Andelko Savic, itinéraire d’un enfant doué mais ballotté

Andelko Savic, itinéraire d’un enfant doué mais ballotté

Il a quitté de près le cocon familial, il avait 13-14 ans, pour vivre sa passion, le foot. Aujourd’hui, Andelko Savic en a une dizaine de plus -il est né le 11 mars 1993 -. Son parcours est déjà riche, en rencontres et en expériences, surtout. Avec les M17 de la Suisse n’a-t-il pas participé aux Championnats d’Europe, où des personnes l’ont repéré? Auparavant il était parti à Payerne au Centre de formation de l’ASF pour les espoirs romands, qui a hélas fermé ses portes en juin 2016.

Ses premières classes, Andelko Savic les a faites au LS, puis à Bâle, durant 3 ans. Il avait été repéré par des recruteurs, qui l’avaient ensuite contacté. Intéressé, il y est allé, sachant qu’il ne serait pas facile de s’imposer. « J’ai joué avec les M16, les M18 , et les M21. » Après? La situation s’est compliquée. « Dans l’équipe première jouaient Frei et Streller, je n’avais aucune chance.« 

Puis, avec l’aide d’ un agent, il partit en Italie, à la Sampdoria de Gênes (2012-2013). « Durant la première année j’ai évolué avec la « Primavera », la 2e équipe, composée de jeunes. Je jouais bien, j’ai marqué des buts, du coup, on m’a convoqué pour participer à un camp d’entraînement avec la 1ère équipe. L’entraîneur était Ciro Ferrara, star du calcio. Il m’a dit:  » Je te propose de rester, je trouve que tu es un joueur intéressant. » Avec la Sampdoria, en Série A, Andelko Savic joua un match. « Contre Sienne, j’avais 19 ans. » Puis une concurrence s’est installée. « J’ai côtoyé des joueurs de classe mondiale. Moi, le petit Suisse, je n’avais pas ou plus ma place. Un retour en Suisse aurait été trop prématuré.« 

Avec Sheffield Wednesday

Alors, prêté par la Sampdoria, Andelko Savic s’envola pour l’Angleterre, se retrouva à Sheffield Wednesday, en 2e division. « Quand je suis arrivé, poursuit-il, l’équipe était avant-dernière. Les dirigeants sont allés chercher deux attaquants expérimentés de la Premier League. Le club s’est sauvé et l’entraîneur qui m’avait pris, fait confiance, s’est fait virer. Un nouveau est arrivé et j’ai tout de suite compris que pour moi, tout serrait plus dur. Là aussi, j’ai senti que j’étais un petit Suisse en Angleterre, un jeune sans expérience dans un club vivant une situation difficile et dans lequel il serait très difficile de s’imposer.« 

Conséquence: Andelko Savic, toujours prêté par le club italien, posa ses bagages dans un lieu et un club connus: le LS (2014-2015). Les entraîneurs : d’abord Gabriele, puis Fabio Celestini.  » Dans l’équipe, il y avait un grand Cristian Ianu (joueur roumain) qui a été titularisé. Il a marqué presque à tous les matches. Que du bonheur pour lui, de la malchance pour moi. » Néanmoins, Andelko Savic joua un certain nombre de rencontres, il marqua aussi quelques buts et adressa des passes décisives (à Ianu, entre autres). Il est un joueur complet.

En 2015, il cassa son contrat avec la Sampdoria et il se retrouva à la Maladière, chez NE Xamax. L’entraîneur était Roberto Catillaz. « J’ai inscrit 5 buts en 13 matches, j’étais le meilleur buteur de l’équipe. J’avais retrouvé la joie de jouer. » Et puis, le coup d’arrêt. « Je me suis fracturé la clavicule avec une luxation de l’épaule droite, la totale. J’ai dû me faire opérer. Dans la vie, tant que tu n’es pas blessé, tout est possible. » De nature positive et réfléchie, il ajoute: « Mon club de cœur, c’est le LS, mais celui où je me suis le mieux senti, c’est NE Xamax, le club du président Christian Bingelli. »

Après NE Xamax. le FC Le Mont

Blessé, Andelko Savic, absent des terrain durant  6 mois, a vu filer ses espoirs avec Neuchâtel. « Michel Decastel, qui avait succédé à Roberto Catillaz, m’a dit: « Tu es un bon joueur, mais je garde Dante Senger (attaquant argentin) et j’ai également Gaëtan Karlen. »

Conséquence: en été 2016, il partit au FC Le Mont. « Je tiens à remercier le président Duperret et Claude Gross, qui m’ont fait confiance. Dommage, oui dommage que ce club quitte le monde professionnel (en promotion league). J’aimerais tirer un grand coup de chapeau au président, qui a tout fait, tout donner pour qu’il vive. »

Moralement, après sa blessure et même pendant, Andelko Savic a vécu des moments difficiles. Sa vie a également  été touchée, sa passion griffée.  » Tu as beau faire tout juste, mais en une minute, tout peut basculer. On est vite en haut mais aussi très vite en bas. » Ou oublié.

Le FC Le Mont n’en a pas encore terminé avec le championnat. A l’image de tous ses camarades, Andelko Savic est en fin de contrat. Pour la petite histoire, il a fini meilleur buteur de la Coupe Suisse avec sept réalisations contre six pour un certain… Moussa Konaté. Son espoir ? C’est de poursuivre sa carrière en Ligue nationale et il en a grandement les moyens. L’idéal ? Évoluer dans un club qui a un beau projet et qui lui fasse confiance.

Ça doit se trouver, non?

Propos recueillis par Jacques Wullschleger

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