Bavois est désormais contraint à l’exploit

Bavois est désormais contraint à l’exploit

Avant ce match aller, mercredi, la donne était claire: le FC Bavois devait accrocher un résultat positif aux Peupliers pour espérer aller créer l’exploit à Münsingen dimanche et ainsi faire tomber le favori de cette double confrontation. Ce résultat positif, Bekim Uka et ses hommes l’ont tenu jusqu’à la 80e minute et ce 1-1 qui laissait tout ouvert. À ce moment-là, on les aurait même volontiers imaginé passer l’épaule, et partir à la conquête des terres bernoises avec un but d’avance dans leurs bagages. Le scénario aurait été magnifique. Au lieu de ça, cela a été exactement l’inverse, avec ce 1-2 assassin de Patric Gasser (80e), et les Bavoisans devront désormais marquer deux fois, au moins, au retour, dimanche prochain. Si l’on assiste à un remake de la partie de ce soir, alors ceux-ci peuvent déjà tirer un trait sur l’idée de poursuivre leur saison, tant le bloc défensif bernois fut opaque et l’offensive des «Rouges et Blancs» prise de cours et en manque flagrant d’inspiration. Si, par contre, le FCB parvient à mettre de la folie dans son jeu et à dynamiter l’arrière-garde suisse allemande, alors tous les espoirs sont encore permis. Reste que Bavois ne s’est pas facilité la tâche en s’inclinant 1-2 dans son jardin…

La défaite n’est pas dramatique, mais la manière fait mal

Dramatique, cette défaite? Absolument pas, même si la tendance s’annonce réellement délicate à retourner. Marco Malgioglio et ses coéquipiers abordaient ses finales sans pression, en sachant pertinemment qu’ils étaient les outsiders et que, même si un exploit était le bienvenu, celui-ci n’était pas absolument indispensable à la survie du club.

Après le coup de sifflet final, à l’heure où les joueurs de l’emblématique Kurt Feuz allaient rejoindre la cinquantaine de fans qui s’étaient déplacés et qui avaient mis une jolie ambiance aux Peupliers tout au long de la soirée, les têtes bavoisanes n’étaient, d’ailleurs, pas au fond de leurs chaussettes et les mines, bien qu’un peu marquées, n’étaient pas désemparées pour autant. Le plus gros problème, ce qui peut réellement faire mal au FCB, c’est la physionomie de cette défaite.

Les Vaudois n’ont certes jamais semblé à des années lumières de leurs adversaires, ils ont toujours été au contact, le plus souvent en prenant le jeu à leur compte, mais ils n’ont tout simplement pas eu le droit d’approcher du but adverse. Ils ont souffert avant le thé, encaissant l’ouverture du score sur un mouvement somptueux, certes, mais ils ont, surtout, montré de caractère, revenant à 20 minutes du terme grâce à Qendrim Makshana, avec le vent dans le dos et le momentum en leur faveur. Puis il y a eu cette balle, qui avait l’air d’avoir quitté la surface de jeu à mi-temps, et qui, quelques dix secondes plus tard, se retrouvait propulsée dans les buts de Marco Grosso. 1-2, score final.

Fc Bavois vs Fc Münsingen 1-2

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Sébastien Le Neün ne méritait pas ça

Tout ceci au grand dam de la solide défense du FCB, qui n’avait plus que les yeux pour pleurer sur ce coup-là. Il faut bien dire que, sur les deux réalisations bernoises, il est vraiment difficile d’engager la responsabilité de qui que ce soit. Cela allait beaucoup trop vite, cela était simplement trop bien joué. C’est aussi ça, les matches de finales contre un adversaire de ce calibre. Sébastien Le Neün l’a bien compris, lui qui a été impeccable 90 minutes durant, ne cédant pas le moindre centimètre de gazon à ses vis-à-vis. Dans les 300 secondes qui ont suivi l’égalisation, par deux fois, un attaquant bernois s’est retrouvé seul face au goal ou en position pour s’y retrouver, et, par deux fois, le grand défenseur central produisait l’effort qu’il fallait et plaçait le pied au bon endroit. Quand on additionne les 1012 duels qu’il a gagné ce soir aux deux réussites qu’il a sauvé, ainsi qu’à la précision de ses prelances, on obtient, probablement, le meilleur bavoisan sur le terrain ce soir. Qu’en aurait-il été des chances d’une équipe menée 1-4 après le match aller?

Sébastien Le Neün: «Il ne faut pas s’y tromper, on n’a pas joué notre football»

«C’est vrai qu’il y a pas mal de frustration après ce match, commentait, d’ailleurs, l’excellent défenseur central, d’autant plus après cette seconde mi-temps. On ne passe pas loin d’un tout bon résultat. Malgré tout, il ne faut pas s’y tromper, on n’a pas joué le football qui nous anime habituellement. On n’a pas shooté une seule fois aux buts… Si on voit des joueurs repartir la tête basse aux vestiaires, c’est qu’on n’a peut-être pas fait notre maximum, qu’on aurait pu donner plus, tout simplement qu’on n’est pas suffisamment satisfaits de ce qu’on a montré. Mais après, c’est le jeu, on savait que ce serait difficile. Münsingen ne nous a rien donné et a été extrêmement solide dans sa zone défensive. C’est là que cela a pêché pour nous, dans ces 25-30 derniers mètres. Ils étaient tellement bien regroupés et on n’a vraiment pas été capables de varier nos offensives. Maintenant, il va falloir se déplacer là-bas et en marquer au moins deux à une équipe aussi solide défensivement. Ça s’annonce compliqué. Malgré tout, on y croit, on n’a rien à perdre».

Fc Bavois vs Fc Münsingen 1-2

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Le FCB n’a pas osé tenter sa chance

Même depuis sa position au sein de la charnière centrale, cela n’a pas manqué à Sébastien Le Neün, Bavois n’a pas osé prendre sa chance. Durant les 45 minutes initiales, le FCB n’a, à notre souvenir, pas même cadré une seule frappe en direction de dernier rempart adverse… Évidemment, face à une équipe aussi bien regroupée, les possibilités pour tenter sa chance, même à 25 mètres, n’ont pas été légion. Pourtant, on doit quand même avouer qu’on aurait aimé un peu plus d’audace d’une équipe qui joue les finales sans une pression démesurée sur les épaules: «C’est vrai, confirme Bekim Uka, on n’a pas été dangereux, pas du tout… Il y a ce but, bien sûr, où Hicham Bentayeb lance parfaitement Qendrim Makshana, qui trompe habilement le gardien, mais sinon… On a bien essayé de changer un peu les plans à mi-temps, d’apporter de la variation, et d’envoyer quelques longs ballons devant, notamment, mais cela n’a rien changé. D’un autre côté, on a aussi été bons défensivement, pourtant, on encaisse deux goals. C’est là qu’on voit comme cela peut aller vite face à de telles équipes. Ils ont été tellement forts dans leur partie de terrain qu’on s’est cassé la tête. Maintenant, je me réjouis de voir ce qu’ils sont capables de faire chez eux, s’ils arriveront à afficher à nouveau un tel niveau de jeu».

Avec un brin de réussite, qui sait…

Pour être honnête, on ne l’espère vraiment pas, car cela signifierait probablement le début des vacances pour les joueurs nord-vaudois. En tout cas, ni Bekim Uka ni Sébastien Le Neün n’ont renoncé. Les deux hommes partagent la même philosophie, celle de jouer, sans pression, quoi qu’il arrive et peu importent les statistiques. Ils savent que le déplacement de ce dimanche en terres bernoises s’annonce plus qu’ardu. Le technicien bavoisan nous confiait il y a quelques jours que, pour gagner un match de finale, il fallait trois choses:  de la détermination, une condition physique irréprochable et un brin de réussite. Si le FCB est difficilement attaquable sur les deux premiers points, son salut lui viendra peut-être du dernier… A eux de jouer!

Marco Grosso est tombé sur plus bruyant que lui

Allez, une anecdote pour finir, histoire de garder le moral? Kurt Feuz est l’entraîneur du FC Münsingen depuis plus de 30 ans. Voilà donc trois décennies qu’il hurle sur ses joueurs, les arbitres et à peu près tout ce qui passe devant son banc. Adorable en dehors du terrain, il change complètement de personnalité une fois qu’il met les pieds sur le rectangle vert, un peu comme Marco Grosso par exemple. Alors, comme d’habitude, le coach des Bernois a gueulé comme trois putois pendant la première période, rendant fou la tribune du FC Bavois, qui en a pourtant entendu d’autres. Et, alors qu’il reprenait son souffle peu avant la mi-temps, se taisant enfin, Marco Grosso en a profité pour se faire entendre et remotiver ses coéquipiers avec une gueulante dont il a le secret. Kurt Feuz s’est alors retourné vers la tribune et a dit en français: « Il est nerveux, hein? », en désignant le gardien bavoisan. Autant de mauvaise foi assumée, voilà qui avait de quoi faire sourire tout le monde aux Peupliers…

Fc Bavois vs Fc Münsingen 1-2

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Un compte-rendu de Florian Vaney

Les prochains rendez-vous

Match retour dimanche à Münsingen, un peu plus loin que Berne, à 14h30.

FC Bavois – FC Münsingen 1-2 (0-1)

Buts: 28e Erzinger 0-1; 67e Makshana 1-1; 80e Gasser 1-2

Arbitres: M. Andrin Borra, assisté de M. Pacal Hirzel et de M. Dimitri Schmitter.

Bavois: Grosso; Kurtic (69e Monteiro), Le Neün, Bentayeb, Zeneli; Bovay, Demiri (79e Renatus), Malgioglio (75e Pitronaci); Martins, Makshana, Ouattara.

Entraîneur: Bekim Uka

Münsingen: Karrer; Rothen, Schenkel, Frey (59e Plüss), Erzinger; Funaro, Aegerter, Brändle (81e Lavorato), Selmani (90e Suter); Christen, Gasser.

Entraîneur: Kurt Feuz

Stade des Peupliers, 550 spectateurs.

Fc Bavois vs Fc Münsingen 1-2

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