité dans son groupe: «On venait pour se rassurer après la défaite face à La Sallaz. On y est parvenus en première période avant de connaître pas mal de soucis par la suite. Il faut dire qu’on approche de la fin de la saison, les organismes sont fatigués, il y a quelques blessures, des absences… Malgré cela, on est toujours dans une bonne position, mais il ne faudra pas continuer à égarer des points ici et là, on ne peut plus se le permettre. Même si on devra se montrer prudent, il n’y a pas le feu au lac pour autant. On a aucune raison de paniquer à l’heure actuelle».

Savigny-Forel, Bottens et Corcelles-Payerne pour finir

«Notre calendrier? Savigny-Forel, Bottens et Corcelles-Payerne. Ça ne sera pas simple, mais si on veut notre place de finaliste, il faut être capable de se tirer de n’importe quelle situation. De la peine en finale en jouant de la sorte? J’aime à croire qu’on sera capable de se sublimer à ce moment-là de la saison. Je suis confiant, on a tout pour bien faire. Avec ces joueurs, ce mélange d’expérience et de fraîcheur, on possède les moyens de réussir». 
Avec ce seul point pris en deux parties, il faudra encore gérer le retour d’Echallens Région II, désormais à deux longueurs mais au déficit d’un classement fair-play exécrable (le pire de ce groupe 4), avant de s’y retrouver définitivement. Il reste donc sept points à engranger sur neuf possibles et, face à trois formations de seconde partie de tableau, cela semble largement dans les cordes d’une très belle équipe de Donneloye, qui peine encore à se trouver parfois.

Un compte-rendu de Florian Vaney

Les prochains rendez-vous

Donneloye rejoue le mercredi 18 mai, à 20h15, sur le terrain du FC Savigny-Forel.

FC Prilly-Sports II – FC Donneloye 2-2 (0-2)

Buts: 18e Vermot, pen. 0-1; 30e Vallotton 0-2; 63e Muskic 1-2; 87e Sulejmani 2-2.

Arbitre: M. José Jover.

Prilly: Zbinden; Correia, Alves, Ozcan, Ailton; Joao Simoes, Das Dores, Corbeilli (85e Malaia), Teixeira (70e Valencia); Muskic, Sulejmani (90e Gonçalves)

Entraîneur: Paulo Vieira.

Donneloye: Riond; Durussel (68e Forestier), Margairaz, Mercier, Heller; Keita, Vermot (85e Jaquier), Menana, Jäggi; Thomas, Vallotton (86e Vulliamoz).

Entraîneurs: Abraham Keita et Cédric Leuenberger.

Centre sportif de la Fleur-de-Lys.

Categories: 3e ligue, FC Donneloye

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