«Mercredi, je vais travailler et pour moi, ça changera du tout au tout»

«Mercredi, je vais travailler et pour moi, ça changera du tout au tout»

« Je vais commencer un travail, dans les bureaux de Paul Vaucher SA (automation et domotique des bâtiments, traitement des eaux, comptage d’énergie), explique sobrement Arnaud Bühler. Le patron est M. Jean-Michel Viquerat, président du FC Bavois. Une page se tourne pour moi et je m’attends à pendre une « claque » car je commence tout à zéro. C’est un changement radical, mais je me sens prêt. Ma priorité, désormais, c’est le boulot plus que le foot. » L’entreprise, basée à Crissier, qui « marche » bien cherchait du monde pour compléter ses départements. « Si c’est un footballeur, c’est encore mieux », a-t-on articulé chez Paul Vaucher SA, qui en emploient quelques-uns, tous joueurs au FC Bavois.

Vous parlez de travail, mais vous avez été un joueur pro dans les clubs que vous avez servi? (Sion, durant 8 ans, le LS, Aarau, Wil, le FC Sochaux (L1), Szombathelis Haladas, D1 hongroise)

Oui, mais être footballeur pro, c’est un métier moins astreignant que celui de M. et Mme tout le monde. J’ai toujours dit : je pars, je vais m’entraîner. Je n’ai jamais dit : je vais bosser. J’ai toujours eu du plaisir à me rendre à l’entraînement. J’arrêterai le jour où il ne sera plus là. Avec Bavois, il faudra que j’assimile le travail et le foot. Pour moi, ça change du tout au tout. La main que m’a tendue le FC Bavois, je ne pouvais pas la refuser.

Vous parlez d’assimilation…

…J’ai beau être un ancien pro, il faut savoir sortir de sa propre zone de confort. J’ai fait ce pas important, qui est gratifiant. On se met un peu en danger, je trouve ça bon pour l’épanouissement. Relever ce genre de défi, l’est aussi.

Avec les M17, vous avez été champion d’Europe en 2002 au Danemark. Là, on vous a remarqué en tant que latéral droit prompt à se projeter vers l’avant. Et vous êtes parti à Liverpool.

J’y suis resté une semaine. Je me suis entraîné avec le groupe pro et la 2e équipe. L’entraîneur était Gérard Houllier. Le problème : c’est que je n’avais pas encore fini ici mon cursus scolaire. On m’a dit à Liverpool : « On garde un regard sur toi. » Ils étaient prêts à me reprendre à tout moment. Mais Houllier, plus tard, a été limogé.  Benitez est arrivé et le deal est tombé. Mon expérience à Liverpool est anecdotique. Je suis parti à Aarau (Super League). Mon souhait, c’était de jouer. Et j’ai pu jouer. Pour en revenir avec les M17, on va tous se retrouver (staff y compris) à Zurich, au mois de septembre, sur l’initiative de la télévision Suisse-alémanique (SRF).

Et en Hongrie?

J’ai évolué là-bas durant les 3 derniers mois de la saison 2014-2015. Le club était dans la difficulté. Quand je suis arrivé, j’ai tout de suite voulu repartir à cause de ses infrastructures, barrière de la langue, etc. Quelle différence avec ici. Mais je me suis dit que j’avais une mission à accomplir. Au fil du temps, je me suis adapté, attaché à sa vie, à la vie de cet endroit sis à une heure de Vienne et à trois de Budapest. C’était tellement prenant que ça m’a fait bizarre de partir.

Vous avez connu des moments forts avec le FC Sion, il y en a eu aussi avec le LS, lors de la saison 2015-2016.

Oui, on a connu l’ascension en Super League, au niveau humain, ça a été quelque chose d’extraordinaire. Ça restera en moi, il y avait presque que des gens du coin. Après, Fabio Celestini m’a dit qu’il ne comptait pas sur moi, en 1ère division. J’ai accepté la décision du club, sans en accepter les raisons.

Votre carrière est longue, avec des titres, elle est riche en expériences mais on a le sentiment qu’elle s’est déroulée dans la discrétion. On se trompe ?

C’est moi, c’est tout moi, je suis quelqu’un de discret, je n’aime pas me mettre en avant. Mon seul terrain d’expression, c’est le rectangle vert. Je n’aime pas dire : j’ai fait ci, j’ai fait ça. J’attends des questions. J’ai horreur des gens qui disent : moi je, moi je.

Quel est l’objectif du FC Bavois?

C’est le maintien, avec un rôle de trublion. Le groupe est extra, solidaire, on va et j’en suis certain, en déranger plus d’un.

Vous habitez dans la région genevoise. Compte tenu de votre nouvelle situation, vous allez être contraint de déménager, non ?

Oui, et je cherche un appartement. L’idéal serait d’en trouver un dans la région lausannoise. Ou alors sur la Côte.

Propos recueillis par Jacques Wullschleger

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