«C’est le job qui nous donne un salaire, pas le foot!»

«C’est le job qui nous donne un salaire, pas le foot!»

Le samedi, Julien et Greg Jemmely travaillent. Et ça, ça ne change pas, qu’il y ait un match au sommet à disputer ou non. « On ferme la boucherie à 16h. Et c’est le job qui nous donne un salaire, pas le foot. Donc la priorité, on sait où elle est », dit Julien, qui gère l’entreprise familiale avec son père et son frère. Alors, samedi, vu que Portalban/Gletterens (leader avant le coup d’envoi) a convoqué Genolier-Begnins (2e) à 17h30, pas de miracle: il a fallu se dépêcher. Le commerce a été fermé à 16h01, le sac de foot des deux frangins était prêt dans la voiture et direction le canton de Fribourg. En respectant les limitations de vitesse, bien sûr. « Le coach voulait nous faire jouer, je crois, même si on arrivait vers 17h. Mais on est arrivés vraiment trop tard, juste pour le coup d’envoi », continue « JJ ».

Anthony Provenzale en pointe!

Alors, les deux hommes (qui mesurent 3,97m à eux deux) ont pris place sur le banc pour le début du match. « Et je crois que ça les a pas mal perturbés! Leur coach était venu nous voir contre Farvagny et, bon, je pense qu’il nous avait remarqué, Greg et moi. Je ne sais pas s’il avait prévu quelque chose pour nous contrer, mais toujours est-il qu’il a dû être surpris en voyant Anthony Provenzale, qui est tout petit, débuter en pointe », se marre le buteur de Genolier-Begnins. Tout le boulot d’observation de Portalban est donc tombé à l’eau. Tant mieux pour les Canaris, bien sûr, qui ont donc bien camouflé leurs armes et prouvé que GB, c’était avant tout un groupe.

Passe de Greg, but de Julien, forcément

Les visiteurs ont donc tenu le 0-0 jusqu’à la pause, face à une équipe qui alignait rien de moins qu’un trio offensif composé de Cyril Letellier, Mobulu M’Futi et Jacques Doua, soit trois anciens professionnels du football. « Kevin Bally, notre gardien, a sauvé deux face à face, notamment contre M’Futi », explique Julien Jemmely. Alors, les deux frères, qui ont eu tout loisir d’observer la manière dont Portalban jouait, ont fait leur apparition dans ce choc au sommet. Greg est entré à la 46e, Julien à la 55e. Et c’est à la 56e que le second a marqué le seul but du match, sur une belle action préparatoire du premier! Comme quoi, cacher ses atouts peut être productif, y compris dans un match pour la première place.

Colombier dimanche prochain

Car c’est bien de cela dont il s’agit: Genolier-Begnins, en s’imposant en terres fribourgeoises, a doublé le club des Grèves et pris le maillot jaune de leader pour la première fois de son histoire! « Pour un petit club comme nous, où tout le monde paie ses cotisations, c’est une performance incroyable. On ne se prend pas pour des autres, car on sait bien que ce groupe est très serré et que les événements ont tourné parfois en notre faveur, mais on est fiers de ce qu’on fait. Vous vous rendez compte? Il reste un match avant la trêve et on est premiers! Si on bat Colombier dimanche prochain à la maison, on passera tout l’hiver en première place de 2e ligue inter », explique le grand avant-centre de Genolier-Begnins.

Une politique patiente et raisonnée

L’objectif du club, pourtant, n’a pas changé, toujours Julien Jemmely: « On n’est pas fous. On vise les cinq ou six premières places, mais on ne s’interdit rien. Comme je vous l’ai dit, on sait qu’on est un petit club à ce niveau, mais on essaie de faire les choses comme on pense qu’elles doivent être faites. On garde le même groupe depuis des années, et on essaie de le renforcer petit à petit, avec un ou deux joueurs par année. On est conscients aussi qu’on a une génération qui ne reviendra peut-être pas de sitôt ».

En avril ou en mai, ils demanderont congé au patron, quand même

En continuant à s’entraîner deux fois par semaine, et en ayant de tels résultats, Genolier-Begnins prouve en tout cas qu’en travaillant bien, qu’en étant respectueux et en ne payant absolument rien pour ses joueurs, il est possible d’avoir des résultats. Même en étant néo-promus. Et en faisant passer le travail et la « vraie vie » avant le foot. « Mais je vous rassure. Si on a un match pour la promotion en avril ou en mai et que les adversaires nous convoquent le samedi à 17h, on arrivera à s’arranger avec le père. Il nous donnera congé ce jour-là. Enfin j’espère! », se marre Julien Jemmely.

Categories: 2e ligue inter

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