Il a porté « Lacroix » et maintenant vise les sommets

Il a porté « Lacroix » et maintenant vise les sommets

Rencontré dans un haut lieu de l’after work lausannois, Léo Lacroix s’est livré à Footvaud en compagnie de sa fille de 4 mois et un thé froid citron. Un sourire franc, un regard charmeur, sûr de lui, des réponses honnêtes, une casquette vissée sur la tête (car il n’était pas coiffé), le footballeur revient sur sa relation avec le canton de Vaud, sur la Ligue 1, mais également sur sa jeunesse et son caractère. Les rumeurs de départ en Angleterre (des discussions auraient eu lieu avec Southampton) sont arrivées après la réalisation de l’interview.

Léo, quel est ton rapport avec le Canton de Vaud ?

Je suis né et j’ai grandi à Aigle. Les Diablerets ont aussi fait partie de ma jeunesse, car mon père y habite. Ensuite j’ai déménagé à Lausanne avec ma mère. Au niveau du football, j’ai fait mes gammes juniors à l’ES Malley et au FC Lausanne-Sport (Ndlr : Team Vaud n’existait pas encore). Après ces premières expériences, j’ai voulu partir à l’étranger ; le choix de la destination s’est porté sur Florence.

Pourquoi cette étape florentine ?

Ma sœur et l’art ne font qu’un. Du coup, nous avons décidé de partir là-bas, car, c’est une ville parfaite pour perfectionner son côté artistique. Ça a été une super expérience pour moi, car j’ai joué dans des clubs de quartier, mais surtout j’ai pu entamer une école hôtelière. Cette dernière m’a fait découvrir que j’aime ce domaine du service et de la restauration. Je n’ai malheureusement pas pu la finir.

Car, tu reviens en Suisse en 2009 pour t’engager avec le FC Sion ?

Pas tout à fait. Je suis d’abord parti six mois au Brésil. Ce pays coule dans mes veines. J’avais besoin de connaître cette partie de moi. Finalement ma mère m’a convaincu que je devais revenir. C’était difficile, car j’étais vraiment bien là-bas.  Elle m’a dit que je devais terminer ce que j’avais entamé en 2006. J’avais, en effet, fait une journée de test au FC Sion, mais je n’avais pas voulu retourner à la deuxième, car j’étais déçu par mes performances. Mais cette fois cela s’est très bien passé.

Effectivement, tu passes par toutes les gammes juniors pour finalement jouer en Super League.

C’est exactement ça. J’ai grimpé les échelons petit à petit jusqu’à ce que Didier (ndlr. Tholot) me fasse confiance et me lance en première équipe.

Et grâce à tes bonnes performances, c’est ton transfert à l’AS Saint-Etienne (ASSE), club mythique du championnat français.

Oui. L’ASSE c’est toute une histoire. Il y a un musée au stade ! Le public est vraiment présent et bruyant lors des matches. Et lorsque les fans t’interpellent dans la rue, ils restent très sympathiques. Je suis extrêmement content d’être chez les « Verts ». L’année passée, j’ai joué environ une vingtaine de matches. Pour la saison qui vient, j’espère encore avoir plus de temps de jeu.

Le niveau en ligue 1 est bien supérieur en comparaison à la Super League est bien supérieur, te sens-tu dorénavant plus fort ?

Tu es obligé de progresser au vu de ce qui t’arrive en face (rires). J’ai amélioré ma relance et je sais prendre des risques calculés. Je suis toujours serein dans mes décisions qu’elles soient offensives ou défensives. Par contre, il faut que j’améliore mon apport offensif, surtout de la tête. Je ne touche pas beaucoup de ballons lors des coups francs ou des corners face au but adverse. Mon entraineur me le reproche, mais je travaille beaucoup afin de progresser.

L’étalage de tes qualités dans le championnat français t’a permis de décrocher tes premières convocations en équipe nationale. Comment le ressens-tu ?

Je suis fier de ce que j’ai accompli. Mais je n’ai toujours pas joué en match officiel (Ndlr : une plaque posée sur sa cheville lui causait trop de désagréments.  Elle a dû être enlevée début juin. Cet incident l’a fait manquer les matches contre la Biélorussie et les Îles Féroé). Mais je sais que Vladimir (Ndlr : Petkovic) me fait confiance. Il m’a convoqué plusieurs fois et le staff fait du bon travail pour te sentir à l’aise. Et avec la coupe du monde qui vient, j’espère vraiment continuer ma progression pour aider la Suisse en Russie.

Tes objectifs semblent clairs avec l’équipe nationale, et avec l’ASSE ?

Personnellement, plus j’ai de temps de jeu, mieux je me sens. Donc j’aimerais être beaucoup plus sur le terrain pour aider l’équipe la saison prochaine. Au niveau collectif, notre dernière saison n’a pas été extraordinaire (Ndlr : 6e et pas de qualification pour la Coupe d’Europe). Après notre double confrontation en Europa League contre Manchester United, nous avons eu une grosse baisse de régime. Ces deux rencontres, nous ont coûté beaucoup de force. Cependant cette année, nous n’aurons pas de compétitions européennes, ce qui nous permettra de se concentrer sur le championnat, mais également au niveau des coupes nationales.

En parlant de la ligue 1, quels joueurs t’ont le plus posé de problèmes ? Et en Super League ?

Tu sais, ce n’est pas difficile de les énumérer. Il y a Cavani, c’est un véritable poison. Gomis est également très fort et très malin. Et contre Monaco, c’est très dur, il y a Falcao et son sens du but. Maintenant, avec Mbappé et sa vitesse c’est vraiment compliqué de jouer contre le « Rocher ». En Suisse, je citerais Streller. Son expérience et sa malice m’ont vraiment fait courir (rires). Il y a également Hoarau et Schneuwly de Lucerne. On parle moins de ce dernier, mais il est très fort.

Que penses-tu du monde du football ? L’apprécies-tu ?

Oui bien sûr que j’aime ce milieu. Il m’a apporté tout ce que j’ai actuellement. Je peux voyager. J’ai, par exemple, découvert l’Azerbaïdjan cette année (Ndlr : Europa League avec St-Etienne). Nous allons dans de beaux hôtels. Nous mangeons bien et gratuitement (rires). Ce n’est que du positif.

Et si on parlait plus de toi que de tes exploits footballistiques. Quelle est la question qui ne t’a jamais été posée durant une interview ?

(Un blanc et puis des rires). Franchement je ne sais pas quoi te répondre (rires). C’est compliqué de réfléchir comme ça. Peut-être le fait que l’on ne me demande jamais qui je suis vraiment.

Alors, qui es-tu ?

Je suis une personne qui adore rigoler. J’adore faire des blagues à mes amis. On ne dirait pas comme ça, mais je suis quelqu’un d’hyperactif. Je peux être un fou quand je veux (rires).

Pourtant avec ta paternité, tu dois avoir changé (Léo vient d’être papa d’une magnifique Isis) ?

Oui bien sûr c’est beaucoup plus de responsabilités, mais il faut toujours rester la personne que l’on est garde la foi en Dieu, aider son prochain et être empathique.

As-tu des regrets dans ta vie ?

Oui un grand. J’ai perdu ma maman en 2013. Avec elle, j’ai connu des situations compliquées. Maintenant, je vis décemment. J’ai réussi dans le football. Et je lui dois à elle. Même si je n’étais pas d’accord avec ce qu’elle me disait, je savais qu’elle avait raison (rires). Cependant, elle est toujours avec moi.

Et finalement, qui soutiens-tu dans le football vaudois ?

Il y a bien sûr Lausanne-Sport. J’y ai fait mes juniors. Mais j’aime aussi aller voir l’ES Malley car j’ai encore des potes qui jouent là-bas.

Merci. Belle saison à toi et on se revoit à la même date l’année prochaine avant ton départ pour la Russie !

Témoignage recueilli par Jeremy Damon

 

Categories: Football d'élite

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