Crans fait le pari de la jeunesse

Crans fait le pari de la jeunesse

Le FC Crans est sans aucun doute l’une des équipes les plus jeunes de toute la 2e ligue pour la saison à venir. Joao Gageiro, son entraîneur, a fait le choix d’intégrer de nombreux juniors, en les encadrant, quand même, avec des éléments d’expérience. Le premier match de la saison? Un 2-2 sur le terrain du FC Chêne Aubonne dimanche dernier. Interview avec le chef des Corbeaux, trois jours avant le match face au FC Bex, samedi à 19h.

 

Coach, Crans change un peu de visage cet été, non?

Pas tellement, en fait. On arrive gentiment à la fin d’une génération, celle qui nous a amené en 2e ligue, et on intègre pas mal de jeunes, c’est vrai. On est obligés, mais c’est un choix qu’on a fait avec plaisir. Les gamins qui sont sur le terrain sont des jeunes de Crans ou des environs. J’aime que le public puisse s’identifier à eux et venir les soutenir. Mais attention, ils ne sont pas lancés n’importe comment, sans encadrement! On a encore des joueurs d’expérience autour d’eux.

Comme Florent Bajulaz ou votre gardien Alfonso Storti…

Romain Dupraz, Valentin Vuadens, Mychael Price… Il y en a encore, ne vous inquiétez pas! Edgar Silva est devenu mon adjoint, il prend la succession de Murat Kara. Dans l’idéal, il ne devrait plus jouer, mais dimanche à Aubonne, quand il est entré, il a tourné le match en notre faveur, donc il va falloir réfléchir (rires). Alors oui, on a encore les joueurs d’expérience, mais le cadre a été extrêmement rajeuni. On a des joueurs de 96 et 97 sur le terrain et c’est très bien.

Vous avez recruté deux bons joueurs de Gland, aussi, Kevin Batardière et Samuel Njiki. Deux très bons joueurs, non?

Bien sûr, je suis très content qu’ils nous aient rejoint. Il y également Mohamed Reda Boumasmoud, qui est venu pour jouer avec son cousin Oussama Talal chez nous. Vous voyez, on a une jolie petite équipe.

L’an dernier, vous avez souffert, mais accroché le maintien avant les toutes dernières journées. Et cette saison?

L’objectif, il est clair, c’est le maintien en intégrant tous ces jeunes. Moi, finir 8e, 9e ou 10e, je m’en fous! Je veux qu’on prenne du plaisir au match, qu’on progresse, qu’il y ait du public venu du village et que les gens soient contents. Je n’ai aucune pression, mais j’ai une responsabilité: celle de garder Crans en 2e ligue.

Pourquoi?

Cette ligue-là est vraiment intéressante pour le club, pour nos jeunes, pour tous les joueurs, pour moi. Il y a trois arbitres, un peu plus d’engouement autour, des jolis derbys cette saison… Bref, on s’y sent bien et on veut y rester. Vous savez, l’année passée, on a perdu 60% des recettes avec le changement de groupes. Là, on retrouve nos voisins et on va vivre une belle saison, même si le groupe est très compliqué.

Vous avez un peu peur de la relégation quand même?

Si j’ai peur, je reste chez moi! Peur de quoi?

Vous vous avancez avec un effectif composé à moitié de jeunes et il y a des grosses équipes en face. Il y a de quoi douter un peu quand même, non?

Absolument pas. Vous savez, ces jeunes ont une bonne formation, ils sont souvent passés par les Team. Prenez Quentin Hornung, qui était à Nyon. La première équipe ne lui propose pas de rester et il ne voulait pas jouer en 3e ligue avec la II. Alors, il revient à Crans. Et ceux qui sortent de nos juniors ont un très bon niveau aussi. De toute façon, sans argent, c’est la seule voie à suivre.

Mais ce groupe 1 est très fort..

Bien sûr que Forward Morges, LUC-Dorigny et Montreux finiront devant nous. Et d’autres aussi. Mais on n’a pas à avoir peur de qui que ce soit, on a un groupe qui va nous permettre de nous maintenir tranquillement et de proposer du beau football. De nouveau, je ne ressens aucune pression, juste une grande envie de bien faire. Et je n’ai pas spécialement l’impression qu’on soit en train de prendre un risque.

Vous aviez eu quelques mots avec le FC Bursins-Rolle-Perroy suite au dernier match de la saison, lors duquel vous étiez allé à 10 à Bottens, un adversaire direct du BRP (lire ici). Vous vous êtes expliqués depuis?

Vous savez, je n’étais pas bien après ce match, ni même pendant. C’est ce que j’ai dit aux gens du BRP: je préfère jouer contre eux que contre une équipe lausannoise ou du Chablais! Pour ce match, en tant qu’entraîneur de la I, je n’avais pas le choix: j’avais onze joueurs, dont un qui a fait défaut le jour-même. J’espère que cette histoire est derrière et je le répète: il n’y avait aucune volonté de nuire au BRP. Eux aussi ont dû faire les fonds de tiroir pendant l’année, ils l’ont assez dit. Pour ce match-là, c’était moi. C’est tout.

Cette année, vous n’aurez pas ce problème?

Je n’espère vraiment pas! On a un contingent bien étoffé et on est nombreux à l’entraînement et en match. Bon, là, c’est encore les vacances et je ne peux pas reprocher à mes jeunes de partir avec leurs parents. On n’est pas encore au complet, mais quand on le sera, il y aura une vraie concurrence, à l’entraînement et en match. Vous savez, je me réjouis de voir ce que cette équipe va donner dans deux ou trois ans. On va monter en puissance et construire quelque chose de bien ici.

Si les plus grands clubs de la région n’attirent pas vos jeunes…

C’est le risque, bien sûr, mais ce sera aussi la preuve qu’on aura bien travaillé. Crans doit fonctionner ainsi: des jeunes du club et du village qui arrivent à la première équipe et s’y révèlent. Comme ça, on a une place en 2e ligue et dans la vie locale, j’en suis convaincu. On ne veut pas entrer dans ce cycle de défraiements ou de trouver du travail. Je n’ai pas envie de jouer avec la vie des gens et je ne suis pas une agence de placement. C’est comme ça que je perçois mon rôle d’entraîneur en 2e ligue.

Categories: 2e ligue, Interviews

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